La Fondation Entreprendre publie le livre blanc “A quoi sert l’entrepreneuriat”

L'actualité en bref
Pour ceux qui se posent la question :)
La Fondation Entreprendre publie le livre blanc “A quoi sert l’entrepreneuriat”
La Fondation Entreprendre lance cet Observatoire afin de mesurer et objectiver l’utilité de l’entrepreneuriat au-delà de la seule création de valeur économique. Le rapport considère l’entrepreneuriat comme un levier d’émancipation individuelle, de cohésion sociale, de dynamisation territoriale et de transition environnementale.
L’étude repose sur un baromètre national mené en 2025 auprès de trois publics : des entrepreneur·e·s, des Français·e·s et des associations d’accompagnement entrepreneurial. Elle est complétée par une enquête qualitative de terrain fondée sur des entretiens approfondis avec des associations, ainsi que par des ateliers de réflexion collective visant à identifier les freins et leviers permettant de déployer plus largement l’utilité de l’entrepreneuriat.
Une perception qui s’élargit, mais reste marquée par la “création d’entreprise”
Le rapport montre que, pour le grand public comme pour une partie des entrepreneur·e·s, entreprendre reste majoritairement associé à la création d’une entreprise au sens classique. Cette vision demeure dominante, même si elle commence à évoluer.
Une part croissante des répondants reconnaît également comme entrepreneuriales d’autres formes d’initiatives, telles que la création de coopératives ou d’associations employeuses. Néanmoins, des écarts significatifs subsistent entre les perceptions du grand public, celles des entrepreneur·e·s et celles des acteurs associatifs.
La Fondation Entreprendre défend une définition plus large de l’entrepreneuriat, qui inclut toutes les démarches consistant à mobiliser des ressources, coopérer avec d’autres acteurs et créer une valeur plurielle — économique, sociale, sociétale et environnementale — y compris dans des cadres collectifs ou à finalité d’intérêt général.
Pourquoi entreprendre ? La quête de sens comme moteur principal
L’un des enseignements majeurs du baromètre est que la motivation principale pour entreprendre n’est pas financière, mais liée au sens. La grande majorité des porteurs de projet déclarent que l’entrepreneuriat leur permet d’aligner leurs valeurs personnelles avec leur activité professionnelle.
Les entrepreneur·e·s évoquent également de nombreux bénéfices personnels : développement de compétences techniques et comportementales, capacité à faire face aux difficultés, sentiment d’autonomie et de responsabilisation, ainsi qu’une certaine indépendance financière.
Le rapport met en évidence un décalage important de perception sur l’accessibilité de l’entrepreneuriat. Les personnes ayant déjà entrepris jugent l’acte relativement accessible, tandis que le grand public le perçoit comme complexe et risqué. Ce constat souligne l’importance de démystifier l’entrepreneuriat, de diversifier les figures de référence et de réduire la peur de l’échec, identifiée comme un frein majeur.
Entreprendre comme aventure collective : gouvernance, travail et responsabilité
Le rapport remet en question la figure de l’entrepreneur héroïque et solitaire, souvent mise en avant dans les récits de réussite. Cette représentation peut être décourageante et ne reflète pas la réalité de nombreux parcours.
L’entrepreneuriat est présenté comme une aventure fondamentalement collective, reposant sur des équipes, des partenaires, des réseaux et des formes de coopération. Cette approche ouvre la voie à une réflexion sur la qualité de vie au travail, la gouvernance partagée et la responsabilité sociale des organisations.
Les attentes sociétales à l’égard des entreprises évoluent : transparence, participation des parties prenantes, pratiques managériales responsables et contribution à l’intérêt général deviennent des enjeux centraux. Le rapport souligne l’intérêt de concevoir l’entreprise comme un espace d’engagement collectif, et non uniquement comme un outil de performance économique.
L’ancrage territorial comme levier d’inclusion et de durabilité
L’ancrage territorial apparaît comme l’un des principaux vecteurs d’impact de l’entrepreneuriat. Les projets entrepreneuriaux contribuent à répondre à des besoins locaux, à créer de l’emploi non délocalisable et à renforcer les dynamiques économiques locales.
