Qwarry ouvre un bureau au Royaume-Uni et renforce son expansion européenne

L'actualité en bref
Qwarry ouvre un bureau à Londres, nomme Khalil Morsli VP Sales Europe et accélère sa stratégie de ciblage publicitaire omnicanal en Europe.
Qwarry ouvre un bureau à Londres afin d’accélérer son développement européen et de renforcer son positionnement dans le ciblage publicitaire contextuel et sémantique omnicanal. Cette implantation au Royaume-Uni est pilotée par Khalil Morsli, nommé VP Sales Europe, avec l’objectif d’accompagner 50 annonceurs et agences sur le marché britannique et de soutenir une croissance annuelle visée de 40 %.
Cette annonce est importante car elle intervient dans un moment charnière pour l’AdTech européenne, confrontée à la disparition progressive des identifiants publicitaires, au durcissement réglementaire et à la fragmentation des usages médias. Le Royaume-Uni reste l’un des marchés publicitaires les plus puissants d’Europe, avec une dépense digitale qui représente une part majeure des investissements médias et un écosystème très concentré autour de Londres. Pour les annonceurs, les agences et les éditeurs, l’enjeu n’est plus seulement d’acheter de l’audience, mais de le faire sans dépendre excessivement des données personnelles. L’arrivée renforcée d’un acteur comme Qwarry illustre la montée en puissance de solutions capables d’activer des campagnes sur l’open web, la CTV, YouTube et l’in-app à partir du contexte de diffusion plutôt que du profil individuel. Pour les entrepreneurs de la publicité, des médias et du logiciel B2B, cette expansion montre aussi que le marché européen reste ouvert aux technologies différenciantes, à condition de combiner conformité, performance et capacité d’exécution internationale.
Qwarry choisit Londres pour accélérer son expansion européenne
Fondée en 2018 par Geoffrey Berthon et Julie Walther, Qwarry s’est développée sur un positionnement précis : permettre aux marques, agences et éditeurs de mener des campagnes publicitaires performantes sans exploiter les données personnelles des internautes. Son approche repose sur l’analyse du contenu consulté, de son sens, de son environnement éditorial et du moment de consommation média, plutôt que sur l’identification d’un individu à travers des cookies tiers, des identifiants mobiles ou des profils comportementaux.
L’ouverture d’un bureau au Royaume-Uni marque une étape stratégique pour l’entreprise française. Londres n’est pas seulement une place forte commerciale : c’est l’un des principaux hubs mondiaux de la publicité, de la data, du programmatique et des agences médias internationales. Le marché britannique concentre une part très importante des dépenses publicitaires numériques européennes, avec des investissements digitaux annuels estimés à plusieurs dizaines de milliards de livres. Il constitue donc un terrain prioritaire pour toute société AdTech qui souhaite devenir un acteur européen de référence.
Qwarry n’arrive pas sur ce marché sans historique. L’entreprise indique avoir déjà mené une vingtaine d’opérations locales au cours des deux dernières années avec des annonceurs tels qu’Orange, Patek, Unibet ou Sephora, ainsi qu’avec de grands groupes médias et agences comme GroupM et Omnicom Media Group. La création d’une structure londonienne vise désormais à transformer ces premières collaborations en présence durable, capable de répondre aux besoins des équipes locales et des hubs européens qui pilotent des campagnes multi-pays.
Un marché britannique stratégique pour l’AdTech et les annonceurs
Le Royaume-Uni présente plusieurs caractéristiques qui en font un marché clé pour Qwarry. Les annonceurs y sont fortement digitalisés, les agences y disposent de centres de décision régionaux et les éditeurs sont confrontés à la même équation que dans le reste de l’Europe : maintenir leurs revenus publicitaires tout en respectant les attentes des utilisateurs et les contraintes réglementaires.
La publicité numérique britannique est aussi très avancée sur les formats en forte croissance, notamment la Connected TV, la vidéo en ligne, l’audio digital, le retail media et l’in-app. Cette sophistication crée une demande pour des solutions capables de piloter des campagnes cohérentes sur plusieurs environnements, sans multiplier les outils ni fragmenter la mesure de performance.
Pour les marques, l’enjeu est concret. Une campagne ne se limite plus à une bannière sur un site web ou à une vidéo diffusée sur une plateforme. Elle peut combiner des impressions sur un média d’information, un format vidéo sur YouTube, une exposition sur télévision connectée, une présence dans une application mobile et des activations programmatiques sur l’open web. Dans ce contexte, la capacité à orchestrer le ciblage, l’activation, le pilotage et l’analyse sur différents canaux devient un avantage compétitif.
Le ciblage contextuel et sémantique, une alternative à la publicité fondée sur la donnée personnelle
Le ciblage contextuel n’est pas nouveau, mais il a profondément évolué. Historiquement, il consistait surtout à diffuser une publicité en fonction de mots-clés ou de catégories éditoriales simples. Les technologies actuelles vont beaucoup plus loin grâce au traitement automatique du langage, à l’intelligence artificielle, à l’analyse sémantique, à la reconnaissance des thématiques et à la compréhension du sentiment ou de l’intention portée par un contenu.
Concrètement, une plateforme de ciblage sémantique peut analyser une page, une vidéo, un flux d’articles ou un environnement applicatif pour comprendre de quoi il est réellement question. Elle peut distinguer un article sur une voiture électrique d’un contenu sur un accident automobile, même si certains mots sont communs. Cette nuance est essentielle pour la brand safety, la pertinence du message et la qualité de l’expérience publicitaire.
