Voici les 25 lauréates du concours 101 Femmes

Voici les 25 lauréates du concours 101 Femmes

L'actualité en bref

France Active soutient 25 lauréates du concours 101 Femmes, avec des projets concrets partout en France, de la micro-crèche au food-truck.

Dernière mise à jour : 09/09/2026 à 22:23
Publié le : 10/09/2026
https://www.franceactive.org

Le concours national 101 Femmes, porté par le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et Bpifrance, distingue 101 entrepreneures implantées dans 101 départements. Parmi elles, 25 lauréates ont été financées ou accompagnées par France Active, acteur majeur du financement de l’entrepreneuriat engagé et inclusif.

Cette sélection met en lumière un enjeu économique central : de plus en plus de femmes souhaitent entreprendre, mais beaucoup restent confrontées à des freins d’accès au financement, au réseau et à la confiance. Selon le baromètre OpinionWay réalisé pour France Active et la Fédération bancaire française, 24 % des femmes envisagent de créer leur entreprise, un chiffre qui monte à 32 % chez les moins de 60 ans. Pourtant, 84 % anticipent au moins un obstacle, qu’il soit financier, administratif, familial ou psychologique. Pour les entrepreneurs et les acteurs de l’innovation, ces données montrent que l’accompagnement ne relève pas seulement de l’égalité professionnelle : il devient un levier de création d’emplois, de revitalisation territoriale et de transition écologique. Les parcours distingués illustrent aussi la diversité des marchés concernés, de la santé à la restauration, en passant par l’industrie, la mode durable, la petite enfance et l’économie sociale et solidaire.

France Active et 101 Femmes : un signal fort pour l’entrepreneuriat féminin

Un concours national au service de la visibilité des entrepreneures

Le concours 101 Femmes vise à rendre visibles des dirigeantes souvent engagées dans des projets à fort ancrage local. Le principe est simple : valoriser 101 entrepreneures, chacune issue d’un département différent, afin de montrer que l’innovation entrepreneuriale ne se concentre pas uniquement dans les grandes métropoles ou dans les secteurs technologiques les plus médiatisés.

Cette édition distingue notamment 25 femmes soutenues par France Active. Ce chiffre est significatif, car il montre le rôle croissant des dispositifs d’accompagnement dans le passage de l’intention à la création effective. Pour une entrepreneure, obtenir un financement ne se limite pas à décrocher un prêt : il faut construire un modèle économique crédible, rassurer les partenaires bancaires, calibrer son besoin de trésorerie, anticiper le fonds de roulement et sécuriser les premiers mois d’activité.

France Active intervient précisément sur ces points. Son modèle combine conseil, financement, garanties d’emprunt et mise en relation avec des réseaux économiques et sociaux. Cette approche est particulièrement utile pour des projets qui présentent un impact territorial, social ou environnemental, mais dont les garanties personnelles sont parfois insuffisantes pour convaincre seuls les financeurs traditionnels.

Un accès au financement encore inégal

La progression de l’envie d’entreprendre chez les femmes est nette, mais elle ne suffit pas à gommer les inégalités. Dans les faits, les créatrices d’entreprise rencontrent encore plusieurs difficultés : moindre accès au capital, autocensure plus fréquente face au risque financier, charge familiale plus élevée, manque de modèles visibles et réseaux professionnels parfois moins structurés.

Ces freins ont des effets très concrets. Une entreprise sous-financée au démarrage investit moins dans son développement commercial, recrute plus tard, supporte plus difficilement les retards de paiement et se retrouve plus exposée aux tensions de trésorerie. C’est l’une des raisons pour lesquelles les mécanismes de garantie sont stratégiques. Lorsqu’un organisme comme France Active garantit une partie d’un prêt bancaire, il réduit le risque porté par la banque et facilite l’accord de crédit sans demander à l’entrepreneure de mobiliser excessivement son patrimoine personnel.

Le taux de pérennité annoncé est également notable : 93 % des femmes entrepreneures soutenues par France Active sont toujours en activité après trois ans, contre 75 % en moyenne selon l’Insee en 2023. Cet écart souligne l’importance d’un accompagnement en amont, mais aussi dans la durée. La solidité d’un projet dépend rarement d’une seule bonne idée ; elle repose sur la qualité de l’exécution, la maîtrise des coûts, la capacité à vendre et l’aptitude à adapter le modèle économique.

Des projets ancrés dans des marchés porteurs

Les lauréates accompagnées par France Active couvrent une large palette de secteurs, ce qui permet de mieux comprendre les transformations actuelles de l’économie locale.

Dans l’Indre, Marion Cabot développe à Déols L’Oustalet, une micro-crèche écoresponsable. Le marché de la petite enfance est soumis à une demande structurellement forte, en particulier dans les territoires où les places d’accueil manquent. Le modèle de la micro-crèche, limité à un petit nombre d’enfants, peut répondre à ce besoin tout en misant sur un encadrement renforcé, des repas biologiques et l’usage de couches lavables. Le projet combine donc service essentiel, transition environnementale et emploi local qualifié.

