Parrot signe un premier semestre 2026 record grâce à l’essor des micro-drones professionnels

Parrot signe un premier semestre 2026 record grâce à l’essor des micro-drones professionnels

L'actualité en bref

Parrot publie un CA de 57,3 millions d’euros au 1er semestre 2026

Dernière mise à jour : 06/08/2026 à 01:39
Publié le : 06/08/2026
https://www.parrot.com

Parrot a franchi un cap important au premier semestre 2026 : le groupe affiche un chiffre d’affaires consolidé record de 57,3 millions d’euros, en progression de 71 % sur un an. Cette performance repose principalement sur l’accélération spectaculaire des micro-drones professionnels, dont les ventes ont plus que doublé. Surtout, Parrot confirme son retour à l’équilibre opérationnel, un signal clé pour un groupe longtemps pénalisé par l’intensité de ses investissements technologiques.

Un chiffre d’affaires semestriel tiré par les micro-drones

Au premier semestre 2026, l’activité Micro-drones professionnels atteint 42,1 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 18,0 millions d’euros un an plus tôt. La croissance ressort ainsi à +134 % à taux de change courants et à +139 % à taux de change constants.

Le deuxième trimestre illustre la puissance de cette dynamique : les micro-drones génèrent 20,8 millions d’euros de revenus, soit une hausse de 178 % à taux de change courants. Cette progression confirme que l’activité n’est plus seulement portée par des commandes ponctuelles, mais par un élargissement réel de la base clients.

Les livraisons significatives ont concerné plusieurs marchés stratégiques, notamment les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Suisse, les Pays-Bas, la Finlande et la France. Cette diversité géographique réduit la dépendance à un seul pays ou à un unique programme d’équipement, même si les grands appels d’offres publics restent par nature irréguliers.

ANAFI UKR devient le moteur industriel et commercial de Parrot

La forte croissance des micro-drones repose en grande partie sur le succès de la gamme ANAFI UKR, conçue pour répondre aux besoins des forces de défense, de sécurité publique et d’intervention. Le positionnement est clair : proposer des drones compacts, sécurisés, rapidement déployables et adaptés aux missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance.

La gamme s’est enrichie avec plusieurs évolutions techniques importantes. Son architecture de communication peut désormais combiner différentes liaisons selon les contraintes opérationnelles : 5G, Wi-Fi, radio militaire MARS à saut de fréquence pour limiter les risques de brouillage, ainsi qu’une liaison LoRa de secours. Cette redondance est essentielle dans les environnements hostiles, où les communications peuvent être dégradées, interceptées ou volontairement perturbées.

Autre amélioration notable : la batterie XLR, qui porte l’autonomie jusqu’à 70 minutes et la portée opérationnelle jusqu’à 40 kilomètres. Pour les utilisateurs institutionnels, ces gains changent la nature des missions possibles : surveillance de zones étendues, observation prolongée, reconnaissance au-delà de la ligne de contact, appui à des unités mobiles ou inspection de sites difficiles d’accès.

CHUCK 3.0 prépare une nouvelle phase de développement

Parrot poursuit également le développement de son autopilote CHUCK 3.0. Les principaux travaux de recherche et développement étant achevés, le système entre dans une phase plus opérationnelle : démonstrations auprès de clients finaux, intégrations sur plateformes et démarches de certification.

Cet autopilote est stratégique, car il peut élargir le champ d’application du savoir-faire de Parrot au-delà de ses propres drones. Dans l’industrie des drones professionnels, les briques logicielles embarquées, les systèmes de navigation, la cybersécurité et la robustesse des communications sont devenus aussi différenciant que le matériel lui-même.

PIX4D et les solutions pour infrastructures essentielles restent stables

La seconde activité du groupe, Solutions pour infrastructures essentielles, réalise un chiffre d’affaires de 15,1 millions d’euros au premier semestre 2026, contre 15,5 millions d’euros un an plus tôt. La baisse ressort à -3 % à taux de change courants, mais l’activité reste stable à taux de change constants.

Cette branche, portée notamment par les solutions de photogrammétrie et de traitement de données de PIX4D, traverse une phase de transition commerciale. Le groupe fait évoluer progressivement son modèle économique des licences perpétuelles vers les abonnements. À court terme, cette transition peut créer des variations de chiffre d’affaires d’un trimestre à l’autre, car une vente immédiate est remplacée par un revenu étalé dans le temps. À moyen terme, elle vise en revanche à renforcer la récurrence, la visibilité et la rentabilité.

Le deuxième trimestre montre déjà une amélioration : le chiffre d’affaires de cette activité atteint 8,5 millions d’euros, en hausse de 10 % à taux de change courants et de 11 % à taux de change constants.

Des cas d’usage concrets dans les réseaux, l’eau, l’énergie et la sécurité

Les contrats remportés au cours du semestre confirment l’ancrage de PIX4D dans des applications professionnelles à forte valeur ajoutée. Les solutions du groupe sont utilisées pour numériser, cartographier, inspecter et suivre des infrastructures critiques.

Parrot cite notamment des succès commerciaux auprès d’un intégrateur allemand spécialisé dans les réseaux fibre optique, d’un gestionnaire de réseau d’eau au Royaume-Uni, d’un acteur japonais des solutions par drones, d’un gestionnaire d’infrastructures énergétiques aux États-Unis et d’un service de police en Floride.

