Baromètre du capital-risque en France : 1er semestre 2026

L'actualité en bref
EY publie son baromètre 2026 du capital-risque en France: 4,6 Md€ levés au S1, avec une forte concentration des méga-tours.
Baromètre du capital-risque en France : 1er semestre 2026
La French Tech a levé 4,6 milliards d’euros au cours des six premiers mois de 2026, selon le nouveau baromètre d’EY consacré au capital-risque en France. Malgré un nombre d’opérations en baisse, les montants investis progressent nettement, portés par quelques très grosses levées dans l’intelligence artificielle, la santé, la fintech, le quantique et la deeptech.
Pourquoi c’est important
Ce semestre confirme un changement de logique dans le financement des startups françaises. Les investisseurs privilégient moins le volume de dossiers que les sociétés capables de bâtir des infrastructures technologiques critiques. Pour les entrepreneurs, cela signifie une compétition plus forte pour accéder aux capitaux. Pour l’écosystème, c’est aussi un signal de maturité : les fonds se concentrent sur des secteurs jugés stratégiques pour l’économie européenne.
Moins de deals, mais des tours beaucoup plus importants
Entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, 280 entreprises françaises ont annoncé une levée de fonds en capital, contre 311 sur la même période en 2025. Le recul du nombre de sociétés financées atteint donc 10 %.
Mais en valeur, la tendance est inverse : les montants collectés bondissent de 65 %, passant de 2,68 milliards d’euros au premier semestre 2025 à 4,6 milliards d’euros un an plus tard. Il s’agit du troisième meilleur premier semestre pour la French Tech depuis la période Covid.
Cette évolution se reflète dans le ticket moyen, désormais supérieur à 16 millions d’euros, contre moins de 9 millions d’euros au premier semestre 2025. Autrement dit, moins de startups lèvent, mais celles qui y parviennent attirent des montants nettement plus élevés.
Cinq levées concentrent près de 2 milliards d’euros
Le haut du classement illustre cette polarisation du marché. Les cinq plus grosses opérations du semestre représentent à elles seules près de 2 milliards d’euros :
– Advanced Machine Intelligence (AMI Labs) : 890 millions d’euros
– Alan : 580 millions d’euros
– Pennylane : 175 millions d’euros
– Pasqal : 170 millions d’euros
– Bionyra Pharma : 145 millions d’euros
Ces entreprises couvrent plusieurs domaines devenus centraux dans la compétition technologique mondiale : intelligence artificielle, logiciel, finance, santé, informatique quantique et technologies de rupture.
Les logiciels et l’IA dominent les financements
Le secteur des logiciels, qui inclut notamment l’intelligence artificielle, s’impose comme le grand gagnant du semestre. Il concentre près de 1,8 milliard d’euros de levées, soit une progression de 110 % par rapport à l’année précédente. À lui seul, ce segment capte environ 40 % des capitaux investis en France.
La concentration est également géographique. L’Île-de-France absorbe plus de 80 % des montants levés. Avec l’Auvergne-Rhône-Alpes, elle représente l’essentiel des financements recensés sur la période.
Cette répartition confirme le poids toujours dominant de Paris et de sa région dans le financement de l’innovation, même si d’autres pôles technologiques français continuent de se structurer.
Une tendance européenne portée par les méga-tours
La France n’est pas un cas isolé. Le retour des très grosses levées s’observe aussi chez ses principaux voisins européens.
Le Royaume-Uni reste largement en tête, avec 14,6 milliards d’euros levés au premier semestre 2026, soit une hausse de 97 %. Plusieurs opérations majeures y illustrent l’ambition britannique de devenir un centre européen de l’intelligence artificielle et du calcul : Nscale avec 1,7 milliard d’euros, Isomorphic Labs avec 1,8 milliard d’euros, Wayve avec 1 milliard d’euros, Ineffable Intelligence avec 940 millions d’euros et Recursive Superintelligence avec 557 millions d’euros.
L’Allemagne affiche également une forte progression, avec 5,9 milliards d’euros levés, en hausse de 66 %. Les opérations de Neura Robotics à 1,2 milliard d’euros, Helsing à 1 milliard d’euros, Stark à 500 millions d’euros, Isar Aerospace à 270 millions d’euros et Focused Energy à 206 millions d’euros traduisent une orientation marquée vers l’industrie, la robotique, la défense, le spatial et l’énergie.
Une étude centrée sur les opérations publiquement annoncées
Le baromètre EY porte sur les levées de fonds propres réalisées par des entreprises françaises en création ou encore jeunes, lorsque le montant a été rendu public. Les données françaises s’appuient sur CF News, Dealroom.co et Maddyness. Pour l’Allemagne et le Royaume-Uni, EY utilise les données de Dealroom.co.
Les opérations de plus de 100 millions d’euros sont classées en Growth Equity, tandis que le capital-risque regroupe les tours inférieurs à ce seuil. Les secteurs retenus couvrent notamment les logiciels et services informatiques, la fintech, les sciences de la vie et les services Internet.
Une sélection plus stricte des champions européens
Le premier semestre 2026 montre que le capital-risque européen ne se contente plus de financer la croissance rapide des startups. Il cherche désormais à soutenir des entreprises capables de peser dans des domaines stratégiques : IA, quantique, santé, défense, robotique ou énergie.
Pour la French Tech, le rebond des montants levés est donc une bonne nouvelle. Mais il souligne aussi un défi : faire émerger davantage d’acteurs capables de rejoindre cette catégorie de champions technologiques, au-delà d’un nombre limité de très grosses opérations.
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