La startup Moderering se spécialise dans la détection et la modération automatisée des contenus illicites en ligne, avec une ambition : aider les plateformes et les acteurs publics à garantir des environnements numériques plus sûrs, plus conformes et plus respectueux.
Que proposez-vous ?
Créée en 2024 par Alexandre Sossou, Moderering est une startup européenne spécialisée dans la détection et la modération automatisée des contenus illicites en ligne.
Sa technologie repose sur des agents IA capables d’analyser des contenus, des signaux publics et des environnements numériques afin d’identifier, qualifier et prioriser les risques liés aux contenus problématiques : cyberharcèlement, contenus violents, violences sexuelles, contenus illicites ou générés par IA. Elle permet aux plateformes numériques de mieux protéger leurs utilisateurs en temps réel, et aux acteurs publics de renforcer leurs capacités de détection, d’analyse et de conformité.
Alors que les atteintes en ligne représentent désormais 12 % des atteintes à la personne enregistrées par les forces de sécurité intérieure en 2024, Moderering défend une nouvelle approche de la modération : agir dès les premiers signaux, à grande échelle, tout en limitant l’exposition humaine aux contenus traumatisants.
Comment avez-vous eu l’idée ?
Formé en European Studies à Aalborg University, au Danemark, avec une spécialisation en études de genre, Alexandre Sossou s’intéresse très tôt aux questions de régulation, de protection des publics vulnérables et d’encadrement juridique des espaces numériques. Cette approche européenne nourrit aujourd’hui la vision de Moderering : développer une technologie pensée pour le cadre réglementaire européen, notamment le Digital Services Act.
L’idée de Moderering naît d’un constat simple : les plateformes ont changé d’échelle, les violences aussi. Les contenus problématiques se diffusent plus vite que les dispositifs classiques de signalement, et les équipes humaines de modération sont exposées à des volumes impossibles à absorber, avec un coût psychologique majeur. Il fallait donc penser une solution capable d’agir plus tôt, plus vite et de manière plus structurée.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de vous lancer et de créer cette startup ?
Cyberharcèlement, deepfakes, contenus sexuels non consentis, vidéos violentes : on dénombre plus de 125 000 victimes d’atteintes numériques à la personne enregistrées en France en 2024. Avec Moderering, nous voulons faire de la modération une infrastructure de protection européenne, capable d’agir avant que le dommage ne se propage.
Derrière les chiffres, ce sont des violences bien réelles qui se prolongent en ligne : contenus intimes non consentis, deepfakes sexuels, cyberharcèlement coordonné, contenus pédocriminels ou vidéos violentes exposées à des mineurs. Pour Moderering, la modération ne peut plus être pensée comme une simple gestion de contenus : elle devient une infrastructure de protection, capable d’intervenir avant l’exposition, la viralité et la répétition du dommage.
C’est pourquoi Moderering veut apporter une réponse européenne, automatisée et scalable à un problème devenu massif : comment empêcher les contenus illicites d’atteindre leurs victimes, alors que les volumes publiés chaque jour rendent impossible une modération exclusivement humaine ?
Depuis combien de temps avez-vous commencé ce projet ?
Après mon parcours académique, je me suis formé au développement informatique et à l’intelligence artificielle en France, notamment via des bootcamps intensifs en software engineering, automatisation et IA.
En 2024, je fonde Moderering avec l’ambition de créer des agents IA capables d’identifier, qualifier et prioriser à grande échelle les contenus à risque : cyberharcèlement, contenus violents, violences sexuelles, contenus illicites ou générés par IA. Le projet est aujourd’hui au stade MVP, avec une première solution API-first, un tableau de bord d’analyse, des logs d’audit et des fonctionnalités de reporting de conformité.
À quel besoin répondez-vous ?
Alors que 35 à 37 % des jeunes de 6 à 18 ans déclarent avoir été touchés par du harcèlement ou du cyberharcèlement en 2025, et que 18 % se déclarent victimes de cyberharcèlement (e-Enfance 2025), la protection en ligne devient un enjeu de santé publique, de confiance numérique et de souveraineté technologique.
Le phénomène concerne aussi les organisations. En 2024, les demandes d’assistance liées au cyberharcèlement ont progressé de +31 % chez les particuliers, +533 % chez les collectivités et +566 % chez les entreprises, selon Cybermalveillance.gouv.fr.
Dans un marché mondial de la modération de contenus estimé à 11,63 Md$ en 2025 et projeté à 23,20 Md$ en 2030, Moderering entend s’imposer comme une solution européenne de référence pour les plateformes, les régulateurs, les acteurs publics et les organisations qui veulent protéger les utilisateurs, renforcer leur conformité et réduire l’exposition humaine aux contenus traumatisants.
