Il y a des écosystèmes qui aiment parler d’innovation. Et puis il y a Paris-Saclay, qui préfère la fabriquer.
Le 2 juin 2026, le Renault Group Technocentre de Guyancourt accueillera une nouvelle édition de SPRING 120, le rendez-vous qui met la deeptech face à celles et ceux qui peuvent l’accélérer : industriels, investisseurs, corporate venture, acteurs publics, grands groupes, experts métiers et partenaires stratégiques.
Cette année, la sélection se veut encore plus resserrée. Sur l’ensemble des startups issues de l’écosystème Paris-Saclay, 24 ont été retenues pour pitcher leurs technologies, leurs preuves de marché et leurs ambitions. L’objectif est clair : donner à voir une génération de startups deeptech déjà suffisamment mûres pour intéresser les investisseurs, les directions innovation et les partenaires industriels, mais encore assez tôt pour que les rencontres du 2 juin puissent vraiment changer leur trajectoire.
Le programme reflète bien la diversité de la deeptech française : digital technologies, green tech & food, industry & services, health-biotech. Quatre grandes familles, 24 visions, et un même point commun : résoudre des problèmes lourds, concrets, souvent industriels ou sociétaux, avec de la science, de la technologie et beaucoup d’exécution.
Côté digital technologies, la sélection donne le ton. On y croisera CLICKNCRYPT, issue de 15 ans de R&D au CEA et protégée par 16 brevets, qui travaille sur un chiffrement de confiance pour permettre aux entreprises de partager leurs données sans dépendre d’intermédiaires. HABS développe une IA capable de mesurer en temps réel l’état cognitif d’un utilisateur — émotions, douleur, concentration, stress ou charge mentale. Keyros, de son côté, commercialise une plateforme d’anticipation visuelle immédiate pour accélérer la prise de décision en situation de crise.
La séquence digitale met aussi en avant Qolumbus, qui développe une architecture quantique hybride mêlant qubits supraconducteurs et spins dans les semi-conducteurs, TrustalAI, qui veut rendre les prédictions IA réellement vérifiables en production, et Wingleet, dont l’agent IA spécialisé dans la maintenance aéronautique automatise le traitement et la vérification de conformité de la documentation technique. Autrement dit : de la cybersécurité, de l’IA de confiance, du quantique et de l’automatisation métier. Le genre de cocktail qui rappelle que la deeptech n’est pas un slogan, mais une chaîne de valeur.
Sur le volet green tech & food, SPRING 120 rassemble des startups qui s’attaquent frontalement à la transition climatique, industrielle et agricole. Aerleum développe une technologie de capture réactive du CO₂ capable de capter le CO₂ atmosphérique et de le convertir directement en carburants et molécules d’intérêt, à commencer par le méthanol. Bloomineral produit des minéraux à empreinte carbone négative grâce aux algues et à la lumière. UP&CHARGE travaille sur des bornes de recharge par induction pour véhicules électriques.
Dans la même catégorie, D. Terre développe une technologie de stabilisation enzymatique pour permettre l’usage industriel des enzymes hors laboratoire, notamment dans la cosmétique, la dépollution ou l’agroalimentaire. Lemna Labs mise sur les protéines de lentilles d’eau françaises pour créer des agents fonctionnels cosmétiques plus durables. ClimeRock, enfin, s’attaque à la capture durable du CO₂ via l’altération améliorée des roches, avec un double bénéfice annoncé : stocker du carbone et améliorer la santé des sols.
Côté industry & services, les cas d’usage sont immédiatement lisibles pour les industriels. ex9 automatise la logistique de parc grâce à des tracteurs autonomes électriques et une plateforme de pilotage de type “control tower”, avec des gains annoncés sur la performance opérationnelle, les coûts et les émissions de CO₂. Osborne Systems digitalise l’étude de conception des systèmes de mesure pour tous types de fluides dans le domaine de l’énergie. Opiris développe un système d’imagerie multimodal souverain pour améliorer la sécurité des militaires et les rendements industriels.
Cette verticalité industrielle se poursuit avec Summon, startup de Physical AI humanoïde pour l’entreprise, qui développe son propre robot, sa couche logicielle et l’intègre chez des clients dans la propreté et le manufacturing. Tinentale Caleno travaille sur l’amélioration de l’efficacité opérationnelle des machines industrielles existantes grâce à des ajustements en temps réel des points de consigne. Verne AM, enfin, démocratise l’impression de polymères haute performance comme le PEEK et le PEKK, destinés à remplacer le métal dans des applications critiques.
La santé et la biotech ne sont pas en reste. Health-biotech accueille Advanced Care Technologies, qui développe Digi’Skin, un dispositif médical non invasif de restitution sensorielle pour aider les personnes amputées ou atteintes d’hypoesthésies à retrouver le sens du toucher. e-miRgency propose un instrument de diagnostic in vitro permettant la détection directe et la quantification absolue des microARN dans le sang lors de biopsies liquides. NOETICA Pharma, spin-off du CEA, développe un candidat médicament first-in-class destiné à protéger et réparer le cerveau de nouveau-nés atteints d’encéphalopathie hypoxique-ischémique.
La sélection santé est complétée par Papilio.bio, qui développe une solution de dépistage du HPV à domicile, Persea, qui travaille sur un traitement de nouvelle génération contre les cancers solides, et ZebraMed, qui construit un Foundation Model pour décoder les mécanismes biologiques humains à partir d’une plateforme robotique agentique utilisant des larves de poisson zèbre comme capteurs de réponse biologique.
Ce qui frappe dans cette sélection, c’est moins l’effet catalogue que la cohérence d’ensemble. Ces 24 startups racontent une deeptech qui sort du laboratoire pour aller chercher le terrain : usines, hôpitaux, chaînes logistiques, infrastructures énergétiques, systèmes de défense, sols agricoles, lignes industrielles, décisions critiques. Une deeptech moins “waouh” que “utile”, moins démo que déploiement.
Pour les investisseurs, SPRING 120 offre un raccourci rare vers des dossiers qualifiés. Pour les industriels, c’est une opportunité de repérer des technologies susceptibles de transformer un métier, une chaîne de production ou une offre. Pour les startups, c’est un moment de visibilité, de connexions et, potentiellement, d’accélération.
Rendez-vous le 2 juin 2026, de 9h à 17h, au Renault Group Technocentre à Guyancourt, pour découvrir les 24 startups sélectionnées, assister aux pitchs et prendre le pouls de la deeptech Paris-Saclay.
La deeptech rencontre le business. Et cette fois, elle arrive avec 24 bonnes raisons de s’y intéresser.