Dans un univers sans dépendance excessive aux cookies tiers, cette approche présente plusieurs avantages. Elle réduit les risques liés à la collecte de données personnelles, s’inscrit plus naturellement dans les exigences du RGPD et du UK GDPR, et permet de toucher les utilisateurs dans un moment d’attention lié au contenu qu’ils consultent. Pour un annonceur, cela peut signifier promouvoir une offre de voyage dans un environnement éditorial consacré aux destinations européennes, une solution B2B dans un article sur la transformation numérique, ou une marque automobile autour de contenus traitant de mobilité durable.
Une réponse à la fragmentation de l’attention et des canaux médias
La croissance de la CTV, de YouTube, de l’in-app et des environnements premium a modifié la façon dont les marques construisent leurs plans médias. L’audience n’est plus concentrée sur quelques supports. Elle se disperse entre plateformes vidéo, médias d’information, applications, services de streaming et contenus sociaux. Cette dispersion rend les campagnes plus complexes à piloter et complique la mesure de la contribution réelle de chaque canal.
Qwarry entend répondre à cette complexité avec une solution cross-plateforme centrée sur le contexte de diffusion. L’objectif est d’aider les annonceurs à optimiser leur mix média sans dépendre d’un seul environnement fermé ni d’une logique d’identification individuelle. Cette promesse est particulièrement importante pour les marques qui veulent maintenir leur portée sur l’open web tout en activant des formats à forte croissance comme la télévision connectée et la vidéo.
Pour les agences médias, l’intérêt réside aussi dans la standardisation. Une technologie capable d’être déployée sur plusieurs pays, avec une logique de ciblage homogène et des indicateurs comparables, facilite la gestion des campagnes européennes. C’est précisément l’un des axes de développement annoncés par Qwarry : accompagner les marques internationales dans leurs activations multi-marchés, en s’appuyant sur ses relations avec les acteurs de l’écosystème publicitaire européen.
Une organisation commerciale renforcée pour l’Europe
La stratégie européenne de Qwarry sera pilotée par Khalil Morsli, nommé VP Sales Europe. Fort de plus de onze ans d’expérience dans la publicité digitale, il a occupé des fonctions de management chez Adikteev et Emoteev avant de rejoindre Qwarry en 2020. Sa mission couvre la définition de la stratégie européenne, la structuration de l’offre commerciale et le développement des partenariats avec les agences, annonceurs et acteurs médias.
Le bureau londonien doit également se renforcer sur le plan opérationnel. Sara Haniz rejoint l’équipe comme Sales Director UK, avec la responsabilité de développer à la fois le marché domestique britannique et les hubs européens installés à Londres. Qwarry prévoit aussi plusieurs recrutements internationaux afin de consolider cette présence locale et de soutenir sa croissance commerciale.
Cette organisation traduit une évolution classique des sociétés AdTech en phase d’expansion. Après avoir validé leur technologie et leur modèle sur leur marché d’origine, elles doivent construire une capacité commerciale internationale, adapter leur discours aux spécificités locales et développer des partenariats avec les trading desks, agences, plateformes technologiques et éditeurs.
Des objectifs ambitieux et une dynamique déjà installée
Qwarry revendique une progression notable de son activité. L’entreprise indique avoir enregistré une croissance globale de 45 % de son chiffre d’affaires en 2025, une hausse de 22 % des budgets médias gérés en CTV et sur YouTube, ainsi qu’une augmentation de 41 % du nombre de campagnes lancées par rapport à 2024. Elle affirme également avoir gagné plus de 120 clients annonceurs et agences sur l’année écoulée.
L’ouverture britannique doit prolonger cette dynamique. L’entreprise vise 50 nouveaux budgets sur ce marché, une croissance annuelle de 40 % et le recrutement de cinq collaborateurs internationaux. Des déploiements supplémentaires dans la zone EMEA sont également à l’étude, avec de premières ouvertures envisagées à moyen terme.
Pour Qwarry, l’enjeu dépasse donc la simple présence commerciale au Royaume-Uni. Il s’agit de prouver qu’une technologie européenne fondée sur le privacy-first advertising peut s’imposer dans un marché très concurrentiel, face à des plateformes globales, des solutions programmatiques établies et des acteurs spécialisés du ciblage contextuel.
Ce que cette expansion révèle de l’avenir de la publicité digitale
L’implantation de Qwarry à Londres reflète une tendance de fond : la publicité digitale entre dans une phase où la performance devra être obtenue avec moins de données individuelles, davantage de transparence et une meilleure maîtrise des environnements de diffusion. Les marques ne peuvent plus seulement raisonner en volume d’impressions ou en coût d’acquisition immédiat. Elles doivent intégrer la qualité du contexte, la sécurité de marque, l’attention réelle, la conformité et la cohérence entre canaux.
Pour les entrepreneurs et professionnels de l’innovation, le cas Qwarry illustre plusieurs leviers de croissance dans l’AdTech européenne : la spécialisation technologique, la conformité réglementaire comme avantage commercial, l’omnicanalité comme réponse à la fragmentation média et l’expansion internationale par les hubs d’agences. Dans un marché dominé par quelques grandes plateformes, les acteurs indépendants peuvent encore créer de la valeur s’ils résolvent un problème clair : aider les annonceurs à toucher les bonnes audiences, au bon moment, dans le bon contexte, sans fragiliser la confiance des utilisateurs.
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