Grand Prix ACF AutoTech : les candidatures ouvertes pour la 10e édition du concours startups automobile

L'actualité en bref
Le Grand Prix ACF AutoTech lance sa 10e édition : candidatures ouvertes pour les startups de l’automobile et de la mobilité jusqu’au 27 novembre.
L’Automobile Club de France et ESSEC Alumni lancent la 10e édition du Grand Prix ACF AutoTech, concours consacré aux startups de l’automobile et de la mobilité. Les candidatures sont ouvertes aux entreprises françaises et internationales jusqu’au 27 novembre 2026 à 23 h 59, avant une finale prévue le 28 avril 2027 à Paris.
Cette édition arrive dans une période décisive pour la filière, confrontée à l’électrification, au véhicule défini par logiciel, à l’intelligence artificielle et à la pression environnementale. Pour une jeune entreprise, être sélectionnée peut ouvrir l’accès à des industriels, investisseurs et experts difficiles à approcher autrement. Le bilan des promotions précédentes, avec 52 finalistes ayant levé plus de 700 millions d’euros depuis 2018, donne au concours un poids particulier auprès du marché.
Un rendez-vous installé dans l’écosystème automobile
Le Grand Prix ACF AutoTech 2027 franchit un cap symbolique avec sa 10e édition. Créé en 2018, il s’est progressivement imposé comme un point de rencontre entre startups, constructeurs, équipementiers, investisseurs et acteurs institutionnels de la mobilité.
Son périmètre dépasse largement la voiture au sens classique. Les dossiers peuvent concerner la recharge électrique, les logiciels embarqués, les capteurs, la maintenance prédictive, les matériaux avancés, la logistique, les services aux conducteurs, la mobilité partagée ou encore les procédés industriels. Cette diversité reflète la transformation du secteur, où la valeur se déplace autant vers le logiciel, la donnée et l’énergie que vers la mécanique.
Le concours revendique un historique solide : 52 finalistes depuis 2018, plus de 700 millions d’euros levés collectivement et seulement six défaillances recensées. Dans un univers où les cycles de vente sont longs, les prototypes coûteux et les exigences réglementaires élevées, ce taux de pérennité constitue un indicateur notable de la qualité de sélection.
Plusieurs entreprises passées par le dispositif illustrent cette amplitude, de Chargemap à Outsight, de ChargeGuru à Geolith, en passant par Carbon Waters, DiamFab, CetraC ou IoT.bzh. L’édition 2026 avait distingué Altrove, Bloomineral et IoT.bzh, montrant que le concours sait valoriser aussi bien la deeptech matière que le logiciel industriel.
Pourquoi l’IA, la deeptech et l’international deviennent centraux
L’orientation de cette édition anniversaire répond à une réalité économique. L’automobile européenne doit financer sa transition électrique, respecter des exigences climatiques renforcées et préparer la fin programmée, dans l’Union européenne, des ventes de voitures neuves émettant du CO2 à l’échappement à partir de 2035, sous réserve des réexamens prévus par les textes. Cette contrainte accélère la recherche de solutions plus sobres, plus industrialisables et plus compétitives.
L’intelligence artificielle occupe désormais une place transversale. Elle intervient dans la conception assistée, la simulation, le contrôle qualité, la maintenance, l’optimisation énergétique, la gestion de flotte et l’expérience utilisateur. Pour les startups, la différence se fera moins sur la promesse que sur la capacité à prouver la fiabilité des modèles, la qualité des données, la sécurité et la conformité aux exigences industrielles.
La deeptech répond à un autre enjeu : créer des avantages difficiles à copier. Batteries, électronique de puissance, recyclage, matériaux bas carbone, robotique, capteurs ou logiciels critiques demandent souvent des années de développement, mais peuvent générer de fortes barrières technologiques. Dans l’automobile, une innovation ne vaut pleinement que si elle peut passer du laboratoire à une chaîne d’approvisionnement robuste.
L’ouverture internationale est également cohérente avec la structure du marché. Une startup de la mobilité vise rarement un seul pays, car les volumes, les normes fournisseurs et les partenariats se jouent à l’échelle européenne, américaine ou asiatique. Le concours cherche donc à attirer des projets capables de dialoguer avec de grands donneurs d’ordre et de se déployer au-delà de leur marché d’origine.
