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Medaviz utilise la visio pour désengorger les urgences

#news Dernière mise à jour : 21/06/2022
  • Fondateurs : Stéphanie Hervier et Guillaume Lesdos

La startup Medaviz désengorge les urgences du GHICL grâce à la téléconsultation

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Medaviz, éditeur de solutions de télémédecine pour les acteurs de la santé, désengorge le service d’urgences du Groupement des hôpitaux de l’institut catholique de Lille (GHICL) grâce à son outil de téléconsultation. En mars 2020, le GHICL avait adopté la solution Medaviz pour fluidifier les parcours de soins et désengorger les services d’urgences. Suite à une phase de test et de résultats concluants, l’hôpital a décidé de pérenniser le dispositif.

“Ce projet est issu d’un mouvement social survenu en 2019 concernant des conditions de travail extrêmement difficiles. En l’an 2000, 50 000 places d’hospitalisation étaient disponibles en France pour 12 millions de passages annuels par les urgences. En 2017, 21 millions de passages étaient recensés, avec 10 000 places en moins. Il était impossible pour les services d’urgences de gérer ces flux de patients, ce qui donnait lieu à l’engorgement des urgences. Avec la mise en place de la solution Medaviz, notre objectif était de proposer la téléconsultation à 5 patients par jour, pour libérer autant de lits quotidiennement dans notre service. Nous avons atteint ces chiffres et parfois plus.” explique le Dr Enrique Cordova, médecin urgentiste à l’hôpital Saint Vincent de Paul.

Désengorger les urgences grâce à la télémédecine…

L’engorgement des urgences a pour conséquence directe une augmentation de la mortalité de l’ordre de 9% pour les personnes valides et jusqu’à 30 % pour les personnes fragiles. L’équipe de soins de l’hôpital Saint Vincent de Paul a réfléchi aux moyens disponibles pour limiter les impacts sur la durée d’attente et les retards de prise en charge. L’objectif était de réduire les risques d’erreurs thérapeutiques, les diagnostics d’hospitalisation non indiqués, la répétition des bilans pour les patients et la violence dans les services. L’idée de la téléconsultation post-urgences est née du constat mondial selon lequel 30 % des hospitalisations effectuées aux urgences ne sont pas pertinentes. Les porteurs du projet souhaitaient laisser sortir les patients en leur proposant une téléconsultation dans les 24h pour évaluer leur état. En mars 2020, les solutions de télémédecine Medaviz sont mises en place au sein de l’hôpital Saint Vincent de Paul. Suite à une expérimentation concluante, l’établissement a décidé de maintenir le dispositif. “La télémédecine ne va pas résoudre tous les maux des services de santé en France mais elle contribue concrètement à améliorer le quotidien des professionnels de santé et des patients dans les services d’urgences comme celui de l’hôpital Saint Vincent de Paul. C’est une fierté pour nous d’avoir déployé notre solution au sein de cet établissement et de voir que les résultats sont très positifs avec un réel désengorgement,” explique Stéphanie Hervier, Directrice générale de Medaviz.

… et proposer trois parcours post-téléconsultation

Ces patients vus en téléconsultation le lendemain peuvent suivre 3 parcours différents :

– Si l’évolution est favorable, le patient reste chez lui et la prise en charge par son médecin traitant lui est indiquée ;
– Si une réévaluation médicale est nécessaire, le patient est convoqué aux urgences ou une hospitalisation directe est effectuée avec le service concerné ;
– Si le patient nécessite un examen complémentaire comme une échographie, un écho-doppler ou un scanner abdominal, l’examen lui est directement prescrit et peut être programmé au sein de l’hôpital en fonction du degré d’urgence.

“Ce dispositif inédit n’existait pas dans la littérature. C’est une nouvelle façon de voir le désengorgement aux urgences. Avant, les patients avaient moins accès aux smartphones et la téléconsultation n’était pas autorisée”, précise le Dr Cordova.

Une satisfaction partagée par les patients et les professionnels de santé

Dr Emmanuelle Chavda, médecin urgentiste à l’hôpital Saint Vincent de Paul, a réalisé pour sa thèse une étude multidisciplinaire prospective et comparative en utilisant deux périodes de quatre mois avant la mise en place du dispositif en 2019 et lorsque le dispositif était en place en 2020, en phase expérimentale.

Parmi les résultats obtenus, elle constate que :

– 91,8% des patients en téléconsultation sont très satisfaits de leur expérience et 87,3% sont prêts à reconsulter de cette façon ;
– La téléconsultation a permis d’augmenter de 160h la période “normale” du service, de diminuer de 129h la période “occupée” et de 19h la période “surchargée” ;
– Seuls 6,2 % des patients en téléconsultation ont été hospitalisés dans les 72h après leur passage aux urgences, contre une moyenne de 25 % pour les autres.

Avant la mise en place du dispositif, 86,3% des professionnels de santé de l’établissement soutenaient le développement de la télémédecine. Après la mise en place de ce dernier, la majorité a ressenti une réduction de l’encombrement et 95,9% soutiennent désormais la téléconsultation.