C-Clerc lève 1,2 M€ pour développer ses outils numériques dédiés aux offices notariaux

C-Clerc lève 1,2 M€ pour développer ses outils numériques dédiés aux offices notariaux

L'actualité en bref

C-Clerc lève 1,2 M€ pour accélérer son IA souveraine dédiée aux offices notariaux, déjà adoptée par près de 500 études.

Dernière mise à jour : 30/09/2026 à 14:39
Publié le : 30/09/2026
https://c-clerc.fr

C-Clerc a finalisé une levée de fonds de 1,2 M€ auprès d’ADNEXUS, le fonds d’investissement du Groupe ADSN, afin d’accélérer le développement de ses outils numériques pour les offices notariaux. Créée en 2023, la startup revendique près de 500 offices équipés et approche les 2 M€ de revenus récurrents annuels en moins de deux ans.

Cette opération illustre la montée en puissance d’un marché très vertical, où les professionnels réglementés recherchent des solutions capables de conjuguer productivité, conformité et protection des données sensibles. Pour les notaires, l’enjeu dépasse le simple CRM : il s’agit de mieux piloter la relation client sans sortir du cadre déontologique de la profession. La levée confirme aussi l’intérêt des investisseurs pour les logiciels métiers souverains, notamment lorsque l’intelligence artificielle est intégrée dans des environnements où la confidentialité est centrale.

Un financement pour passer de la traction commerciale à l’industrialisation

Avec ce tour de table de 1,2 M€, C-Clerc entre dans une phase plus structurante de son développement. La jeune entreprise, fondée par Leah Benguigui, Jacques Claire-Sagot et Clément Couadou, a déjà validé une partie importante de son marché : en moins de deux ans, elle a convaincu près de 500 offices notariaux, tout en construisant une équipe de plus de 25 collaborateurs.

Le financement apporté par ADNEXUS doit permettre d’élargir la feuille de route produit, de renforcer l’accompagnement client et d’accélérer le déploiement commercial. Pour une solution SaaS spécialisée, l’atteinte de près de 2 M€ d’ARR constitue un signal notable, car elle traduit à la fois une adoption récurrente, une capacité de monétisation et un besoin suffisamment fréquent pour justifier un abonnement métier.

Pourquoi la relation client devient stratégique pour les notaires

Le notariat français a déjà connu plusieurs vagues de numérisation, de la production électronique des actes à la signature à distance, en passant par l’archivage sécurisé et les échanges dématérialisés. Ces transformations ont d’abord porté sur le cœur juridique et documentaire de l’activité. La prochaine étape concerne davantage le pilotage de l’office, la qualité de service et la relation dans la durée avec les clients.

Un office notarial dispose généralement d’un patrimoine de données très riche : projets immobiliers, successions, donations, contrats de mariage, sociétés civiles, actes familiaux ou patrimoniaux. Pourtant, ces informations sont souvent sous-exploitées lorsqu’elles restent dispersées entre logiciels métiers, messageries, fichiers clients et historiques de dossiers. Un CRM spécialisé peut aider à structurer ces données, à mieux comprendre les besoins récurrents et à organiser des interactions utiles au bon moment.

Cette évolution doit toutefois respecter un cadre strict. Les notaires ne communiquent pas comme des entreprises commerciales classiques : leur communication est encadrée par les règles professionnelles, la confidentialité des dossiers et les obligations liées au secret professionnel. Une solution adaptée doit donc permettre des sollicitations ciblées, mais sans basculer dans une logique marketing incompatible avec la déontologie du secteur.

Un CRM augmenté par l’IA, pensé pour les contraintes du métier

C-Clerc se positionne comme un éditeur de solutions souveraines pour la performance des offices. Son produit central est un CRM interopérable avec les logiciels métier du notariat, enrichi par des fonctionnalités d’intelligence artificielle. L’objectif n’est pas seulement de stocker des contacts, mais d’aider l’office à segmenter sa clientèle, suivre les interactions, préparer des relances pertinentes et mesurer les retombées des actions engagées.

