La SporTech élit son board 2026-2028 et renforce son rôle dans l’écosystème sportech français

L'actualité en bref
Nouveau board, IA, concours et rencontres business : La SporTech accélère pour structurer l’innovation sportive française.
La SporTech aborde une nouvelle étape avec un board élu pour 2026-2028, un événement Tendances 2026 organisé à STATION F et une série d’annonces portées par ses startups membres. Le collectif met aussi en avant ses travaux sur l’intelligence artificielle dans le sport, son concours d’innovation et un calendrier dense de rencontres entre entrepreneurs, institutions, clubs, marques et distributeurs.
Cette actualité compte parce qu’elle illustre la professionnalisation rapide d’un marché où se croisent santé, performance, fan engagement, billetterie, mobilité, équipements, données et nouveaux usages. Pour les entrepreneurs, la montée en puissance d’un collectif de près de 200 sociétés peut faciliter l’accès aux décideurs publics et privés, tout en donnant plus de visibilité à des solutions encore fragmentées. Pour les acteurs du sport, l’enjeu est de transformer l’innovation en gains concrets : plus de pratiquants, des clubs mieux outillés, des événements plus efficaces et des modèles économiques moins dépendants des recettes traditionnelles.
Un nouveau cycle pour structurer l’écosystème sportech
Le mois d’octobre confirme le changement d’échelle de La SporTech, association devenue en quelques années l’un des points de ralliement des jeunes entreprises françaises qui innovent dans le sport. Le collectif revendique environ 200 sociétés adhérentes et une communauté LinkedIn de plus de 20 000 abonnés, deux indicateurs qui traduisent un besoin croissant de coordination dans un secteur encore très dispersé.
Le 29 septembre, l’association a élu à l’unanimité son board pour la période 2026-2028. Camille Amar, CEO de Manita, et Christophe Carniel, CEO de VOGO, prennent la coprésidence. Ils seront accompagnés par Romain Lauvergnat, CEO de StadiumGO, au poste de vice-président, Perrine Chapot, cofondatrice d’Ochy, comme secrétaire générale, et Pierre Husson, CEO de Rematch, comme trésorier.
Cette gouvernance marque une passation après le mandat conduit par Sébastien Bequart et son équipe. Elle intervient à un moment où la sportech française doit dépasser la simple logique de vitrine pour devenir un outil d’influence, de mutualisation et de développement commercial. Le nouveau board devra donc concilier trois priorités : représenter les startups auprès des institutions, accélérer les connexions avec les grands comptes du sport et renforcer la présence territoriale du collectif.
Tendances 2026, un rendez-vous qui dépasse la communication
L’événement Tendances 2026 de la Sportech, organisé à STATION F, a réuni près de 350 participants. La soirée a été ouverte en présence de Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, aux côtés de représentants de La SporTech, de STATION F et de PwC France et Maghreb. Ce format donne un signal important : l’innovation sportive n’est plus seulement portée par des startups isolées, elle devient un sujet d’agenda pour les pouvoirs publics, les financeurs, les clubs, les fédérations et les marques.
L’étude annuelle sur les tendances de la sportech, réalisée avec PwC France et Maghreb, a été présentée en avant-première. Même sans entrer ici dans le détail de toutes ses conclusions, son découpage autour de trois grands axes, pratiquer, consommer et organiser le sport, résume bien les mutations du marché. Les innovations ne concernent plus seulement la performance des athlètes ; elles touchent aussi l’accès à la pratique, l’expérience spectateur, la gestion des infrastructures, la distribution d’articles sportifs et l’exploitation responsable des données.
Pour les entrepreneurs, cet angle est stratégique. Une solution sportech convaincante ne se vend pas seulement parce qu’elle est technologique, mais parce qu’elle répond à un problème opérationnel clair : remplir un équipement sur les créneaux creux, réduire les coûts d’organisation d’un tournoi, automatiser une partie de la billetterie, mesurer l’usage réel d’un terrain, rendre un événement plus accessible ou fidéliser une communauté de supporters. La valeur se crée lorsque l’innovation s’insère dans les contraintes économiques du sport.
L’intelligence artificielle devient un chantier collectif
L’un des volets les plus structurants concerne l’IA dans le sport. À la demande du ministère des Sports, La SporTech a piloté trois groupes de travail réunissant 120 contributeurs. Leur production dépasse les 50 recommandations, avec un objectif pratique : aider les organisations sportives à passer de la curiosité à l’usage maîtrisé.
Les cas d’usage sont nombreux. L’IA peut aider à analyser la performance, détecter des signaux de fatigue, personnaliser l’entraînement, automatiser la production de contenus, optimiser les calendriers, fluidifier l’accueil du public ou améliorer la détection de talents. Elle peut aussi soutenir les clubs amateurs dans des tâches répétitives, comme la communication, la gestion des inscriptions ou la recherche de partenaires locaux.
Mais le sport manipule des données sensibles par nature : données de santé, informations sur des mineurs, géolocalisation, images, biométrie, statistiques de performance et données comportementales de fans. En Europe, le RGPD impose déjà des principes de minimisation, de finalité, de transparence et de sécurité. Le règlement européen sur l’intelligence artificielle, entré en vigueur en 2024 avec une application progressive, ajoute une couche de vigilance sur les systèmes susceptibles d’affecter les droits des personnes, notamment lorsqu’ils touchent à l’évaluation, à la surveillance ou à des décisions automatisées.
