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TheraSonic vise le cerveau avec ses ultrasons

#news Dernière mise à jour : 25/06/2026 à 16:26, publié le : 25/06/2026

TheraSonic signe une licence exclusive pour son robot à ultrasons, destiné à ouvrir la barrière cérébrale et traiter cancers et maladies neuro.

Grâce aux travaux de la recherche publique, la startup TheraSonic veut transformer en profondeur la prise en charge des pathologies du cerveau, parmi lesquelles les cancers cérébraux.

CONECTUS1 annonce avoir conclu un accord de licence technologique exclusif avec la jeune startup TheraSonic (75). L’enjeu : mettre au point un dispositif médical inédit destiné à acheminer des traitements jusqu’au cerveau. Cette avancée de portée internationale, aux usages multiples potentiels (cancers, maladies neurodégénératives et neurogénétiques), provient des laboratoires publics ICube2 (Université de Strasbourg, CNRS), de l’ERL RODIN (Inserm, ICube), de NeuroSpin3 (CEA) et de BioMaps4 (CEA, CNRS, Inserm, Univ. Paris Saclay). Déjà lauréate du Grand Prix i-Lab 2024 de Bpifrance et désignée meilleure Jeune Entreprise Healthtech 20265, TheraSonic vient en parallèle de lancer une campagne de crowdequity auprès du grand public pour compléter son financement en cours et accélérer la suite du développement de cette technologie.

Le défi de la barrière hémato-encéphalique

La barrière hémato-encéphalique (BHE) constitue un mécanisme naturel de défense du cerveau. Elle fonctionne comme un filtre extrêmement sélectif entre le sang et le cerveau. Sa mission ? Réguler les échanges métaboliques tout en bloquant l’entrée de substances nocives ou extérieures (comme les toxines, les agents infectieux ou certains médicaments). Indispensable à notre équilibre, elle complique néanmoins l’accès des traitements aux zones cérébrales atteintes. Près de 98 % des médicaments n’atteignent jamais le cerveau à cause de la BHE. Un obstacle de taille pour traiter un large ensemble de maladies neurologiques, dont les tumeurs cérébrales, les maladies neurodégénératives et neurogénétiques.

Délivrer les médicaments au cerveau

La solution développée par TheraSonic repose sur des ultrasons transcrâniens ciblés afin d’ouvrir temporairement et localement la BHE, juste le temps nécessaire pour administrer des médicaments au cœur du système nerveux central. En pratique, des ultrasons sont concentrés sur les zones à traiter à l’aide d’un robot automatisé. Dans le même temps, des microbulles de gaz sont injectées par voie intraveineuse au patient. Sous l’action des ultrasons, elles provoquent une ouverture temporaire des espaces situés entre les cellules des vaisseaux sanguins. Les médicaments peuvent alors franchir la barrière et pénétrer dans les tissus cérébraux malades, exactement là où l’action thérapeutique est requise.

1 CONECTUS : Société d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT)
2 ICube : Laboratoire des sciences de l’ingénieur, de l’informatique et de l’imagerie (Université de Strasbourg, CNRS, INSA Strasbourg, ENGEES)
3 NeuroSpin : Infrastructure de Recherche en Neuro-Imagerie par IRM (CEA-Joliot)
4 BioMaps : Laboratoire d’Imagerie biomédicale multimodale (Université Paris Saclay, CEA, CNRS, Inserm)
5 Trophées de la Healthtech organisés par France Biotech

La technologie conçue par TheraSonic permet d’ouvrir la BHE sur plusieurs zones à la fois et sur un volume plus large, tout en ajustant la dose d’ultrasons selon chaque situation thérapeutique.

Les atouts de cette nouvelle approche sont nombreux :

1. Un nouveau dispositif médical destiné à de nombreuses maladies du cerveau aujourd’hui sans réponse thérapeutique réellement efficace (par exemple : tumeurs cérébrales, maladie de Parkinson, maladie de Huntington, SLA, Alzheimer…).

2. Une meilleure délivrance au cerveau d’une grande variété de traitements
(par exemple : petites molécules, anticorps, vecteurs de thérapie génique…), au plus près des régions à soigner (augmentation du passage dans le cerveau d’un facteur 2 à 20 selon le type de médicament).

3. Une prise en charge ambulatoire, simple à intégrer dans le parcours de soins, avec un coût contenu.

4. Un meilleur confort et davantage de sécurité pour le patient (procédé indolore, fiable et ciblé, sans anesthésie ni chirurgie).