Quatre trophées pour distinguer des maturités différentes
L’édition 2027 comprend quatre distinctions. Le Grand Prix ACF cible les startups les plus avancées, capables de démontrer une traction commerciale, une technologie éprouvée ou un potentiel de déploiement significatif. Le Prix Pionnier ACF s’adresse aux entreprises en phase d’amorçage, dont la force repose sur l’équipe, la différenciation et la crédibilité du marché visé.
La Mention GreenTech récompense la startup finaliste présentant l’impact environnemental positif le plus convaincant. Dans l’automobile, cet impact ne se limite pas aux émissions à l’usage. Il peut concerner l’allègement, la réduction de ressources critiques, la réparabilité, le réemploi, le recyclage, l’efficacité énergétique ou les procédés de fabrication. Les candidats ont donc intérêt à étayer leurs bénéfices par des indicateurs mesurables, idéalement proches d’une logique d’analyse de cycle de vie.
Le Prix de l’Industrialisation, organisé avec Bpifrance, est réservé aux anciens finalistes depuis 2018 ayant franchi une étape commerciale ou opérationnelle majeure. Cette catégorie met en lumière un défi central des startups industrielles : transformer un prototype prometteur en produit fiable, répétable, rentable et compatible avec les contraintes de production.
Un processus de candidature pensé comme un test stratégique
Le concours s’adresse aux entreprises de moins de 10 ans, détenues à au moins 50 % par des personnes physiques. Le dossier demandé repose sur un deck de 9 diapositives, avec un executive summary, l’équipe, le produit, le marché, la concurrence, le modèle économique, les synergies potentielles avec les partenaires et l’impact environnemental.
Cette structure oblige les fondateurs à clarifier les points examinés par les industriels et les investisseurs. La proposition de valeur doit être lisible rapidement, le marché adressable crédible, le modèle de revenus adapté aux cycles de décision automobiles et les avantages concurrentiels démontrés. La partie concurrence, attendue sur 3 à 5 acteurs, évite notamment de présenter une innovation comme isolée alors qu’elle s’inscrit presque toujours dans un paysage déjà actif.
Des annexes peuvent compléter le dossier pour détailler les technologies de rupture, ce qui est particulièrement utile aux projets deeptech. Les finalistes peuvent aussi demander l’exclusion d’un juré identifié comme concurrent direct, une protection importante lorsque des informations sensibles sont partagées.
Un réseau de partenaires et un calendrier précis
Le dispositif s’appuie sur des partenaires comme Crédit Agricole Personal Finance & Mobility, Fidal, Forvia, Motul, OPmobility, Renault Group, Renault Trucks au sein de Volvo Group et Bpifrance. Leur présence donne au concours une portée opérationnelle : les startups y cherchent de la visibilité, mais aussi des retours métiers, des contacts qualifiés et parfois de futurs clients ou partenaires industriels.
De nouveaux soutiens renforcent cette 10e édition. La FIA doit contribuer à un temps d’échange consacré à l’innovation autour de la finale. Leap4, fonds allemand doté de 100 millions d’euros, rejoint les neuf fonds de capital-risque partenaires. Chaque finaliste doit bénéficier d’une heure de coaching ou de revue d’investissement avec chacun d’eux, soit neuf heures d’échanges directs avec des investisseurs.
Born 2 Be Agency accompagnera les finalistes sur la prise de parole, un point souvent décisif pour rendre un projet technique compréhensible. Big Data & AI Paris doit relayer l’appel auprès des innovateurs de l’IA, tandis que Systematic Paris Region renforce l’ancrage deeptech du concours.
Les candidatures ferment le 27 novembre 2026 à 23 h 59. Les demi-finalistes seront annoncés le 12 janvier 2027, puis les six finalistes le 23 février 2027. La finale et la remise des prix auront lieu le 28 avril 2027 à l’Automobile Club de France, place de la Concorde à Paris.
Pour maximiser leurs chances, les candidats doivent privilégier un dossier clair, chiffré et orienté preuve. Dans un secteur où l’industrialisation, la sécurité, la conformité et l’accès au marché comptent autant que l’idée initiale, cette 10e édition représente à la fois une compétition, un filtre de crédibilité et une porte d’entrée vers l’écosystème automobile.
On aime aussi :
Alqui.io
Obtenez votre cap table au format VC instantannément, suivez vos BSPCE sans effort et modélisez vos futurs tours en 3 clics. Une plateforme : Alqui
Simulez votre cap table et les impacts