UN Global compact publie sa 2ème étude : l’anticorruption progresse
#news Dernière mise à jour : 21/06/2026 à 14:04, publié le : 21/06/2026La nouvelle étude du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France révèle une anticorruption bien intégrée, mais une formation encore trop limitée.
Le réseau français du Pacte mondial des Nations Unies publie la deuxième édition de son étude consacrée aux Communications sur le Progrès (CoP) diffusées par les entreprises membres
en 2025. En s’appuyant sur plusieurs indicateurs ESG essentiels, cette analyse révèle les premières
dynamiques de l’implication des sociétés en matière de durabilité, en France, en Europe et à l’échelle internationale.
Pierre angulaire de l’adhésion au Pacte mondial des Nations Unies, la Communication sur le progrès (CoP) permet aux entreprises de présenter leurs engagements, leurs initiatives et leur évaluation d’impact sur les grands enjeux du développement durable. Cette étude passe au crible les données de 1 366 entreprises françaises adhérentes au Pacte mondial, toutes tailles et tous secteurs confondus, qui ont publié leur CoP en 2025.
Elle compare aussi les résultats français avec ceux d’entreprises membres en Europe et dans le reste du monde.
CHIFFRES CLÉS
■ 33,7 % de femmes occupent des postes de direction parmi les entreprises françaises répondantes.
Des résultats identiques chez les entreprises répondantes en Europe et dans le monde.
Les entreprises françaises adhérentes au Pacte mondial agissent au-delà de la conformité
réglementaire, puisque la loi Rixain impose depuis mars 2026 aux entreprises de plus de 1 000 salariés d’atteindre un objectif de 30 %.
■ Les entreprises françaises répondantes sont nombreuses à agir en faveur de la santé et sécurité
au travail (87 %), contre les discriminations (79 %) et pour l’égalité des genres (78 %).
Elles sont également nombreuses (69 %) à disposer d’un accord collectif plus favorable à ce qu’impose la législation sur la couverture santé ou les salaires, aussi bien chez les PME (63 %) que chez les entreprises du SBF 120 (90 %).
■ Les entreprises françaises répondantes sont plus nombreuses (50 %) à mesurer leurs progrès en
matière de droits humains et de normes du travail que leurs voisines européennes (45 %) ou celles
des autres continents (46 %).
Néanmoins ces données illustrent que des progrès restent encore à accomplir pour mesurer systématiquement et efficacement l’impact.
■ Les entreprises françaises répondantes agissent principalement sur l’énergie (85 %), le traitement
des déchets (83 %) et la lutte contre les changements climatiques (82 %).
Parmi les entreprises françaises répondantes qui agissent sur le traitement des déchets, 73 % ont pris des mesures d’économie circulaire ou de réemploi, soit davantage que celles du reste de l’Europe (63 %) ou du monde (67 %).
■ Encore trop peu d’entreprises françaises répondantes disposent d’un plan d’adaptation aux
changements climatiques (25 %), soit moins qu’en Europe (29 %) ou sur les autres continents
(33 %).
Un chiffre qui est encore faible, alors que la Direction générale des entreprises rappelle pourtant que sans adaptation, l’économie française pourrait perdre jusqu’à 11 points de PIB d’ici 2050. Un constat qui concerne particulièrement les PME (16 %), tandis que les grandes entreprises répondantes
s’emparent davantage du sujet (63 %).
■ Concernant la lutte contre la corruption, 90 % des entreprises françaises répondantes ont mis en
place un programme de conformité ou une politique interne. Elles sont 45 % à l’avoir étendu à leur
chaine de valeur.
Des chiffres qui illustrent un bon niveau de prise en compte de la lutte contre la corruption par les entreprises adhérentes, même lorsqu’elles ne sont pas directement concernées par la loi Sapin II.
« Le Pacte mondial des Nations Unies est la seule initiative mondiale d’engagement volontaire
dans laquelle les entreprises adhèrent directement et nominativement à la mise en œuvre de
principes universels. Les résultats de notre étude envoient un signal clair : les entreprises
adhérentes continuent d’agir et de rendre compte de leurs progrès avec rigueur », souligne Nils
Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France. « C’est précisément là
que réside la force de la Communication sur le Progrès : elle ne repose pas sur une posture, mais
sur une démarche ESG documentée, ancrée dans le respect des droits humains, des normes du
travail, de l’environnement et de l’intégrité des affaires. La transparence n’est pas un risque pour
les entreprises qui s’engagent sincèrement, c’est la condition d’une crédibilité durable auprès de
leurs parties prenantes. »
Les entreprises françaises répondantes se montrent globalement un peu plus actives que leurs
équivalents européens, mais restent légèrement en retrait par rapport au reste du monde. Elles suivent en revanche davantage leurs avancées.
