Inqom by Visma rachète le module Inventaire & Stocks de Farméo

L'actualité en bref
Inqom by Visma acquiert le module Inventaire & Stocks de Farméo pour renforcer sa comptabilité agricole et ouvrir de nouvelles filières.
Inqom acquiert le module Inventaire & Stocks de Farméo, déjà utilisé par des cabinets, des Cerfrance et des AGC pour automatiser l’un des traitements les plus complexes de la clôture agricole : la valorisation des stocks. L’opération prévoit une continuité de service avec les équipes historiques de Farméo et la poursuite des développements avec les Cerfrance actionnaires, notamment pour couvrir de nouvelles filières agricoles.
Cette acquisition renforce la spécialisation d’Inqom sur un marché où la comptabilité ne peut pas être traitée comme une simple extension de la comptabilité générale. Pour les cabinets d’expertise comptable, l’enjeu est double : réduire le temps passé sur des calculs très techniques et sécuriser des données qui influencent directement le résultat fiscal des exploitations. Dans un contexte de pression sur les marges des cabinets, de pénurie de collaborateurs comptables et d’accélération de l’automatisation, disposer d’un outil métier éprouvé devient un avantage concurrentiel. Le secteur agricole français, qui compte environ 389 000 exploitations selon le dernier recensement agricole, reste fortement demandeur de solutions capables d’intégrer ses spécificités réglementaires, fiscales et économiques. L’opération concerne donc à la fois les marchés du logiciel comptable SaaS, de l’agritech, du conseil agricole et de la gestion fiscale des exploitations.
Inqom consolide son offre de comptabilité agricole avec l’expertise de Farméo
Un rachat ciblé sur un sujet à forte valeur métier
En reprenant le module Inventaire & Stocks de Farméo, Inqom ne met pas seulement la main sur une brique logicielle supplémentaire. L’éditeur intègre surtout un savoir-faire construit depuis plus d’une décennie au contact de cabinets spécialisés, de Cerfrance et d’Associations de gestion et de comptabilité. Dans l’univers agricole, la qualité d’un outil ne dépend pas uniquement de son interface ou de son niveau d’automatisation ; elle repose sur sa capacité à traduire correctement des règles de gestion complexes, variables selon les productions, les départements, les campagnes et les pratiques fiscales.
Farméo, éditeur français positionné depuis 2012 sur les solutions numériques agricoles, a développé ce module pour répondre à une difficulté récurrente de la clôture des comptes : transformer des réalités biologiques, techniques et économiques en données comptables fiables. C’est précisément ce capital d’expérience qu’Inqom choisit d’intégrer plutôt que de reconstruire en interne. Pour un éditeur de logiciel, développer une fonction de valorisation de stocks agricoles à partir de zéro peut sembler faisable techniquement, mais le risque principal se situe ailleurs : les cas particuliers, les règles implicites, les usages locaux et les arbitrages fiscaux accumulés au fil des campagnes.
Pourquoi les stocks agricoles sont si difficiles à valoriser
Dans une entreprise commerciale classique, un stock correspond souvent à des marchandises achetées, entreposées puis revendues. En agriculture, la notion de stock est beaucoup plus mouvante. Un animal peut changer de catégorie au cours de son cycle de vie, passer d’un jeune bovin à un animal d’engraissement, devenir reproducteur ou sortir du stock selon sa destination économique. Chaque changement peut modifier sa valeur comptable, son traitement fiscal et son classement dans les états financiers.
Les cultures posent une autre difficulté. Les avances aux cultures correspondent à des charges déjà engagées pour une récolte future : semences, engrais, travaux culturaux, carburant, prestations ou main-d’œuvre. À la clôture, ces dépenses ne peuvent pas toujours être considérées comme des charges définitives de l’exercice, car elles concernent une production qui sera récoltée et vendue plus tard. Elles doivent donc être rattachées correctement à la bonne campagne afin de ne pas fausser le résultat.
À cela s’ajoutent les référentiels de prix, les barèmes professionnels, les cours de marché, les données issues d’organismes tiers et les règles propres à certaines filières. Les productions animales, céréalières, maraîchères, viticoles ou conchylicoles ne suivent pas les mêmes logiques. La valorisation d’un troupeau laitier, d’un stock de céréales, d’un vin en élevage ou d’huîtres en croissance ne relève pas des mêmes paramètres économiques.
Un enjeu fiscal aussi important que comptable
La valorisation des stocks agricoles influence directement le résultat imposable de l’exploitation. Une variation de stock mal calculée peut augmenter artificiellement le bénéfice ou, au contraire, minorer le résultat. Pour les exploitants soumis au régime réel agricole, ces éléments alimentent la liasse fiscale, les comptes annuels, les dossiers de gestion et les analyses de performance suivies par les conseillers.