La bonne pratique pour une startup sportech consiste donc à intégrer la conformité dès la conception. Cela signifie documenter les données utilisées, expliquer les limites des modèles, prévoir une supervision humaine, tester les biais et clarifier les responsabilités entre l’éditeur, le club, l’organisateur ou la fédération. Dans un marché où la confiance est décisive, la robustesse juridique et éthique devient un avantage concurrentiel.
Concours, événements et mise en relation commerciale
La newsletter met également en avant le concours Innove et Bouge, organisé avec le ministère des Sports dans le cadre de Septembre Bouge. Perm’Activ, Alpvengers et FizzUp ont été distingués, tandis que Move2Play a reçu la mention Espoir SporTech. Le choix de ces projets reflète une préoccupation centrale du secteur : lutter contre la sédentarité, rendre la pratique plus attractive et utiliser le numérique sans réduire l’activité physique à une simple application.
Le calendrier annoncé montre aussi le rôle d’intermédiaire que La SporTech entend jouer. Le 16 octobre, l’association intervient lors d’une matinale de l’Union des Entreprises Sport et Cycle consacrée au coût de la pratique sportive. Le sujet est déterminant, car le prix des licences, des équipements, des déplacements ou de l’accès aux infrastructures reste un frein pour de nombreux foyers et collectivités.
Le 31 octobre, une rencontre réservée aux membres est prévue autour du FC Versailles au stade Georges-Lefèvre. Le 18 novembre, la finale du concours Alice Millat à l’Hôtel de Ville de Paris mettra en lumière les initiatives en faveur du sport féminin. Le 26 novembre, une rencontre entre membres, marques et distributeurs réunira 25 startups et scaleups face à des décideurs de Puma, Hummel, Kappa, Decathlon, Intersport, Sport 2000, Adidas, ainsi qu’à des représentants de fédérations comme la FFF, la FFR et la FFBB.
Ce dernier rendez-vous est particulièrement intéressant pour les jeunes entreprises. Le sport reste un marché d’accès complexe, dominé par des cycles de décision longs, des budgets contraints et une forte dépendance aux relations de confiance. Mettre des startups qualifiées devant des acheteurs, des enseignes et des institutions sectorielles peut raccourcir le temps commercial, à condition que les solutions présentées soient suffisamment matures, mesurables et intégrables.
Des annonces qui dessinent les marchés porteurs
Les actualités des membres donnent une cartographie utile des segments en croissance. fanxp annonce l’acquisition de StadiumGO et le lancement de goxp, un hub centré sur la mobilité et l’accessibilité. Le rapprochement illustre l’importance croissante du transport dans l’expérience sportive : covoiturage, accès aux stades, réduction de l’empreinte carbone, stationnement et prise en charge des publics éloignés ou en situation de handicap.
D’autres annonces concernent la billetterie, les accréditations et la relation fan. Billy acquiert Ooval pour accélérer sa feuille de route en billetterie headless, tandis que BLOND accompagne le Red Star dans la gestion des accréditations. Dans ces domaines, la tendance est claire : les clubs et organisateurs veulent reprendre le contrôle de leurs données, connecter les parcours de vente et réduire les frictions aux points d’entrée.
La performance et l’infrastructure restent également très présentes. Natural Grass met en avant son système Aquaflow, SportKapt propose de mesurer et d’optimiser l’usage des équipements sportifs, Movi Lab travaille sur l’analyse du mouvement, et Futnow démocratise les statistiques de performance pour les joueurs de football. Ces solutions répondent à une demande de pilotage plus fin des actifs sportifs, qu’il s’agisse des terrains, des athlètes ou des programmes d’entraînement.
L’actualité souligne aussi la vigueur du sport amateur. Rematch s’associe à Brut pour créer une vitrine dédiée, AS réseaux revendique après un an 200 membres, 90 événements et 120 000 euros redonnés au sport amateur, tandis que Ma Petite Sponso développe un mécanisme de dons lié à la consommation des licenciés. Le potentiel est important : le sport amateur représente un immense volume d’usages, mais souffre souvent d’un déficit d’outils, de financement et de visibilité.
Une communauté qui doit transformer l’élan en impact
La liste des nouvelles startups membres confirme la diversité du collectif : Fedora pour la digitalisation des fédérations, Tournoi.co pour l’organisation de compétitions, Spixer pour les inscriptions et le chronométrage, Vipali pour la prévention santé, Move2Play pour l’association du jeu et de l’activité physique, ou encore Perm Activ pour encourager le mouvement à l’école. Cette variété est une force, mais elle impose aussi une clarification des propositions de valeur.
Pour gagner en crédibilité auprès des investisseurs, des collectivités et des grands acteurs du sport, la sportech française devra davantage objectiver ses résultats. Les indicateurs les plus convaincants ne sont pas toujours les plus médiatiques : taux d’occupation d’un équipement, baisse des coûts d’exploitation, nombre de pratiquants réactivés, réduction du temps administratif, revenus additionnels par supporter, économies de déplacement ou amélioration de la sécurité.
La nouvelle séquence ouverte par La SporTech peut donc servir de levier si elle combine représentation, expertise et preuves d’impact. Le collectif dispose d’une base solide, d’un réseau d’entrepreneurs actifs et d’une reconnaissance institutionnelle accrue. L’enjeu des prochains mois sera de convertir cette visibilité en contrats, en standards de bonnes pratiques et en collaborations durables avec les clubs, fédérations, marques, distributeurs et collectivités qui façonnent le sport français.
On aime aussi :
Alqui.io
Obtenez votre cap table au format VC instantannément, suivez vos BSPCE sans effort et modélisez vos futurs tours en 3 clics. Une plateforme : Alqui
Simulez votre cap table et les impacts