– Sur les droits humains et les normes sociales, 64 % des entreprises françaises répondantes ont mené en moyenne des actions, comme la formation des salariés et des fournisseurs, l’amélioration de la qualité de vie au travail, des audits, ou ont collaboré avec des organismes gouvernementaux. C’est plus qu’en Europe (63 %), mais moins que chez les entreprises répondantes des autres continents (69 %). Cependant, 50 % des entreprises françaises répondantes mesurent leurs progrès avec des objectifs annuels de suivi, contre 45 % des celles du reste de l’Europe et 46 % de celles du reste du monde.
– Sur les thématiques environnementales, les entreprises françaises répondantes agissent là
aussi en moyenne un peu plus que celles du reste de l’Europe (61 % contre 60 %), mais moins
que celles du reste du monde (63 %). Les entreprises françaises répondantes mènent
davantage d’actions que les autres sur les changements climatiques (82 %, contre 77 % en
Europe et 74 % dans le monde), mais moins sur la gestion de l’eau (49 % contre 55 % en Europe
et 65 % dans le monde). Elles sont également plus nombreuses à mesurer leurs progrès (57 %
contre 56 % dans le reste de l’Europe et 51 % dans le reste du monde).
– Bien qu’elles agissent davantage pour lutter contre les changements climatiques, les
entreprises françaises répondantes ont encore des progrès à faire en matière de mesure de
leurs émissions de gaz à effet de serre. 86 % des entreprises françaises répondantes ont
mesuré leurs émissions de Scope 1 (émissions directes), contre 94 % dans le reste de l’Europe
et 90 % sur les autres continents. Elles sont cependant plus nombreuses à mesurer leurs
émissions indirectes (Scope 3) : 55 % contre 42 % dans le reste de l’Europe et seulement 30 %
sur les autres continents.
– En matière de corruption, si la plupart des entreprises françaises disposent d’un plan de
conformité dans le cadre de la loi Sapin II, celles-ci ne forment pas systématiquement leurs
salariés à ces enjeux. En effet, alors que 43 % des entreprises françaises ont formé l’ensemble
des salariés, c’est le cas pour 62 % des entreprises du reste de l’Europe et 74 % de celles des
autres continents.
Plus les entreprises adhèrent depuis longtemps au Pacte mondial, plus elles affichent un niveau de maturité élevé sur les pratiques de développement durable.
L’analyse des données selon l’ancienneté d’adhésion au Pacte mondial des Nations Unies met en
évidence une nette différence dans la capacité des entreprises répondantes à intégrer les enjeux de
développement durable.
– L’ancienneté moyenne d’adhésion des entreprises répondantes à 6,2 ans montre la capacité
du Pacte mondial à accompagner les entreprises sur la durée.
– Les entreprises qui adhèrent depuis au moins 10 ans sont plus nombreuses à embarquer leur
chaine de valeur que les autres, que ce soit sur l’environnement (57 % contre 47 %) ou la lutte
contre la corruption (58 % contre 41 %). Depuis plusieurs années, le Pacte mondial de l’ONU –
Réseau France a fait de la transformation durable des chaînes de valeur de l’entreprise l’une
de ses priorités, en l’intégrant à ses différents programmes d’accompagnement.
– Les entreprises qui adhèrent depuis plus de 16 ans sont très nettement plus nombreuses que
les autres à avoir défini un plan d’adaptation aux changements climatiques (56 % contre moins
de 30 % pour les autres, et moins de 20 % pour celles qui adhèrent depuis moins de 2 ans.)
Les entreprises du SBF 120 en fer de lance de la durabilité en France
Une lecture dédiée des données concernant les 64 entreprises répondantes du SBF 120 montre qu’elles
affichent, pour la plupart, un haut niveau de maturité sur les volets environnemental, social et de gouvernance.
– 97 % d’entre-elles ont intégré des critères de durabilité dans la part variable de la
rémunération de leurs cadres.
– 93 % des entreprises du SBF 120 répondantes mesurent leurs progrès en matière de droits
humains et de normes du travail, et 91 % d’entre elles ont mesuré leurs émissions de gaz à
effet de serre sur l’ensemble des 3 Scope sur la période de reporting.
– 100 % des entreprises du SBF 120 répondantes ont agi pour lutter contre les changements
climatiques.
– 83 % des entreprises du SBF 120 répondantes ont formé l’ensemble de leurs salariés aux
enjeux de lutte contre la corruption.