Dans l’Oise, Gladisse Maninga crée une marque de mode premium inspirée de cultures congolaise et marocaine. Son positionnement repose sur des séries limitées, des tissus dormants et une fabrication française. Cette orientation répond à une évolution profonde du marché textile : les consommateurs recherchent davantage de traçabilité, de qualité et de sobriété face aux excès de la fast fashion. Pour une jeune marque, le défi consiste toutefois à concilier coûts de production élevés, désirabilité produit et marge suffisante.

Dans le Nord, Violette Vercamer, avec Marianne Vouters, développe BLOEM, une structure qui transforme friches, toits, parkings et façades en espaces végétalisés. Ce type d’activité se situe au croisement de l’aménagement urbain, de la biodiversité et de l’adaptation climatique. Les villes cherchent à réduire les îlots de chaleur, absorber les eaux pluviales et améliorer la qualité de vie. Le projet ajoute une dimension d’insertion professionnelle, ce qui l’inscrit pleinement dans le champ de l’économie sociale et solidaire.

En Seine-Saint-Denis, Edwina Caffa porte La VEB Métallerie, une initiative tournée vers la découverte des métiers industriels. Les besoins de recrutement dans l’industrie restent importants, tandis que certains métiers souffrent d’un déficit d’image auprès des jeunes. En proposant des immersions et des formations, l’entreprise contribue à rapprocher publics éloignés, filières techniques et employeurs. C’est un enjeu stratégique pour la réindustrialisation, qui ne peut réussir sans compétences disponibles sur les territoires.

En Lozère, Audrey Batigne lance La Cuisine d’Audrey, un food-truck fondé sur une cuisine maison et des produits locaux. Dans des zones rurales où l’offre de restauration est parfois limitée, ce format mobile permet de tester la demande avec des charges plus maîtrisées qu’un restaurant classique. Le soutien via le programme Accès+ illustre l’intérêt d’un accompagnement renforcé pour les créateurs qui doivent structurer leur prix de revient, leur approvisionnement et leur tournée commerciale.

Dans le Var, Marie Aubry et Patrick Quach développent Lumidou, une solution de luminothérapie intime à domicile proposée à un prix cible inférieur à 500 euros. Ce projet s’inscrit dans le marché de la santé intime et du bien-être médicalisé, où la demande augmente pour des solutions plus autonomes, accessibles et discrètes. Comme pour toute innovation liée à la santé, les enjeux portent sur la sécurité d’usage, la preuve d’efficacité, la réglementation applicable et la confiance des utilisateurs.

En Ille-et-Vilaine, Paula Martinet, Quentin Mahon et Clément Legrand reprennent L’Amidon, un restaurant bistronomique à Liffré. La reprise d’entreprise est un sujet majeur, souvent moins médiatisé que la création, alors qu’elle permet de préserver des emplois, des savoir-faire et une activité locale. France Active Bretagne intervient avec une garantie de 49 489 euros sur un prêt de 130 235 euros, ce qui sécurise le montage financier. Le développement prévu d’une activité événementielle peut aussi diversifier les revenus et réduire la dépendance au seul service en salle.

Ce que ces parcours enseignent aux entrepreneurs

Ces projets montrent que l’entrepreneuriat féminin ne se résume pas à une catégorie unique. Il touche des marchés très différents, avec des logiques économiques variées : investissement matériel pour une crèche ou un restaurant, marque et chaîne d’approvisionnement pour la mode, expertise technique pour la métallerie, réglementation et preuve d’usage pour la santé, modèle hybride pour l’insertion et l’écologie urbaine.

Le point commun réside dans la nécessité de construire un projet robuste. Avant de solliciter un financement, une entrepreneure doit pouvoir démontrer la réalité du besoin, la cohérence du modèle de revenus, la solidité du plan de trésorerie et la capacité à atteindre ses premiers clients. L’accompagnement externe aide à objectiver ces éléments, à éviter les angles morts et à parler le langage des financeurs.

France Active revendique un rôle d’accélérateur pour ces entrepreneurs engagés. Avec 35 associations territoriales, deux sociétés financières, plus de 40 500 entrepreneurs accompagnés et 465 millions d’euros mobilisés en 2025, le réseau dispose d’une capacité d’intervention significative. Les entreprises soutenues auraient contribué à créer ou consolider près de 72 000 emplois sur l’année.

Au-delà du concours, le message est clair : lorsque les femmes disposent des bons outils financiers, d’un accompagnement adapté et d’une visibilité suffisante, elles créent des entreprises pérennes, utiles et souvent très connectées aux besoins réels des territoires. Pour l’écosystème entrepreneurial, soutenir ces parcours n’est donc pas seulement une question de représentation ; c’est un investissement dans une économie plus durable, plus inclusive et plus résiliente.

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