Biosphères s’attaque à la crise du modèle agricole

L'actualité en bref
L'agriculture régénératrice comme vecteur de rentabilité pour notre souveraineté alimentaire.
Biosphères s’attaque à la crise du modèle agricole
L’agriculture régénératrice pourrait se révéler un atout majeur pour renforcer notre autonomie alimentaire. Fondée en 2020 par l’ingénieur agronome Sébastien Roumegous, Biosphères est considérée comme la référence européenne en matière d’agriculture régénératrice, alliant enfin performance économique et respect du vivant. Bien qu’implantée en France, cette start-up opère dans 22 nations, déployant 60 ingénieurs sur le terrain pour soutenir tant des exploitations agricoles locales que des multinationales (LVMH, Danone, Nestlé) dans la sécurisation de leurs chaînes d’approvisionnement. En substituant la « perfusion chimique » par l’ingénierie biologique (telle que la couverture des sols et la gestion du capital-sol), Biosphères gère déjà plus de 150 000 hectares tout en réduisant de 20 % l’utilisation d’engrais sans affecter les rendements. Cela constitue une réponse pragmatique à la crise agricole actuelle : investir aujourd’hui dans la durabilité des terres pour éviter des pertes économiques significatives dans le futur.
Biosphères, pionnier du conseil en agriculture régénératrice
Présente sur plus de 150 000 hectares dans 22 pays, travaillant avec des acteurs de premier plan (Nestlé, L’Oréal), la méthode Biosphères constitue une rupture avec les pratiques agricoles traditionnelles. Elle mise sur la réactivation des mécanismes naturels de défense des terres cultivables, notamment par l’établissement d’un bouclier végétal permanent (sans sol nu) et le renforcement du réseau mycorhizien (symbiose entre racines et champignons), afin d’extraire les nutriments en profondeur.
Cette méthodologie transforme le sol en une véritable éponge capable de retenir une grande quantité d’eau, prévenant ainsi les glissements de terrain et protégeant les cultures des vagues de chaleur. “Nous cherchons à utiliser l’ingénierie du vivant pour protéger nos productions et nos fermes face au dérèglement climatique”, explique Sébastien Roumegous, le principal ingénieur agronome de France sur LinkedIn. En plus d’améliorer la résilience, cette approche contribue à restaurer la richesse nutritionnelle des aliments, offrant ainsi à la France un levier de qualité déterminant pour reconquérir le marché intérieur face aux produits importés.
La rentabilité, moteur de la transition agricole
Contraste avec une idée reçue, l’agriculture régénératrice apparaît avant tout comme une décision financière judicieuse : produire autant, mais en consommant moins de ressources. Grâce à des pratiques telles que la “chirurgie de précision” (comme le Strip-till), les agriculteurs voient leurs coûts opérationnels (carburant, engrais, produits phytosanitaires) considérablement réduits tout en maintenant leurs volumes de production. La santé des sols devient le principal facteur de productivité et de gestion des risques. En régénérant durablement son capital-sol, l’exploitant s’assure que ses outils de travail — et ses investissements — ne se dégradent pas lors du prochain épisode de chaleur extrême. Ce passage d’une agriculture de dépense à une agriculture de performance et d’optimisation est essentiel.
Le nouvel ouvrage de Sébastien Roumegous
Le Salon de l’Agriculture 2026 a été le cadre du lancement du dernier livre de Sébastien Roumegous, intitulé L’Agriculture qui régénère la nature, un manifeste visant à vulgariser les principes de l’ingénierie du vivant auprès du grand public et des décideurs. Il a participé à un débat aux côtés de Julien Denormandie (Le chant du sol), Marine Colli (Notre assiette mondialisée) et Hervé Pillaud (L’IA des champs). Une séance de dédicace a suivi cet échange.
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