Fiscalité des flottes automobiles en 2026 : l'analyse de Beev
#news Dernière mise à jour : 09/02/2026 à 22:13, publié le : 09/02/2026Fiscalité des flottes automobiles en 2026 : le point complet avec Beev
Acteur réputé dans le secteur du leasing de véhicules électriques et ayant déjà accompagné plus de 5 000 clients, la start-up française Beev dévoile aujourd’hui son analyse détaillée concernant la fiscalité des flottes automobiles à l’horizon 2026. Alors que la France a enfin adopté un budget pour 2026 mettant fin à une année 2025 riche en changements réglementaires (réforme des Avantages en nature, mise en place de la Taxe Annuelle Incitative, etc.), Beev a publié un livre blanc inédit sur la fiscalité applicable aux véhicules d’entreprise. Les spécialistes de Beev y expliquent chacune des mesures fiscales en vigueur pour les flottes automobiles en 2026, évaluent leur impact financier concret et proposent aux entreprises des stratégies pour minimiser leurs dépenses dans ce domaine crucial et complexe. Voici un aperçu des principaux enseignements ainsi qu’une évaluation de la situation par Solal Botbol, cofondateur et PDG de Beev.
1) Le malus au poids
À partir de 2026, le malus poids va se renforcer avec un seuil d’activation abaissé à 1,5 tonne, contre 1,6 tonne en 2025. Ce changement élargit la portée des véhicules impactés, notamment les SUV et les crossovers, qui représentent une part importante des flottes d’entreprise. À mentionner que, suite au nouveau budget adopté avec l’article 49.3, l’application du malus au poids pour certains véhicules électriques dépassant 2 100 kg ou ne respectant pas l’éco-score à partir du 1er juillet 2026 a été annulée. Cependant, il est possible que cette mesure soit réintroduite en 2027.
2) Le malus CO2
En 2026, le malus sur les émissions de CO₂ sera de nouveau renforcé, reflétant la volonté des autorités de favoriser l’élimination des motorisations thermiques. Le nouveau seuil est fixé à 108 g/km de CO₂, alors qu’il était de 113 g/km en 2025. Le barème devient également plus strict dans ses catégories supérieures. Le montant maximal du malus atteint désormais 80 000 € pour les véhicules les plus polluants, soit une augmentation de 10 000 € par rapport à 2025. À ces niveaux, la viabilité économique des véhicules thermiques devient de plus en plus compliquée, notamment pour les flottes d’entreprises.
3) Le certificat d’immatriculation
Depuis le 1er mai 2025, les détenteurs de véhicules zéro émission (électriques ou à hydrogène) doivent payer la taxe régionale relative à leur certificat d’immatriculation, sauf dans les régions ayant choisi de maintenir l’exonération. À compter du 1er janvier 2026, seule la région Hauts-de-France conserve cette exonération. Comme pour les véhicules thermiques, le montant de cette taxe est déterminé par le nombre de chevaux fiscaux et le tarif établi par chaque région.
4) La Taxe sur l’Utilisation de Véhicules (TUV)
La TUV est une taxe annuelle imposée aux entreprises possédant ou utilisant des véhicules de tourisme, reposant sur deux éléments distincts. Le premier est corrélé aux émissions de CO₂, avec un barème en 2026 fixant un tarif de 1 € par tranche de 5 g/km. Une fois le seuil de 166 g/km de CO₂ atteint, la taxation devient fortement coercitive, avec un tarif pouvant aller jusqu’à 65 € par tranche. Le second élément concerne les émissions de polluants atmosphériques, reposant sur l’ancienne classification Crit’Air, pénalisant particulièrement les voitures diesel datant d’avant 2001. En revanche, les véhicules les plus écologiques sont entièrement exonérés ou bénéficient d’une exonération partielle. En pratique, un véhicule thermique peut engendrer une TUV annuelle de plusieurs centaines d’euros, ce qui, pour une flotte de 100 véhicules, pourrait représenter un coût annuel entre 50 000 et 100 000 €. À l’opposé, les véhicules entièrement électriques ne paient pas de TUV.
5) La Taxe Annuelle Incitative (TAI)
Mise en place le 1er mars 2025, la Taxe Annuelle Incitative cible les entreprises possédant plus de 100 véhicules. Son but est d’accélérer le verdissement des parcs véhicules en instaurant des quotas minimaux de véhicules à faibles émissions. Le principe est simple : chaque année, un pourcentage minimal de la flotte doit être composé de véhicules à faibles émissions, incluant les modèles entièrement électriques et les hybrides rechargeables émettant moins de 50 g/km de CO₂. Pour 2026, ce taux passe à 18 %, contre 15 % en 2025, une tendance qui devrait continuer dans les années suivantes avec des objectifs de plus en plus ambitieux. Des sanctions financières accru sont appliquées en cas de non-respect de ces quotas, avec une pénalité de 4 000 € pour chaque véhicule manquant pour atteindre le seuil de 18 %, soit le double de 2025.
6) La fiscalité du carburant
La fiscalité applicable aux flottes d’entreprises ne se limite pas uniquement aux véhicules. Elle englobe également les carburants. En 2026, les prix à la pompe ont ainsi subi une hausse de 4 à 6 centimes par litre à partir du 1er janvier, en partie à cause de l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Cependant, une exception notable persiste. Fin novembre 2025, le Sénat a validé le vote de l’Assemblée nationale pour ne pas relever la fiscalité sur le Superéthanol-E85, ce biocarburant conservant donc une attractivité tarifaire, surtout pour les entreprises utilisant des véhicules compatibles.
7) La fiscalité de l’Avantage En Nature (AEN)
L’avantage en nature (AEN) pour les véhicules électriques bénéficie d’un régime particulièrement favorable et incitatif, défini par l’arrêté du 27 février 2025, valide jusqu’au 31 décembre 2027. Pour favoriser la transition énergétique, les règles de calcul sont sensiblement assouplies comparées aux modèles thermiques. D’abord, les véhicules entièrement électriques jouissent d’un abattement de 70 % sur la base de calcul de l’AEN (dans la limite de 4 641,60 € par an). De plus, les frais d’électricité pris en charge par l’employeur pour les recharges privées ne sont pas inclus dans le calcul, apportant ainsi une économie appréciable pour l’employé. Cette logique d’incitation s’étend aussi aux infrastructures de recharge. Quand une borne est installée sur le site de travail, son utilisation à titre personnel est considérée comme un avantage en nature nul. Pour une installation au domicile de l’employé, le dispositif permet une quasi-totalité de neutralisation fiscale : la prise en charge par l’employeur est exclue des cotisations sociales à hauteur de 50 % des dépenses réelles (plafonnée à 1 043,50 € pour une borne de moins de 5 ans).
Solal Botbol, cofondateur et PDG de Beev, souligne : “En 2026, la fiscalité des flottes d’entreprises atteint un niveau de complexité et de sévérité inédit. Entre le renforcement des malus, l’augmentation des taxes récurrentes et la montée des coûts énergétiques, le modèle thermique devient de plus en plus difficile à défendre économiquement. À l’opposé, le véhicule 100 % électrique émerge comme une solution pertinente à la fois réglementaire, financière et environnementale. Pour les entreprises, la transition vers l’électrique n’est plus simplement une option stratégique : c’est devenu un levier essentiel pour la gestion des coûts et la conformité à long terme.”
