Lendocompany : les jeunes investisseurs demandent plus de transparence sur l’épargne responsable

Lendocompany : les jeunes investisseurs demandent plus de transparence sur l’épargne responsable

L'actualité en bref

94 % des jeunes investisseurs interrogés pensent que leur épargne peut agir sur le climat, mais ils exigent transparence, preuves et impact mesurable.

Dernière mise à jour : 05/10/2026 à 22:48
Publié le : 05/10/2026
https://lendosphere.com/

Lendosphere et Lendopolis publient une enquête auprès de jeunes investisseurs de 18 à 30 ans, dont 94 % estiment que leur épargne peut avoir un effet réel sur le climat. L’étude met en évidence un intérêt marqué pour les placements responsables, mais aussi une demande forte de transparence, de pédagogie et de preuves mesurables.

Cette tendance compte pour les fintechs, les plateformes de financement participatif, les banques, les assureurs et les porteurs de projets de transition énergétique. Elle montre que la nouvelle génération d’épargnants ne se contente plus d’un discours ESG généraliste : elle veut savoir où va son argent, quels actifs sont financés et quels risques elle prend. Pour les acteurs de l’innovation, c’est aussi un signal commercial et réglementaire : la confiance devient un avantage concurrentiel aussi important que le rendement affiché.

Une génération qui veut relier son argent à des projets identifiables

À l’occasion de la Semaine de la Finance responsable 2026, Lendosphere et Lendopolis ont interrogé leur communauté de jeunes investisseurs pour mieux comprendre leurs pratiques d’épargne responsable. L’échantillon concerne les investisseurs de 18 à 30 ans inscrits sur ces plateformes, au sein d’une base de 118 000 membres. Les 7 000 investisseurs de cette tranche d’âge y ont déjà placé 16,64 millions d’euros, principalement dans des projets liés à la transition énergétique.

Le résultat central est net : 94 % des répondants pensent que leur épargne peut agir sur le climat. Cette conviction s’inscrit dans un contexte où les particuliers cherchent de plus en plus à relier leurs choix financiers à des effets concrets : production d’énergie renouvelable, efficacité énergétique, infrastructures locales, ou financement d’entreprises engagées dans la décarbonation. Autrement dit, l’épargne n’est plus seulement perçue comme une réserve de sécurité ou un outil de rendement, mais comme un levier d’allocation du capital.

Cette perception reste toutefois à manier avec prudence. L’enquête porte sur une population déjà inscrite sur des plateformes spécialisées, donc plus sensibilisée que la moyenne des épargnants français. Elle ne mesure pas l’opinion de toute une classe d’âge, mais elle renseigne finement sur un segment stratégique : des particuliers jeunes, digitalisés, déjà passés à l’acte d’investissement et familiers des offres à impact.

La transparence devient le premier critère de crédibilité

Les motivations déclarées montrent que les convictions pèsent lourd dans la décision d’investissement. 80 % des répondants disent investir de façon responsable par cohérence avec leurs valeurs, tandis que 65 % citent le rendement. Cette hiérarchie ne signifie pas que la performance financière disparaît, mais qu’elle doit être compatible avec une lecture claire de l’utilité du placement.

Les attentes concrètes sont très structurantes pour les acteurs du marché. 77 % jugent très importante la transparence sur l’utilisation des fonds, 71 % demandent une information claire et 52 % attendent une preuve de l’impact obtenu. À l’inverse, le rendement et les frais ne sont jugés très importants que par 38 % des répondants. Pour une banque, une société de gestion, une plateforme de crowdfunding ou une startup financière, cela impose de documenter le parcours de l’argent : projet financé, modèle économique, calendrier, risques, indicateurs d’impact et reporting après investissement.

