L’application de cashback 10% fête ses 2 ans et 1M€ reversés

L’application de cashback 10% fête ses 2 ans et 1M€ reversés

L'actualité en bref

8M de tickets de caisse envoyés, 1M€ reversés : l’application de cashback 10% fête ses 2 ans et confirme sa dynamique de croissance en 2026

Dernière mise à jour : 08/10/2026 à 03:16
Publié le : 08/10/2026
https://www.10pourcent.fr/

L’application française 10% annonce avoir dépassé 1 million d’euros de cashback reversé à ses utilisateurs deux ans après son lancement. En combinant lecture de tickets de caisse, partenariats avec des marques de grande consommation et versement bancaire, la start-up revendique plus de 500 000 utilisateurs, plus de 8 millions de tickets analysés et 50 marques partenaires.

Cette annonce illustre une évolution profonde du marché de la fidélisation, longtemps centré sur les cartes d’enseignes, les coupons et les points difficiles à convertir. Pour les consommateurs, le cashback sur les courses répond directement à la pression sur le pouvoir d’achat, alors que les prix alimentaires ont fortement augmenté ces dernières années. Pour les marques, il ouvre un canal direct avec l’acheteur final, dans un secteur où la relation client reste largement contrôlée par la distribution. Pour les entrepreneurs et acteurs de l’innovation, 10% se situe au croisement de plusieurs marchés en forte recomposition : retail media, données transactionnelles, promotions digitales, fidélité mobile et biens de grande consommation.

10% veut transformer le ticket de caisse en levier de pouvoir d’achat

Fondée à Paris en octobre 2024 par Clémence Luc et Max Lemasquerier, 10% s’est positionnée sur un angle précis : rendre la fidélité plus simple, plus lisible et surtout plus monétaire. Là où de nombreux programmes traditionnels reposent sur des points, des bons d’achat, des remises différées ou des mécaniques propres à chaque enseigne, l’application propose un bénéfice direct : un remboursement partiel en euros sur des produits du quotidien.

Le principe répond à une frustration largement partagée. Les consommateurs disposent souvent de plusieurs cartes de fidélité, d’applications d’enseignes, de coupons personnalisés et d’offres limitées dans le temps. Mais la valeur réellement récupérée reste parfois difficile à mesurer. 10% inverse cette logique en plaçant le remboursement au niveau de la marque achetée, indépendamment du magasin dans lequel le produit a été acquis.

Concrètement, l’utilisateur fait ses courses comme d’habitude, puis transmet son ticket de caisse dans l’application, ou connecte son compte enseigne lorsque cette option est disponible. Les produits éligibles sont détectés, le montant de cashback est ajouté à une cagnotte, puis l’argent peut être transféré vers un compte bancaire. L’application revendique aujourd’hui plus de 1 600 références éligibles, principalement issues de marques de grande consommation.

Cette mécanique est particulièrement adaptée aux achats récurrents : produits frais emballés, épicerie, boissons, hygiène, entretien, alimentation infantile ou produits laitiers. Dans ces catégories, la fréquence d’achat est élevée et la fidélité se construit rarement sur un seul acte d’achat. C’est précisément ce qui intéresse les marques : récompenser un comportement répété, identifier les clients qui reviennent et mesurer l’impact d’une campagne au-delà d’une simple hausse ponctuelle des ventes.

Un modèle porté par la tension sur les budgets des ménages

La croissance de 10% intervient dans un contexte favorable aux solutions d’économie au quotidien. Entre 2021 et 2024, les prix alimentaires ont progressé d’environ 20% en France selon les principaux indices publics, avec des hausses plus marquées sur certaines familles de produits. Même lorsque l’inflation ralentit, les prix ne reviennent pas nécessairement à leur niveau initial, ce qui modifie durablement les arbitrages des foyers.

Dans ce contexte, le cashback n’est plus seulement perçu comme une gratification occasionnelle. Pour une partie des utilisateurs, il devient un complément de budget. 10% indique que 47% de ses utilisateurs réinjectent leur cashback dans leurs courses suivantes, tandis qu’une autre partie l’utilise pour financer de petits achats plaisir. Les utilisateurs les plus actifs récupéreraient en moyenne 186 euros par an, un montant qui peut devenir significatif pour les familles faisant des courses hebdomadaires.

