Bonvan et Nereus retenues par Amazon

Bonvan et Nereus retenues par Amazon

L'actualité en bref

Bonvan et Nereus rejoignent l’Amazon Sustainability Accelerator 2026 pour tester leurs solutions durables avec Amazon en Europe.

Dernière mise à jour : 16/09/2026 à 15:28
Publié le : 16/09/2026
https://sell.amazon.fr/en/programmes/sustainability-accelerator

Les startups françaises Bonvan et Nereus sélectionnées pour l’Amazon Sustainability Accelerator dédié à l’accélération des solutions durables dans la logistique et l’industrie

Douze jeunes entreprises européennes intègrent la promotion 2026 de l’Amazon Sustainability Accelerator, un programme de huit semaines consacré aux solutions climatiques applicables à la logistique et à l’industrie. Deux sociétés françaises figurent dans la cohorte : Bonvan, qui développe des micro-éoliennes pour sites professionnels, et Nereus, spécialiste du recyclage des eaux usées directement sur site.

Cette sélection est importante car elle montre que la transition environnementale des grands réseaux logistiques passe désormais par des solutions opérationnelles testées en conditions réelles, et non plus seulement par des engagements climatiques généraux. Pour les entrepreneurs de la greentech, le programme offre un accès rare à des sites industriels, à des équipes métiers et à des financements pilotes pouvant atteindre 2 millions de dollars. Les marchés concernés sont considérables : immobilier logistique, énergie renouvelable distribuée, gestion de l’eau, refroidissement industriel, biodiversité et infrastructure cloud. Dans un contexte de réglementation européenne plus stricte, de pression sur les coûts énergétiques et de raréfaction de l’eau, ces technologies peuvent devenir des leviers de compétitivité autant que de conformité. Pour Amazon, l’enjeu est aussi de faire émerger plus vite des solutions capables de réduire l’empreinte de son réseau européen.

Amazon accélère la sélection de technologies durables pour ses opérations européennes

Amazon a dévoilé les douze startups retenues pour la promotion 2026 de son Sustainability Accelerator, un programme conçu pour rapprocher des innovations climatiques européennes des besoins concrets de la logistique, de l’industrie et de l’immobilier opérationnel. L’initiative est menée avec EIT Climate-KIC, acteur européen de l’innovation climatique, et Founders Intelligence, cabinet de conseil en stratégie d’innovation appartenant au groupe Accenture.

Le dispositif dure huit semaines et vise des solutions déjà suffisamment matures pour être testées dans un environnement industriel. Les startups sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement stratégique, d’ateliers avec les équipes opérationnelles d’Amazon, d’un accès à des experts techniques et de 10 000 dollars de crédits AWS Activate, utiles pour financer des besoins cloud liés à la donnée, à la simulation, à la supervision ou au pilotage d’équipements connectés.

À la fin du parcours, les entreprises présenteront leurs technologies devant Amazon. Les plus pertinentes pourront obtenir un projet pilote entièrement financé, avec une enveloppe comprise entre 50 000 et 2 millions de dollars. Cet aspect est central pour les startups industrielles : contrairement à une simple dotation marketing, un pilote financé permet de valider le produit, d’obtenir des données terrain, de réduire le risque commercial et de raccourcir le cycle d’achat auprès de grands comptes.

Trois priorités : bâtiments bas carbone, eau circulaire et biodiversité

La cohorte 2026 se concentre sur trois domaines où les marges de progrès sont importantes : la décarbonation des bâtiments, la gestion durable de l’eau et la biodiversité. Ces priorités correspondent à des enjeux économiques très concrets pour les opérateurs logistiques.

Les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation d’énergie dans l’Union européenne et une part majeure des émissions liées à l’énergie. Pour un réseau composé d’entrepôts, de centres de tri, de bureaux, de parkings, de quais de chargement et d’équipements frigorifiques, chaque gain sur l’électricité, le chauffage, la ventilation ou le refroidissement peut produire un effet significatif. La réglementation européenne pousse également dans ce sens, avec la directive sur la performance énergétique des bâtiments, la CSRD sur le reporting de durabilité et le renforcement progressif des exigences de décarbonation dans les chaînes d’approvisionnement.

La gestion de l’eau devient, elle aussi, un sujet stratégique. Les épisodes de sécheresse, les restrictions locales et l’augmentation des coûts de traitement exposent les sites industriels à des risques d’exploitation. Réutiliser l’eau sur place pour des usages non potables, comme le nettoyage, certains procédés techniques, l’arrosage ou les sanitaires, permet de limiter les prélèvements et de réduire les rejets. En Europe, la réutilisation des eaux usées est encadrée par des règles de qualité et de surveillance, notamment pour certains usages agricoles, mais les applications industrielles progressent rapidement grâce aux technologies membranaires, aux capteurs et à l’automatisation.

La biodiversité complète ce triptyque. Les grands fonciers logistiques peuvent avoir un impact sur l’artificialisation des sols, les continuités écologiques, les îlots de chaleur et la gestion des eaux pluviales. Les innovations dans ce domaine concernent autant la mesure que l’action : suivi écologique par capteurs, restauration de zones végétalisées, toitures ou parkings plus favorables à l’infiltration, solutions de renaturation et outils d’aide à la décision.

