Prevent2Care dévoile les 15 lauréats de sa 8e promotion

L'actualité en bref
Prevent2Care sélectionne 15 start-ups et associations pour accélérer des solutions concrètes de prévention santé, sur neuf mois d’accompagnement.
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Prevent2Care a sélectionné 15 start-ups et associations pour sa 8e promotion, avec l’objectif de faire progresser la prévention santé dans des situations très concrètes : diagnostic de proximité, accompagnement des maladies chroniques, nutrition, santé mentale, cancer, handicap et soutien aux aidants. Pendant neuf mois, ces projets bénéficieront d’un accompagnement stratégique, opérationnel et financier afin d’accélérer leur déploiement auprès des patients, des familles et des professionnels de santé.
La prévention n’est plus seulement un sujet de santé publique : elle devient un marché d’innovation majeur, au croisement de la medtech, de la e-santé, de la nutrition clinique, du médico-social, de l’intelligence artificielle et des services à domicile. En France, les maladies chroniques représentent près des deux tiers des dépenses de l’Assurance Maladie, ce qui rend indispensable le développement de solutions capables d’éviter les complications, les hospitalisations et les ruptures de parcours. Pour les entrepreneurs, cette promotion montre où se déplacent les besoins : vers des outils plus simples, plus précoces, plus personnalisés et mieux intégrés au quotidien des patients. Elle illustre aussi une tendance forte : l’innovation en santé ne repose pas uniquement sur la technologie, mais sur la capacité à produire de l’impact mesurable, à s’inscrire dans les cadres réglementaires et à trouver un modèle économique viable. Le programme intervient enfin dans un contexte favorable aux solutions numériques et organisationnelles, avec des dispositifs comme la télésurveillance, la téléexpertise ou la prise en charge anticipée de certains dispositifs médicaux numériques.
Prevent2Care 2026 : quinze projets pour rapprocher la prévention du terrain
La nouvelle promotion de Prevent2Care confirme une évolution profonde du secteur santé : la prévention quitte progressivement le registre des campagnes générales pour entrer dans celui des solutions opérationnelles, pensées pour des patients précis, des professionnels identifiés et des moments clés du parcours de soin. Le programme, porté par la Fondation d’entreprise Ramsay Santé et Pfizer Innovation France, avec Elior Santé, et opéré par INCO, accompagne depuis 2018 des structures qui cherchent à réduire les pertes de chance, faciliter l’accès aux soins et améliorer la qualité de vie.
L’enjeu économique est considérable. Une prévention plus efficace pourrait éviter plus de 100 000 décès par an et générer plusieurs milliards d’euros d’économies pour le système de santé, notamment en réduisant les hospitalisations évitables, les retards diagnostiques et les complications liées aux maladies chroniques. Depuis sa création, Prevent2Care a accompagné 190 start-ups et associations, contribué à plus de 144 millions d’euros de levées de fonds, soutenu la création d’environ 1 200 emplois et permis à des solutions de toucher 6,1 millions de personnes.
Des soins plus proches, plus rapides et moins dépendants de l’hôpital
Une première famille de projets répond à une difficulté devenue centrale : comment réaliser plus tôt des examens ou des actes de soin lorsque les patients ne peuvent pas facilement se déplacer, lorsque les délais sont trop longs ou lorsque les ressources médicales sont concentrées dans certains territoires.
À Saint-Denis, HOMEPULSE développe un test permettant d’évaluer le taux de plaquettes à partir d’une simple goutte de sang, en quelques minutes et sans lecteur électronique. Ce type de diagnostic rapide, souvent désigné comme test au point de soin, peut avoir une forte valeur dans le suivi de patients exposés à des troubles de la coagulation, à certains traitements ou à des pathologies nécessitant une surveillance hématologique. Pour devenir un outil largement utilisé, il devra toutefois répondre aux exigences de performance analytique, de reproductibilité et de marquage CE applicables aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro.
À Paris, DEPISTONS / MESURONS s’attaque à l’accès à l’électrocardiogramme, un examen essentiel pour repérer des troubles du rythme, des signes d’ischémie ou des complications cardiovasculaires. Son approche associe ECG connecté et téléexpertise cardiologique, un modèle particulièrement pertinent dans les déserts médicaux ou en médecine de proximité. La téléexpertise, désormais intégrée au droit commun du remboursement, permet à un professionnel de solliciter l’avis d’un spécialiste sans imposer au patient un parcours supplémentaire.
À Lyon, DENTOCARE illustre le potentiel de la santé mobile dans le médico-social. Son centre dentaire itinérant intervient auprès de personnes âgées, handicapées ou isolées, souvent éloignées de la prévention bucco-dentaire. Or les pathologies dentaires ne sont pas secondaires : elles peuvent aggraver la dénutrition, favoriser les infections et dégrader fortement l’autonomie.
À Vénissieux, CAPSULE propose un lieu de première intention pour les enfants souffrant de troubles de stress post-traumatique. En combinant orientation, médiation animale et médiation artistique, le projet répond à un besoin encore insuffisamment couvert : repérer tôt les signaux de détresse psychique et éviter que les familles restent seules face à des symptômes complexes.
Personnaliser la prévention grâce aux données et aux parcours coordonnés
La deuxième tendance forte de cette promotion concerne la personnalisation. Les mêmes conseils de prévention ne produisent pas les mêmes effets selon le mode de vie, le contexte social, l’état psychologique, les comorbidités ou la capacité d’adhésion d’une personne.