La sociologie de l’application confirme ce positionnement. D’après les données communiquées par 10%, 72% des utilisateurs vivent dans un foyer d’au moins trois personnes et 68% ont au moins un enfant scolarisé. Ce sont des ménages qui achètent en volume, comparent davantage les prix et peuvent changer de marque si l’avantage économique est clair.

Pour une application de cashback alimentaire, l’enjeu n’est donc pas seulement d’attirer des chasseurs de bons plans. Il s’agit de devenir un réflexe installé dans le parcours d’achat, au même titre que la comparaison des prix, la carte de fidélité ou la consultation des promotions avant le passage en magasin.

Deux années de croissance rapide pour une start-up encore jeune

Les chiffres communiqués par 10% montrent une accélération nette entre la première et la deuxième année. Sur ses douze premiers mois, l’application a enregistré 1,6 million de tickets de caisse envoyés par ses utilisateurs et a convaincu 26 marques de rejoindre la plateforme. Parmi les premières marques présentes figuraient notamment Activia, Fleury Michon, Carapelli, Président, Danette ou Colgate.

Cette première phase a permis de valider l’usage et d’attirer des investisseurs. En octobre 2025, 10% a annoncé une levée de fonds de 2,4 millions d’euros menée par Speedinvest, avec la participation de True Capital, Fund F, Kima Ventures et plusieurs business angels, dont Frédéric Halley. Pour une jeune entreprise de la fidélisation, ce financement sert généralement trois objectifs : améliorer la technologie de reconnaissance des achats, recruter des profils commerciaux capables de signer davantage de marques et accélérer l’acquisition d’utilisateurs.

La deuxième année marque un changement d’échelle. Entre octobre 2025 et septembre 2026, les utilisateurs ont transmis 6,8 millions de tickets, soit plus de quatre fois le volume de la première année. Le rythme revendiqué atteint désormais un ticket envoyé toutes les deux secondes. Sur la même période, le montant de cashback distribué atteint environ 684 000 euros, contre 265 000 euros lors du premier exercice. Le cumul actualisé dépasse désormais le million d’euros reversé.

La base d’utilisateurs a elle aussi fortement progressé pour franchir le seuil des 500 000 comptes. Pour une application mobile grand public, ce cap est important : il donne plus de poids dans les négociations avec les industriels, renforce la quantité de données exploitables et améliore l’attractivité de la plateforme pour de nouveaux partenaires.

Pourquoi les marques financent ce cashback

Le modèle économique de 10% repose sur un principe simple : les marques paient pour récompenser directement les consommateurs qui achètent leurs produits. Cette approche répond à une faiblesse structurelle du marché des biens de grande consommation. Les industriels investissent massivement en promotions, mises en avant, prospectus, coupons, opérations en magasin ou campagnes digitales, mais ils connaissent rarement précisément les acheteurs finaux.

Entre la marque et le consommateur se trouvent les distributeurs, qui détiennent l’essentiel de la donnée transactionnelle. Les programmes de fidélité d’enseignes permettent aux supermarchés d’analyser les comportements d’achat, mais les marques n’ont pas toujours un accès direct, granulaire et exploitable à ces informations. Le cashback opéré par une application tierce leur offre un autre canal : elles peuvent identifier les acheteurs, mesurer la répétition d’achat, comprendre quels produits déclenchent l’essai et évaluer la conquête de nouveaux clients.

10% affirme que 15,7% des utilisateurs interrogés après achat déclarent ne pas avoir acheté la marque auparavant. Pour un industriel, cette donnée est stratégique. Elle permet de distinguer une remise qui récompense un client déjà acquis d’une campagne qui provoque réellement un changement de comportement. Dans un marché où les volumes peuvent être sous pression, gagner un nouveau foyer acheteur représente un enjeu commercial majeur.

Le modèle s’inscrit aussi dans la montée du retail media, c’est-à-dire l’utilisation des données d’achat et des environnements marchands comme supports publicitaires et promotionnels. La différence est que 10% ne se limite pas à un distributeur. L’application vise une logique multi-enseignes, ce qui peut intéresser les marques cherchant une vision plus transversale de leurs consommateurs.