Ces usages illustrent une tendance de fond : les drones et les logiciels de reconstruction 3D deviennent des outils opérationnels pour les collectivités, les industriels et les services publics. Ils permettent de réduire les interventions terrain, d’améliorer la précision des relevés, de documenter l’état des actifs et d’accélérer la prise de décision.

Une rentabilité opérationnelle retrouvée

La croissance du chiffre d’affaires se traduit par une nette amélioration des résultats. La marge brute atteint 40,8 millions d’euros, soit un taux de marge de 71,2 %. Ce niveau reste élevé, mais inférieur à celui du premier semestre 2025, qui était de 74,8 %.

Cette baisse s’explique principalement par le mix d’activité. La montée en puissance d’ANAFI UKR augmente le poids des produits matériels, dont les marges sont généralement moins élevées au début du cycle industriel. À l’inverse, les solutions logicielles et les abonnements liés aux infrastructures essentielles présentent structurellement un profil de marge plus favorable.

Le résultat opérationnel courant ressort positif à 2,6 millions d’euros, contre une perte de 12,9 millions d’euros au premier semestre 2025. Il bénéficie d’un produit d’assurance non récurrent de 2,5 millions d’euros net. Hors cet élément exceptionnel, Parrot indique avoir atteint l’équilibre opérationnel pour le deuxième semestre consécutif, ce qui confirme l’amélioration de son modèle économique.

Des dépenses maîtrisées malgré l’effort d’innovation

Les dépenses opérationnelles s’élèvent à 38,2 millions d’euros, quasiment stables par rapport aux 38,0 millions d’euros du premier semestre 2025. Cette stabilité est notable compte tenu de la forte croissance de l’activité et de la poursuite des investissements.

Les dépenses de recherche et développement atteignent 23,8 millions d’euros, en hausse de 1,1 million d’euros. Elles traduisent la priorité donnée à l’innovation, notamment dans les micro-drones, les communications sécurisées, l’autonomie, l’autopilote et les logiciels embarqués.

Les frais commerciaux et marketing diminuent à 5,0 millions d’euros, contre 6,4 millions d’euros un an plus tôt, le lancement initial d’ANAFI UKR ayant mobilisé davantage de ressources en 2025. Les frais généraux restent stables à 7,1 millions d’euros, tandis que les frais de production et de qualité représentent 2,3 millions d’euros, soit 4,0 % du chiffre d’affaires.

Au 30 juin 2026, le groupe compte 469 salariés en CDD et CDI, contre 451 un an plus tôt. Les effectifs sont répartis à 59 % dans les micro-drones et à 41 % dans les solutions pour infrastructures essentielles.

Résultat net positif et consommation de trésorerie fortement réduite

Le résultat net part du groupe ressort à 2,1 millions d’euros, contre une perte de 14,4 millions d’euros au premier semestre 2025. Cette amélioration marque une rupture importante dans la trajectoire financière de Parrot.

La consommation de trésorerie opérationnelle est également fortement réduite : elle s’établit à 2,2 millions d’euros, contre 13,7 millions d’euros un an plus tôt. La trésorerie disponible atteint 18,8 millions d’euros au 30 juin 2026, contre 23,0 millions d’euros fin 2025 et 17,0 millions d’euros au 30 juin 2025.

Après la clôture, Parrot a obtenu un préfinancement bancaire de 3,4 millions d’euros au titre du Crédit d’Impôt Recherche 2025, encaissé le montant lié à l’assurance et soldé la dette de put PIX4D pour 1,3 million d’euros. Le groupe conserve par ailleurs le soutien de son principal actionnaire, Horizon SAS, via une convention de compte courant d’associé autorisée à hauteur de 20 millions d’euros jusqu’à fin février 2028. Aucun nouveau tirage n’a été effectué au premier semestre.

Perspectives : croissance attendue, mais vigilance sur le besoin en fonds de roulement

Pour le troisième trimestre 2026, Parrot anticipe une nouvelle croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires. Les livraisons issues des marchés déjà remportés, les commandes complémentaires et les appels d’offres en cours devraient soutenir l’activité.

Le groupe appelle toutefois à la prudence pour le second semestre. La base de comparaison deviendra plus élevée, notamment au quatrième trimestre. Dans les micro-drones, les grands contrats institutionnels peuvent dépendre de calendriers budgétaires, administratifs et opérationnels difficiles à prévoir.

Parrot prévoit aussi d’anticiper ses approvisionnements et de renforcer ses capacités de production. Cette stratégie est nécessaire pour sécuriser l’exécution industrielle, mais elle peut entraîner une hausse temporaire du besoin en fonds de roulement et donc mobiliser davantage de trésorerie.

Un semestre charnière pour Parrot

Le premier semestre 2026 confirme la transformation de Parrot en acteur européen majeur des micro-drones professionnels sécurisés. La croissance est forte, l’équilibre opérationnel se confirme et les solutions logicielles conservent un potentiel de revenus récurrents.

Les prochains trimestres devront valider trois points clés : la capacité à convertir les appels d’offres en commandes, la montée en cadence industrielle d’ANAFI UKR et la réussite du passage aux abonnements dans les solutions pour infrastructures essentielles. Si ces leviers se matérialisent, Parrot pourrait consolider durablement son positionnement sur des marchés en forte expansion : défense, sécurité publique, inspection d’infrastructures et numérisation des opérations critiques.

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