Les cabinets doivent également composer avec des dispositifs propres aux bénéfices agricoles, tels que certains mécanismes d’étalement, la gestion des revenus exceptionnels, les effets de la moyenne triennale ou encore les arbitrages liés à la déduction pour épargne de précaution. Même lorsque ces dispositifs ne relèvent pas directement du module de stock, la fiabilité des données d’inventaire reste essentielle pour produire une vision juste de la situation économique de l’exploitation.
C’est pourquoi l’automatisation ne doit pas se limiter à accélérer la saisie. Elle doit sécuriser les règles de calcul, conserver une traçabilité des hypothèses retenues et faciliter le contrôle par le collaborateur comptable. Dans un cabinet, un outil mal paramétré peut déplacer le problème au lieu de le résoudre ; un module métier bien conçu réduit au contraire le risque d’erreur au moment où les équipes sont déjà sous tension.
Un gain opérationnel pour les cabinets et les AGC
La période de clôture agricole concentre une forte charge de travail. Les collaborateurs doivent collecter les informations de l’exploitation, vérifier les surfaces, intégrer les données de cheptel, actualiser les prix, traiter les stocks, produire les états financiers et préparer les déclarations. Lorsque ces traitements sont réalisés sur tableur ou dans des outils déconnectés, les risques se multiplient : ressaisie, divergence de versions, oubli d’un barème, incohérence entre la comptabilité et la liasse fiscale.
L’intérêt du module acquis par Inqom réside dans son intégration à une chaîne comptable plus large. Les données de stock peuvent alimenter automatiquement les documents de clôture, les plaquettes, les dossiers de gestion et les déclarations fiscales. Pour les cabinets, cela signifie moins de manipulations manuelles et davantage de temps disponible pour l’analyse, le conseil et l’accompagnement économique des exploitants.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance de fond du marché comptable. Les cabinets cherchent à industrialiser les tâches répétitives tout en développant des prestations à plus forte valeur ajoutée. Dans l’agriculture, cette transition est particulièrement sensible, car les clients attendent un accompagnement qui dépasse la production des comptes : pilotage de marge, choix d’investissement, transmission, adaptation climatique, financement, conformité réglementaire et suivi des aides.
Le rôle central des Cerfrance dans la continuité du projet
Le module Inventaire & Stocks a été construit avec des acteurs qui connaissent finement la comptabilité agricole de terrain. Les Cerfrance, à la fois utilisateurs historiques et actionnaires de Farméo, ont contribué à orienter les développements vers les besoins réels des cabinets et des conseillers. Cette dimension est importante, car elle réduit le risque d’un outil conçu de manière trop théorique.
L’accord prévoit que les développements se poursuivent avec ces partenaires. Cette continuité est stratégique pour deux raisons. D’abord, elle rassure les cabinets déjà équipés, qui peuvent conserver leurs usages sans rupture brutale de service. Ensuite, elle permet à Inqom d’enrichir le module en s’appuyant sur des retours utilisateurs qualifiés, issus de dossiers agricoles variés et de contextes régionaux différents.
La prochaine étape annoncée concerne l’ouverture à des filières encore insuffisamment couvertes, notamment la viticulture, la conchyliculture et d’autres productions spécialisées. Ces secteurs présentent des contraintes particulières : cycles longs, immobilisation de production, dépendance aux conditions naturelles, stocks en cours de transformation, normes sanitaires, fluctuations de marché et règles de valorisation spécifiques.
Un mouvement cohérent avec la stratégie d’Inqom et de Visma
Fondée en 2016, Inqom s’est développée comme une plateforme d’automatisation comptable destinée aux cabinets d’expertise comptable. Son objectif est de couvrir l’ensemble de la chaîne, depuis la collecte des pièces jusqu’à la production des déclarations fiscales. Son intégration au groupe Visma depuis 2022 lui donne accès à un environnement européen de logiciels métiers, dans un marché où les solutions verticales prennent de plus en plus d’importance.
Pour Visma, qui revendique plusieurs millions de clients en Europe et en Amérique latine, la logique est claire : les logiciels de gestion ne peuvent plus se contenter d’être généralistes. Les PME, les cabinets et les organisations professionnelles attendent des outils capables d’intégrer leurs règles métier, leurs flux de données et leurs obligations spécifiques. L’agriculture illustre parfaitement cette évolution, car elle combine comptabilité, fiscalité, réglementation, données de production et dépendance à des référentiels externes.
Avec cette acquisition, Inqom affirme donc un positionnement plus vertical. L’éditeur ne cherche pas seulement à automatiser la comptabilité agricole ; il veut intégrer les règles qui rendent cette comptabilité singulière. Pour les entrepreneurs de l’innovation, l’opération rappelle une leçon importante : dans les marchés professionnels, la valeur d’un logiciel réside souvent moins dans la technologie visible que dans la connaissance métier accumulée, testée et validée par des utilisateurs exigeants.
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