La technologie derrière une application de cashback alimentaire

Sous une expérience utilisateur très simple se cache une infrastructure technique plus exigeante qu’il n’y paraît. Lire un ticket de caisse suppose de reconnaître des textes imprimés dans des formats très variables, avec des abréviations, des libellés incomplets, des polices différentes, des photos parfois floues et des tickets issus de nombreuses enseignes. La reconnaissance optique de caractères, ou OCR, doit ensuite être complétée par des algorithmes capables d’associer une ligne de ticket à une référence produit précise.

Cette étape est centrale pour éviter les erreurs de remboursement. Un produit peut exister en plusieurs formats, parfums, recettes ou conditionnements. L’application doit donc rapprocher le libellé du ticket avec une base de données produits, parfois en utilisant les codes EAN lorsqu’ils sont disponibles via un compte enseigne connecté. Plus le catalogue s’élargit, plus l’enjeu de qualité des données augmente.

La lutte contre la fraude est un autre sujet clé. Une application qui rembourse de l’argent réel doit détecter les doublons, les tickets modifiés, les achats déjà remboursés ou les comportements anormaux. Cela suppose des contrôles automatiques, mais aussi des règles de conformité claires pour l’utilisateur : un ticket ne peut être utilisé qu’une fois, les produits doivent être réellement achetés, et les conditions de chaque campagne doivent être respectées.

Enfin, la dimension réglementaire ne peut pas être négligée. Les tickets de caisse et comptes enseignes contiennent des données personnelles, parfois très révélatrices des habitudes de consommation. En Europe, le RGPD impose une information claire, une base légale de traitement, une durée de conservation proportionnée, des droits d’accès et de suppression, ainsi qu’une protection renforcée contre les usages non prévus. Pour une start-up construite sur la donnée d’achat, la confiance n’est pas un élément secondaire : elle conditionne l’adoption sur le long terme.

Un marché français encore en construction

Le cashback est bien installé dans l’e-commerce, notamment via des plateformes qui reversent une commission lorsqu’un achat est réalisé chez un marchand partenaire. Le cas des courses alimentaires est différent. Les marges sont plus faibles, les achats se font encore majoritairement en magasin physique et les habitudes sont fragmentées entre enseignes, drives, commerces de proximité et circuits spécialisés.

C’est précisément là que se situe l’opportunité de 10%. En se concentrant sur les produits du quotidien, l’entreprise se distingue des acteurs historiques du cashback en ligne. Elle se rapproche davantage d’un outil de fidélisation de marque, d’un canal promotionnel mesurable et d’une plateforme de données transactionnelles.

Le marché reste toutefois compétitif. Les enseignes renforcent leurs propres applications, les industriels développent parfois leurs clubs consommateurs, et les solutions de coupons digitaux cherchent elles aussi à moderniser la promotion. La réglementation encadrant les promotions, notamment sur les produits alimentaires et certains produits d’hygiène ou d’entretien, pousse également les marques à trouver des leviers plus ciblés et mieux mesurables. Le cashback peut alors devenir un complément aux dispositifs classiques, à condition de rester lisible pour le consommateur et rentable pour la marque.

Les priorités de 10% pour sa troisième année

La prochaine étape annoncée par 10% consiste à élargir fortement son catalogue. L’objectif est clair : augmenter la part du panier de courses donnant droit à un remboursement. Plus l’utilisateur trouve de produits éligibles dans son ticket, plus l’application devient utile et plus il est incité à l’utiliser régulièrement.

Cette logique crée un cercle vertueux. Davantage de marques partenaires permet d’offrir plus d’opportunités de cashback. Une base d’utilisateurs plus engagée rend la plateforme plus attractive pour les industriels. Et un volume croissant de tickets améliore la compréhension des comportements d’achat, à condition que l’exploitation des données reste encadrée et transparente.

Avec une équipe d’une dizaine de personnes basée à Paris, 10% entre donc dans une phase délicate mais prometteuse : passer d’une application adoptée par des early adopters à un réflexe de consommation grand public. Pour réussir, la start-up devra maintenir trois équilibres : proposer assez de gains pour fidéliser les ménages, démontrer un retour sur investissement clair aux marques et préserver la confiance dans l’usage des données. Si ces conditions sont réunies, le ticket de caisse pourrait devenir bien plus qu’une preuve d’achat : un nouvel actif au cœur de la relation entre consommateurs, marques et distributeurs.

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