La valeur ajoutée d’un CRM vertical tient à sa compréhension des cas d’usage. Dans le notariat, une segmentation pertinente peut par exemple distinguer des clients concernés par une acquisition immobilière récente, une transmission patrimoniale, un changement de situation familiale ou la gestion d’une société. Ces signaux peuvent ensuite servir à organiser un suivi personnalisé, à condition de rester dans une démarche d’information et de service conforme aux règles applicables.

C-Clerc complète cette approche avec un plugin Outlook destiné à traiter certains flux de courriels, relances et dossiers grâce à l’IA. Pour les offices, où le volume d’échanges administratifs est élevé, l’automatisation peut réduire les tâches répétitives : classement, préparation de réponses, détection d’éléments manquants, suivi de demandes ou synthèse de conversations. Le gain attendu porte autant sur le temps administratif que sur la fiabilité du suivi.

Souveraineté, anonymisation et RAG réglementaire

Dans un secteur manipulant des données patrimoniales, familiales et financières, la question de l’hébergement et du traitement des informations est déterminante. C-Clerc met en avant une IA française, hébergée en France, ainsi qu’un dispositif d’anonymisation des données. Cette architecture répond à une attente croissante des professions réglementées : bénéficier des gains de productivité de l’IA sans exposer des informations sensibles à des environnements techniques mal maîtrisés.

Le recours à un RAG réglementaire constitue un autre élément clé. Cette technique, appelée génération augmentée par récupération, consiste à connecter un modèle d’IA à une base documentaire contrôlée et régulièrement mise à jour. Dans un contexte juridique, elle permet de limiter les réponses hors sol en rapprochant la génération de texte de sources internes, de procédures ou de contenus réglementaires validés.

Cette approche ne supprime pas le besoin de contrôle humain, surtout dans une profession où la responsabilité du notaire reste centrale. Elle peut toutefois améliorer la productivité si elle est utilisée pour préparer, résumer, classer ou assister, plutôt que pour décider à la place du professionnel. Les bonnes pratiques consistent à journaliser les traitements, restreindre les accès, minimiser les données utilisées et vérifier régulièrement la conformité avec le RGPD.

ADNEXUS, un investisseur aligné avec les professions réglementées

Le choix d’ADNEXUS est cohérent avec le positionnement de C-Clerc. Créé en 2023 et rattaché au Groupe ADSN, le fonds investit en pre-seed et seed dans des startups liées à la confiance numérique, au management souverain de la donnée et aux solutions pour les secteurs juridique, immobilier et conformité. Cette spécialisation peut apporter plus qu’un financement, en particulier lorsqu’un produit doit s’insérer dans des usages professionnels fortement normés.

Pour C-Clerc, l’enjeu des prochains mois sera de maintenir sa proximité métier tout en changeant d’échelle. La croissance d’un logiciel vertical repose sur un équilibre délicat : enrichir le produit, standardiser les déploiements, former les utilisateurs et conserver une excellente connaissance des contraintes opérationnelles. Dans le notariat, l’adoption dépendra aussi de la confiance accordée à l’éditeur, de la qualité de l’intégration aux outils existants et de la capacité à démontrer des gains concrets au quotidien.

Un modèle exportable à d’autres professions réglementées

Si le notariat reste la priorité, C-Clerc pourrait à terme appliquer une partie de ses briques technologiques à d’autres professions confrontées aux mêmes tensions : forte charge administrative, données sensibles, exigences de traçabilité, relation client encadrée et besoin d’outils plus intelligents. Avocats, experts-comptables, administrateurs de biens ou acteurs de la conformité partagent certains de ces enjeux, même si chaque marché impose ses propres règles.

La levée de fonds ne marque donc pas seulement une étape financière. Elle confirme l’émergence de logiciels d’IA conçus dès l’origine pour des secteurs réglementés, loin des assistants généralistes difficiles à auditer. Pour les entrepreneurs de la legaltech et de la proptech, le message est clair : la différenciation se joue désormais sur la spécialisation métier, la maîtrise des données et la capacité à transformer l’IA en outil fiable, conforme et réellement utile.

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