À Loos, EMYCARE travaille sur le phénotypage psycho-comportemental dans l’obésité. L’objectif est de mieux comprendre les profils de patients afin d’adapter la prise en charge : accompagnement nutritionnel, soutien psychologique, activité physique, suivi médical ou intervention pluridisciplinaire. Ce marché est stratégique, car le surpoids et l’obésité concernent près d’un Français adulte sur deux et entraînent des risques accrus de diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, cancers et troubles musculo-squelettiques.
À Saône, EPILEPSAI utilise l’intelligence artificielle conversationnelle pour transformer les observations quotidiennes des patients épileptiques et de leurs aidants en informations structurées pour les soignants. Dans l’épilepsie, les données de vie réelle sont essentielles : fréquence des crises, facteurs déclenchants, observance, fatigue, sommeil ou effets secondaires. La valeur de ce type d’outil dépendra de sa capacité à garantir la sécurité des données de santé, la conformité au RGPD et l’hébergement chez un prestataire certifié HDS lorsque cela s’applique.
À Paris, THE VITAL CURE combine analyses biologiques à domicile et intelligence artificielle pour formuler des recommandations nutritionnelles personnalisées. Le positionnement répond à une demande croissante de prévention individualisée, mais devra éviter deux écueils fréquents du marché du bien-être : la surpromesse et l’absence de validation clinique solide.
À Saint-Didier-de-Formans, OBESILINK coordonne à distance le parcours pluridisciplinaire de personnes en surpoids ou en situation d’obésité. Ce type de plateforme peut créer de la valeur en fluidifiant les échanges entre médecins, diététiciens, psychologues, enseignants en activité physique adaptée et patients, surtout lorsque le parcours est long et discontinu.
Nutrition, enfance et comportements : intervenir avant la complication
La prévention la plus efficace est souvent celle qui intervient avant que la maladie ne s’installe ou ne s’aggrave. Deux projets de la promotion ciblent cette dimension comportementale et nutritionnelle.
À Igny, CAREMBOUCHE développe des bouchées hypercaloriques et hyperprotéinées destinées aux adultes dénutris, aux petits appétits et aux personnes ayant des difficultés à s’alimenter. La dénutrition touche particulièrement les personnes âgées, les patients atteints de cancer et certaines personnes hospitalisées ou dépendantes. Ses conséquences sont lourdes : perte musculaire, infections, chutes, allongement des durées de séjour et baisse de la qualité de vie. Une solution nutritionnelle efficace doit donc conjuguer densité nutritionnelle, plaisir alimentaire, facilité d’usage et adaptation aux troubles de la mastication ou de la déglutition.
À Toulouse, LES ENFANTS DU FUTUR / ADIMEP intervient dès l’école primaire avec un programme de 17 modules sur la nutrition, la santé et les habitudes de vie. Le choix des 6-12 ans est pertinent : c’est une période où se construisent les préférences alimentaires, le rapport au mouvement, le sommeil et les routines familiales. Pour les collectivités, les écoles et les acteurs de prévention, ce type de programme peut devenir un levier d’impact si son efficacité est mesurée sur les connaissances, les comportements et l’implication des familles.
Cancer, santé mentale, handicap : mieux accompagner les zones oubliées du parcours
La prévention ne se limite pas au dépistage. Elle comprend aussi la prévention des rechutes, de l’isolement, de la perte d’autonomie, de l’épuisement des proches et des séquelles physiques ou psychologiques.
À Dunkerque, HORIZON AJA / ON EST LÀ accompagne les adolescents et jeunes adultes touchés par un cancer grâce à la pair-aidance. Le fait que les bénévoles soient d’anciens jeunes patients formés donne au dispositif une crédibilité particulière auprès d’un public souvent pris entre les services pédiatriques et adultes.
À Saint-Cergues, HOPE associe équithérapie, art-thérapie et dynamique collective pour soutenir les femmes confrontées au cancer. À Binic, PREV’HYGEA aborde un sujet encore trop peu intégré aux parcours : sexualité, intimité et estime de soi après ou pendant la maladie. Ces dimensions influencent pourtant l’adhésion au soin, la santé mentale et la reconstruction personnelle.
Dans le Pas-de-Calais, LES BOBOS À LA FERME propose un tiers-lieu rural de répit pour personnes malades, en situation de handicap et proches aidants. Le marché du répit devient critique avec le vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques. À Toulouse, PROFAMILLE soutient les proches de personnes vivant avec une schizophrénie afin de limiter les crises, les rechutes et les hospitalisations. Former les familles aux mécanismes de la maladie, à la communication et à la gestion du stress est une approche reconnue pour améliorer le pronostic et réduire la charge des aidants.
Un accélérateur pour passer de l’idée utile au déploiement réel
Pendant neuf mois, les lauréats bénéficieront d’un accompagnement sur mesure : stratégie, modèle économique, accès à des experts, financement, expérimentation, réseau et structuration de l’impact. Pour ces projets, l’enjeu ne sera pas seulement de prouver l’intérêt de leur solution, mais de démontrer leur capacité de passage à l’échelle dans un système de santé très réglementé.
Les précédentes promotions montrent que l’accélération peut produire des résultats tangibles. Des projets comme D’un Seul Geste, Facettes Festival, Kiplin, Poppins ou Ludocare illustrent différents chemins possibles : formation massive, prévention en santé mentale, économies mesurables, thérapies digitales ou accès à des dispositifs de prise en charge comme PECAN. Pour les entrepreneurs de la santé, le message est clair : les innovations qui réussiront seront celles qui combinent utilité terrain, preuves d’efficacité, conformité réglementaire, intégration aux pratiques professionnelles et modèle de financement durable.
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