La demande de preuve répond à un problème bien identifié : le greenwashing. Il s’agit du principal frein cité par les jeunes investisseurs interrogés, à 55 %. Viennent ensuite le manque de confiance dans les institutions financières, le déficit de connaissances et les moyens financiers limités. Ce point rejoint les préoccupations des régulateurs européens, qui ont renforcé les exigences de transparence avec des cadres comme le règlement SFDR pour les produits financiers durables, la taxonomie européenne pour définir certaines activités durables, ou encore la directive CSRD qui oblige progressivement les grandes entreprises à publier des informations extra-financières plus structurées.

Pour les professionnels, la conséquence est simple : un placement responsable ne peut plus se limiter à une promesse marketing. Il doit expliquer sa méthodologie, distinguer les objectifs environnementaux des critères ESG, préciser les limites de la mesure et éviter les formulations trop absolues. Un indicateur de tonnes de CO2 évitées, par exemple, n’a de valeur que si la méthode de calcul est compréhensible, comparable et régulièrement mise à jour.

Pourquoi le financement participatif attire ces investisseurs

Parmi les formats d’investissement évoqués, le financement participatif à impact occupe une place centrale : 78 % des répondants y ont déjà eu recours. Les livrets ou comptes à impact suivent à 65 %, devant les actions sélectionnées selon des critères ESG, l’assurance-vie ISR, les fonds ISR et les plans d’épargne retraite responsables. Cette hiérarchie traduit une préférence pour les produits lisibles et directement reliés à un usage identifiable.

Le crowdfunding présente plusieurs atouts pour ce public. Il permet souvent de consulter une fiche projet, d’identifier un territoire, un développeur, une technologie et une destination précise des fonds. Dans le cas des énergies renouvelables, l’investisseur peut comprendre plus facilement ce qu’il finance : une centrale solaire, un parc éolien, une unité de méthanisation ou une opération d’autoconsommation. Cette matérialité rend l’investissement plus tangible qu’un fonds diversifié composé de nombreuses lignes parfois difficiles à interpréter.

Le canal numérique renforce aussi cette attractivité. Inscription rapide, souscription en ligne, tickets d’entrée généralement accessibles et absence fréquente de frais visibles correspondent aux usages d’une génération habituée aux interfaces simples. Mais cette simplicité ne doit pas masquer les risques. Le financement participatif peut exposer à une illiquidité, à un retard de remboursement, à un défaut du porteur de projet ou à une perte partielle ou totale du capital. Plus le rendement proposé est élevé, plus l’analyse du risque doit être rigoureuse.

Un marché en maturation, mais encore fragile

L’étude montre également que ces jeunes investisseurs ne sont pas seulement curieux : ils sont déjà engagés. 71 % déclarent investir de façon responsable depuis plus d’un an, dont 43 % depuis plus de trois ans. Pour 31 %, plus d’un tiers de l’épargne est alloué à des placements responsables, et 86 % se disent satisfaits de leurs choix.

Pour les plateformes comme Lendosphere et Lendopolis, détenues par Lendocompany, ce positionnement s’inscrit dans un marché déjà significatif. Lendocompany revendique plus de 900 millions d’euros investis dans plus de 1 700 projets d’énergies renouvelables et dispose de l’agrément européen de prestataire de services de financement participatif, délivré en France par l’AMF. Ce cadre européen harmonisé vise notamment à professionnaliser le secteur, renforcer l’information fournie aux investisseurs et encadrer les plateformes opérant dans plusieurs pays.

La prochaine étape pour la finance responsable consiste à transformer l’intérêt en confiance durable. Cela suppose des informations moins techniques mais plus complètes, des scénarios de risque explicites, des données d’impact vérifiables et une pédagogie sur la différence entre contribution environnementale, rendement financier et diversification patrimoniale. Pour les entrepreneurs qui lèvent des fonds auprès du grand public, la leçon est claire : le récit ne suffit plus. Les jeunes investisseurs veulent des projets utiles, mais aussi des chiffres, des preuves et une relation de confiance dans la durée.

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