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Comment la fourche économise les coûts du marketing digital ?

#news Dernière mise à jour : 03/06/2026 à 09:52, publié le : 03/06/2026
  • Fondateurs : Lucas Lefebvre, Boris Meton et Nathan Labat

La Fourche explique comment elle échappe à la publicité digitale, nouvel impôt de la distribution.

En moyenne, entre 20 et 25 % des recettes d’un e-commerçant alimentaire sont investies dans la publicité en ligne. La Fourche a conçu son modèle pour s’en libérer et retourner cette différence directement à ses membres.

Dans le domaine du commerce en ligne, la visibilité a un coût. Pour se démarquer sur le web, une marque ou un distributeur doit continuellement acheter de l’attention : campagnes publicitaires sur Google, annonces sur Meta, retargeting, partenariats d’affiliation. Cela équivaut, dans la vente physique, au loyer d’un emplacement dans une zone commerciale. C’est une charge structurelle, imperceptible pour le consommateur, mais incluse dans chaque prix exposé. Les statistiques sectorielles confirment cette réalité sous différents angles. D’après Marketing LTB, 59 % des e-commerçants (toutes catégories confondues) consacrent plus de 30 % de leurs recettes à la publicité.

Le modèle d’adhésion en tant que solution structurelle

La Fourche a bâti son modèle selon un principe opposé. Avec son système d’adhésion annuelle fixé à 59,90 €, l’entreprise n’a pas besoin de reconquérir constamment ses membres : ceux qui intègrent la communauté reviennent sans avoir besoin d’être relancés par des campagnes publicitaires. En conséquence, les dépenses marketing de La Fourche ne représentent qu’environ 5 % de ses recettes, contrairement à 15 % à 30 % pour des concurrents similaires. Les 20 points d’écart moyens n’ont pas disparu, mais sont redistribués sous forme de réductions sur les produits. C’est l’essence même du modèle : échanger la fidélité contre un pouvoir d’achat accru, en évitant de passer par les intermédiaires publicitaires, plutôt qu’en asphyxiant les marges des producteurs ou en dégradant les conditions de travail des équipes. En 2025, ce système a permis à ses 170 000 membres d’économiser 18,8 millions d’euros (après déduction des frais d’adhésion) pour leurs achats quotidiens.

Un signal pour tout le secteur

Ce mécanisme soulève une question plus large pour le marché : dans quelle mesure le prix que paie le consommateur finance le produit qu’il acquiert, et dans quelle mesure il finance l’algorithme qui l’a promu ? À une époque où Google et Meta captent à eux seuls plus de la moitié des investissements publicitaires en France, le modèle d’adhésion offre une solution structurelle, et non un simple avantage momentané. La Fourche en est la preuve à grande échelle : en sept années d’activité, l’entreprise a généré 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, enregistrant une croissance de 36 %, sans jamais reposer sa réussite sur une escalade des dépenses publicitaires.

“Le prix d’un produit bio ne devrait pas financer les plateformes américaines. Notre conviction, c’est que cet argent appartient aux consommateurs français et que le modèle d’adhésion est le seul moyen de le leur rendre structurellement.”

La fourche en chiffres

– 400 € d’économies par an par adhérent sur un panier type France Bleu
– Plus de 150 000 membres
– Croissance de 76 % en 2023 et de 43 % en 2024, alors que le marché bio a chuté de -8,6 % en 2022 et -10 % en 2023
– 100 M€ de chiffre d’affaires en seulement sept ans
– 32,2 millions d’emballages plastiques économisés
– 90 000 tonnes de CO2 évitées
– Plus de 16 000 adhésions offertes à des foyers en difficulté