Bonvan veut rendre l’éolien de proximité compatible avec les sites professionnels

La première startup française sélectionnée, Bonvan, a été fondée par Benjamin Graux et Loris Goyet, tous deux ingénieurs diplômés de l’École Centrale de Lyon. L’entreprise développe des turbines éoliennes compactes pensées pour une installation rapide sur des sites professionnels, avec un montage annoncé en quelques heures et une approche plus légère que celle des infrastructures éoliennes classiques.

L’intérêt de ce type de solution réside dans la production d’énergie au plus près des usages. Les sites logistiques disposent souvent de toitures, de parkings, de zones techniques ou d’espaces périphériques susceptibles d’accueillir des équipements énergétiques décentralisés. Le solaire photovoltaïque est déjà largement identifié, mais l’éolien de proximité peut compléter la production lorsque les conditions de vent sont favorables, notamment en période nocturne ou hivernale, quand le solaire produit moins.

Sur le plan technique, la difficulté n’est pas seulement de produire de l’électricité. Il faut intégrer les turbines à un système énergétique global : profil de vent réel, bruit, vibrations, sécurité, raccordement électrique, maintenance, stockage éventuel, autoconsommation et interaction avec les autres équipements du site. Les contraintes administratives varient également selon la hauteur, l’implantation, les règles locales d’urbanisme et les caractéristiques du site. La promesse de Bonvan est donc particulièrement intéressante si elle parvient à simplifier ce parcours d’installation tout en démontrant un coût du kilowattheure compétitif.

Pour Amazon, un pilote de ce type permettrait d’évaluer si le micro-éolien industriel peut devenir une brique complémentaire de son mix énergétique. Pour Bonvan, l’enjeu est d’obtenir une validation sur un cas d’usage exigeant, avec des données de performance exploitables pour convaincre d’autres opérateurs de plateformes logistiques, industriels, foncières d’entrepôts ou collectivités.

Nereus mise sur le recyclage de l’eau directement sur site

La seconde représentante française, Nereus, est basée dans l’Hérault et développe depuis 2013 des solutions de traitement de l’eau par filtration membranaire. L’entreprise revendique une quarantaine d’installations opérationnelles et se positionne sur la réutilisation locale des eaux usées ou des effluents industriels.

Les technologies membranaires reposent sur une idée simple : faire passer l’eau à travers des membranes capables de retenir certains polluants, particules, micro-organismes ou molécules selon leur taille et leurs propriétés. En fonction du niveau de traitement recherché, différents procédés peuvent être utilisés, comme l’ultrafiltration, la nanofiltration ou l’osmose inverse. L’objectif est d’obtenir une eau conforme à un usage précis, sans forcément atteindre une qualité potable si ce n’est pas nécessaire.

Nereus affirme pouvoir permettre le recyclage d’une part très importante de l’eau consommée sur un site, jusqu’à 90 % selon les configurations. Pour un entrepôt ou un site industriel, la valeur économique peut venir de plusieurs sources : baisse des prélèvements d’eau, réduction des volumes rejetés, meilleure résilience en période de restriction, diminution de certains coûts de traitement et amélioration du reporting environnemental.

Le défi principal est la fiabilité dans le temps. Les membranes peuvent s’encrasser, les effluents varient selon les usages, et la qualité de l’eau produite doit être contrôlée en continu. Les solutions les plus robustes combinent donc traitement physique, capteurs, automatisation, maintenance prédictive et protocoles sanitaires stricts. Dans un grand réseau logistique, l’intérêt est de vérifier si une solution modulaire peut être déployée sur plusieurs sites avec des coûts maîtrisés et des performances homogènes.

Un programme devenu un outil de passage à l’échelle

Depuis son lancement en 2024, l’Amazon Sustainability Accelerator a sélectionné 28 startups parmi plus de 1 100 candidatures. Amazon indique avoir financé plus de 3 millions de dollars de projets pilotes, sans prise de participation, répartis sur seize expérimentations. Pour des startups industrielles, cette absence de dilution est un point important : elles conservent leur capital tout en accédant à un terrain d’expérimentation difficile à obtenir.

La promotion 2026 rassemble des entreprises venues de France, d’Espagne, d’Allemagne, du Royaume-Uni, de Hongrie, d’Estonie et du Luxembourg. Parmi les projets retenus figurent notamment Solum, société espagnole qui conçoit un revêtement solaire supportant le passage des piétons et des véhicules, MagnoTherm, entreprise allemande développant une technologie de refroidissement sans gaz réfrigérant traditionnel, et Spacedrip, startup estonienne spécialisée dans des stations modulaires de recyclage des eaux usées.

Ces exemples montrent l’évolution du marché climat : les solutions attendues ne sont plus seulement des logiciels de mesure carbone, mais des technologies capables d’intervenir sur les infrastructures physiques. Pour les entrepreneurs, le message est clair : les grands donneurs d’ordre recherchent des innovations mesurables, intégrables, maintenables et compatibles avec leurs contraintes opérationnelles. La cohorte se réunira à Barcelone en septembre, puis à Londres en octobre pour les présentations finales, étape décisive pour transformer l’accompagnement en contrats pilotes et, potentiellement, en déploiements industriels.

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