Illustration de la news Indemnisation instantanée : vers un nouveau standard en assurance

Indemnisation instantanée : vers un nouveau standard en assurance

#news Dernière mise à jour : 16/04/2026 à 10:54, publié le : 16/04/2026
  • Fondateurs : Marwen Amamou, Arnaud Brodzki, Juliette Dusseaux et Antoine Vanoverberghe
  • Levée de fonds : 1 700 000

Année record pour les catastrophes naturelles en France, et si l’indemnisation instantanée devenait le standard de l’assurance ?

Dans un cadre où les catastrophes naturelles impactent de plus en plus les bilans des compagnies d’assurance (avec un coût prévu de 5,2 milliards d’euros d’ici 2025), le domaine de l’assurance en France s’apprête à effectuer un tournant significatif. Cette évolution, précipitée par la multiplication des phénomènes climatiques violents observés récemment (notamment dans l’ouest et le sud-ouest de la France, particulièrement affectés en janvier et février 2026), se conjugue à l’augmentation des sinistres du quotidien, comme les dégâts liés à l’eau (+88 % en vingt ans), ainsi qu’aux nouvelles attentes des clients (la priorité étant la suppression de l’avance de frais selon un récent livre blanc de Visa publié début 2026). Une nouvelle promesse en matière d’assurance fait son apparition : celle d’une indemnisation quasi immédiate, fluide et ciblée. À l’intersection des technologies de paiement et de l’expérience utilisateur, cette évolution reconfigure déjà les normes du secteur. Aujourd’hui, Arnaud Brodzki, co-fondateur et CEO de la start-up française Eyst Technology (qui a collecté 1,7 million d’euros en octobre 2025 grâce à sa solution SaaS d’indemnisation dirigée et a établi des collaborations avec quatre grands acteurs de l’assurance, dont Generali), examine cette transformation en détail et explique comment les entreprises d’assurance peuvent répondre à l’exigence croissante d’immédiateté dans un environnement de plus en plus risqué.

L’indemnisation en assurance est-elle en voie de changement ?

Oui, absolument. Un nouveau modèle d’indemnisation émerge dans le secteur. Traditionnellement, deux modèles dominent : le remboursement après coup et les réseaux de prestataires. Ces méthodes ont façonné le marché, mais elles montrent maintenant leurs limites. Elles engendrent des coûts élevés pour les assureurs, tant en gestion opérationnelle qu’en relations clients. Surtout, elles ne respectent plus les exigences d’immédiateté que d’autres secteurs satisfont et que les assurés réclament. C’est cette rupture qui ouvre la porte à des modèles d’indemnisation plus rapides, plus fluides et mieux ciblés.

Quelles sont ses limitations ?

Le délai de remboursement occasionne des frictions dans l’expérience client. L’assuré doit avancer les frais et attendre son indemnisation, souvent sans visibilité concrète. Cela engendre une expérience propice à l’insatisfaction. Les réseaux de prestataires, quant à eux, permettent d’éviter l’avance des frais, mais leur fonctionnement reste rigide, parfois complexe à gérer et coûteux pour les assureurs.

Quelle est la transformation en cours ?

Le marché est en train d’évoluer vers des systèmes de paiement dirigé et programmable. Il s’agit d’un changement fondamental dans la manière d’indemniser. Le principe est simple : organiser le paiement en amont au lieu de rembourser après coup. Les fonds sont alloués, contrôlés et utilisés au bon moment pour le bon objectif. Cela permet d’augmenter l’efficacité, la transparence et la rapidité d’exécution.

Concrètement, quel impact l’indemnisation instantanée a-t-elle sur les assurés ?

Concrètement, cela modifie radicalement l’expérience des assurés. Ils n’ont plus besoin d’avancer les frais tout en conservant une réelle autonomie. Par exemple, en cas d’annulation de vol, une carte virtuelle peut être envoyée immédiatement sur le smartphone de l’assuré, lui permettant de réserver un hôtel, de couvrir ses repas ou ses déplacements, en totale indépendance. L’assureur encadre ce processus, garantissant ainsi un usage approprié des fonds. L’indemnisation instantanée améliore donc considérablement l’expérience client tout en renforçant la confiance entre assureurs et assurés.

Et pour les prestataires en réseau ?

Pour les prestataires, le processus devient plus fluide et rapide. À l’image de l’hôtellerie : similaire à Booking.com, une carte virtuelle est délivrée aux hôtels qui peuvent débiter le montant le jour de l’arrivée du client. En ce qui concerne l’assurance, cela signifie que les prestataires sont payés immédiatement après leur intervention. Les paiements sont sécurisés, traçables et beaucoup plus rapides que dans les circuits conventionnels. Cela améliore directement leur trésorerie et, par voie de conséquence, leur relation avec les assureurs. Pour les assureurs, ce système est également plus aisé et moins coûteux à gérer au quotidien.

Et si l’assureur recourt à un prestataire en dehors de son réseau ?

Le même principe s’applique en dehors des réseaux traditionnels. Les assureurs peuvent délivrer une carte virtuelle à un prestataire externe, utilisable dans un cadre défini. Ce dernier peut alors l’encaisser après la prestation, de manière simple et sécurisée. Cela élargit considérablement le choix des partenaires disponibles. On gagne en flexibilité pour s’adapter aux situations concrètes sur le terrain, tout en maintenant un contrôle total sur les paiements effectués.

En quoi cela diffère-t-il des modèles existants ?

Les modèles actuels reposent essentiellement sur le remboursement ou les réseaux fermés. Le paiement dirigé introduit une dimension plus agile. Il permet de mieux gérer les flux financiers. Que ce soit au sein d’un réseau ou hors réseau, le contrôle demeure intact. De plus, il devient possible d’ajuster en temps réel les parcours selon les circonstances. Les assureurs bénéficient ainsi d’une plus grande souplesse tout en préservant leur maîtrise et leur sécurité.

Quel est l’impact sur la fraude ?

Le remboursement repose encore largement sur le déclaratif, ce qui engendre des limites. Le paiement dirigé modifie la situation en introduisant un contrôle en amont. Les cartes virtuelles sont configurées par l’assureur avec des règles strictes d’utilisation, n’étant utilisables que chez des commerçants autorisés. Il devient donc impossible de détourner les fonds à d’autres fins. C’est un outil concret pour diminuer certains types de fraude.

Quels avantages pour les assureurs ?

Au-delà de l’amélioration de l’expérience client, le paiement dirigé offre aux assureurs une gestion beaucoup plus précise des flux et des coûts. Payer les prestataires, notamment ceux en réseau, de manière plus rapide simplifie le fonctionnement quotidien. Cela renforce également la collaboration avec ces partenaires, en renforçant la confiance et la transparence. Cela ouvre la voie à des modèles économiques plus équilibrés, où chaque partie y trouve son bénéfice. Le processus devient ainsi plus efficace, sécurisé et mieux maîtrisé. L’indemnisation dirigée représente un levier de transformation opérationnelle pour les assureurs.