Une innovation née et développée en France, grâce à la recherche publique

La technologie portée par TheraSonic est l’aboutissement de 15 ans de recherche et du travail coordonné d’une vingtaine de chercheurs/chercheuses et ingénieur(e)s, spécialistes de la robotique médicale et des ultrasons thérapeutiques, issus de trois laboratoires publics (CEA/NeuroSpin, BioMaps, ICube).

Jonathan VAPPOU (Directeur de Recherche CNRS, directeur de l’ERL U1328 Inserm RODIN) et Florent NAGEOTTE (Professeur des Universités, Université de Strasbourg), co-inventeurs au sein du laboratoire strasbourgeois ICube précisent : « L’équipe RDH (Robotics, Data Science and Healthcare Technologies) du laboratoire ICube se distingue par la présence unique en son sein d’experts à la fois dans le domaine de la robotique médicale et celui des thérapies ultrasonores. Cette multidisciplinarité nous permet de développer des solutions robotiques répondant aux besoins réels de ces thérapies non invasives. Nous avons la chance de participer depuis 2017 à ce consortium national d’envergure ayant abouti à la création de Thera Sonic en 2023. Ce projet est devenu une thématique majeure de recherche au sein de notre équipe, fédérant plusieurs chercheurs et étudiants autour des problématiques de robotique pour les thérapies ultrasonores et soutenue financièrement par le LabCom, TechnoFUS et l'ITI HealthTech ».

Des soutiens solides et une future levée de fonds pour accélérer

Trois brevets ont déjà été déposés en 2019 et 2024 (2 licenciés par le CEA et 1 licencié par Conectus), ainsi que 2 dépôts logiciels enregistrés en 2025. Depuis 2010, de nombreuses études précliniques ont été menées avec succès, avec à la clé 40 publications scientifiques. Un premier prototype du robot à ultrasons vient d’être achevé et mis en conformité réglementaire en vue d’une première utilisation clinique dans les prochains mois.

TheraSonic a été créée fin 2023 à l’issue d’un accompagnement du CEA en maturation et d’un projet collaboratif public-privé financé par l’ANR.
La startup s’appuie sur de nombreux soutiens publics et privés (Bpifrance, Paris Saclay Cancer Cluster, Régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, Medicen, associations de patients), sur des actionnaires de référence (M2Care, CEA Investissement, Gustave Roussy P. 3 Transfert) et sur l’implication forte de Gustave Roussy, premier centre européen de lutte contre le cancer, très engagé dans les développements cliniques.
Avec une équipe de 9 personnes, TheraSonic a déjà accumulé plusieurs récompenses : lauréate du concours i-Lab Bpifrance en 2024, Palmarès des inventeurs 2026 du magazine Le Point, Trophée de l’Avenir Europe 1 2025, et plus récemment lauréate 2026 France Biotech dans la catégorie « Meilleure Jeune Entreprise Healthtech ».

Aujourd’hui seule startup mondiale à proposer un robot innovant facilitant l’ouverture de la barrière hémato-encéphalique, les prochaines étapes de développement sont déterminantes. Une campagne de crowdequity6 lancée en mai doit permettre de financer les futurs travaux technologiques et de préparer une commercialisation à l’horizon 2030. Benoit LARRAT, co-fondateur & CEO de TheraSonic, anciennement chercheur au CEA NeuroSpin, précise :
“La signature du contrat de licence exclusive d’exploitation des technologies développées par le laboratoire ICube à Strasbourg en collaboration avec le CEA Saclay nous apporte des avantages concurrentiels clés pour assurer le ciblage et la robotisation des ultrasons transcrâniens.
Grâce à ces briques technologiques, notre dispositif permettra d’améliorer l’accès des traitements à leurs cibles biologiques sans recours à la chirurgie et lors de procédures rapides et ambulatoires. En premier lieu, cette innovation profitera aux millions de patients atteints de métastases cérébrales avant d’élargir les indications à d’autres maladies cérébrales.
Les premiers essais sur patients, prévus dès cet automne, démontreront les capacités de la technologie en milieu hospitalier. S’en suivront d’autres études cliniques en partenariat avec les laboratoires pharmaceutiques.”
Les maladies cérébrales touchent aujourd’hui environ 60 millions de personnes dans le monde et ce nombre devrait atteindre 150 millions d’ici 2050. Aujourd’hui le marché mondial des ultrasons thérapeutiques est évalué 3,5 milliards de dollars et devrait atteindre 6,9 milliards d’ici 2037.