Le rapport met en avant des pratiques telles que le recours à des fournisseurs locaux, la coopération avec des acteurs du territoire ou encore la participation à la structuration de filières locales. Ces démarches favorisent la résilience des territoires et renforcent le lien social.
Toutefois, les acteurs de l’accompagnement expriment des besoins en outils, en référentiels et en espaces de partage d’expériences pour mieux intégrer et renforcer cette dimension territoriale dans les parcours entrepreneuriaux.
Utilité sociale et environnementale : ambitions, pratiques et limites
Sur le plan environnemental, le rapport montre que la majorité des associations d’accompagnement intègrent une sensibilisation aux enjeux écologiques dans leurs actions. Les projets entrepreneuriaux sont perçus comme des leviers potentiels pour développer des modèles économiques plus durables et favoriser la transition écologique à l’échelle locale.
Cependant, l’impact environnemental reste souvent considéré comme secondaire par rapport aux dimensions économiques, sociales et territoriales. Si de nombreux entrepreneur·e·s déclarent vouloir se fixer des objectifs en matière d’environnement, cette intention ne se traduit pas toujours par des actions structurées ou mesurées.
Le rapport souligne ainsi la nécessité de mieux outiller les porteurs de projet pour intégrer les enjeux environnementaux dès la conception de leur activité.
L’accompagnement associatif, pilier de l’entrepreneuriat d’intérêt général
Une partie centrale du document est consacrée au rôle des associations d’accompagnement, considérées comme des acteurs clés pour révéler et déployer l’utilité de l’entrepreneuriat.
La Fondation Entreprendre propose une définition de l’acte d’entreprendre comme le fait de transformer une idée en réalité, en mobilisant des personnes et des ressources, en créant des coopérations et en produisant de la valeur sous différentes formes.
L’accompagnement est structuré autour de trois dimensions complémentaires : la posture entrepreneuriale (état d’esprit et confiance), l’intention (clarification du projet et de ses objectifs) et le projet (mise en œuvre concrète dans une organisation viable). Les associations se distinguent par leur proximité avec les publics, leur capacité à toucher des personnes éloignées de l’emploi, leur ingénierie pédagogique et leur fonctionnement en réseau.
Effets positifs et effets de bord à anticiper
Le rapport met en évidence de nombreux effets positifs de l’entrepreneuriat lorsqu’il répond à des besoins réels : création d’activités utiles, développement de l’emploi local, renforcement du tissu économique et création de valeurs sociales, culturelles et environnementales.
Il souligne également l’impact significatif de certaines actions collectives à grande échelle, capables de favoriser l’inclusion de publics éloignés de l’emploi ou en situation de vulnérabilité.
Toutefois, le document met en garde contre certains effets de bord. L’entrepreneuriat peut parfois être présenté comme une solution par défaut au chômage, sans sécurisation suffisante des parcours. Dans ces conditions, l’échec entrepreneurial peut entraîner une précarisation économique et psychologique accrue, notamment pour les personnes disposant de peu de ressources initiales.
Freins identifiés et propositions pour déployer l’utilité d’entreprendre
Plusieurs freins structurels sont identifiés : manque de visibilité des dispositifs locaux, rigidité des appels à projets, financements insuffisamment adaptés aux réalités de terrain, faibles soutiens aux frais de structure des associations et sous-financement des coopérations entre acteurs.
Le rapport souligne également des inégalités territoriales importantes dans l’accès aux financements et à l’accompagnement, ainsi qu’un décalage entre les besoins des porteurs de projet et l’offre existante dans certains territoires fragiles.
Pour répondre à ces enjeux, la Fondation Entreprendre formule une série de propositions visant à construire un référentiel commun de l’entrepreneuriat, valoriser la diversité des modèles et des parcours, soutenir des expérimentations territoriales et transformer les modalités de financement. L’objectif est de sécuriser durablement les acteurs de l’accompagnement et de reconnaître l’entrepreneuriat comme un levier d’intérêt général à part entière.
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