Quel est votre cœur de cible ?
Moderering s’adresse d’abord aux plateformes qui hébergent des contenus générés par les utilisateurs : réseaux sociaux, marketplaces, communautés en ligne, hébergeurs, CDN, applications de rencontre, streaming, gaming ou services conversationnels à forte interaction.
La solution s’adresse également aux acteurs publics chargés de la sécurité numérique, de la lutte contre les contenus illicites, de la régulation ou de la supervision des plateformes. Notre conviction est que la modération va devenir un sujet aussi structurant que la cybersécurité : un prérequis pour protéger les utilisateurs, sécuriser la confiance et répondre aux obligations réglementaires.
Comment allez-vous vous faire connaître de vos clients ?
Notre stratégie repose sur trois leviers : la preuve, l’expertise et les partenariats. La preuve, d’abord, en démontrant concrètement notre capacité à analyser des environnements numériques complexes et à produire des signalements exploitables. L’expertise, ensuite, en prenant la parole sur les enjeux de modération, de DSA, de protection des mineurs, de violences en ligne et de souveraineté technologique. Les partenariats, enfin, avec des plateformes, des acteurs publics, des incubateurs et des écosystèmes engagés sur la sécurité numérique.
Moderering est incubée par Agoranov et soutenue par plusieurs dispositifs d’accompagnement, dont French Tech Tremplin, Diversidays Impact Positif, Empow’Her et Bpifrance. Ces réseaux nous permettent d’accélérer notre visibilité, d’entrer en relation avec les bons interlocuteurs et de consolider notre positionnement européen.
Quel est le business model ? Comment gagnez-vous de l’argent ?
Moderering repose sur un modèle SaaS B2B et B2G. Les clients peuvent accéder à la solution via une API, un tableau de bord d’analyse et des modules de reporting. Le modèle combine un abonnement mensuel, selon le niveau d’usage et les fonctionnalités activées, avec une facturation à l’unité analysée pour les volumes importants.
À terme, Moderering proposera également des options avancées : agents IA spécialisés, analyse multimodale renforcée, intégration sur mesure, déploiements entreprise ou on-premise pour les organisations ayant des contraintes fortes de sécurité, de confidentialité ou de souveraineté.
Quelles sont les technologies que vous utilisez ?
Moderering utilise des agents IA spécialisés capables d’analyser plusieurs types de contenus : texte, image, vidéo, URL et conversations. Chaque agent est entraîné pour détecter une famille de risques : cyberharcèlement, haine, racisme, extrémisme, fraude, violences sexuelles, contenus pédocriminels, contenus violents ou contenus générés par IA.
La solution fonctionne selon une logique de scoring et de priorisation. Elle ne se contente pas de repérer un contenu sensible : elle qualifie le niveau de risque, contextualise les signaux et permet de prioriser les cas les plus urgents. L’objectif est d’aider les plateformes et les acteurs publics à prendre des décisions plus rapides, plus documentées et plus conformes au cadre européen.
Moderering développe également des boucles de réentraînement afin d’améliorer continuellement la précision des modèles, tout en intégrant des logs d’audit et des rapports de conformité pour répondre aux exigences de traçabilité.
Quels sont vos besoins ?
Notre priorité est d’accélérer le développement produit, de renforcer l’infrastructure technique et de consolider les premiers déploiements commerciaux. Nous cherchons à recruter des profils techniques et business, à financer nos coûts cloud et GPU, et à structurer notre go-to-market auprès des plateformes et des acteurs publics.
Moderering prépare une levée de fonds pre-seed afin de financer 12 à 18 mois de développement, avec un objectif compris entre 250 000 et 400 000 euros. Cette levée doit nous permettre de passer du MVP à une solution industrialisée, intégrable à grande échelle.
Quels sont les plans pour votre startup ?
Notre objectif n’est pas de construire une technologie opportuniste, mais une entreprise européenne de référence sur la modération IA. À court terme, nous voulons consolider nos premiers cas d’usage, signer nos premiers clients pilotes et démontrer la robustesse de notre technologie dans des environnements réels.
À moyen terme, Moderering ambitionne de devenir une brique d’infrastructure pour les plateformes et les acteurs publics européens : une solution capable de combiner protection des utilisateurs, conformité réglementaire et souveraineté technologique. La levée de fonds est une étape pour accélérer ce déploiement, pas une fin en soi.
Qui sont vos principaux concurrents ?
Le marché compte déjà plusieurs acteurs internationaux de la modération, souvent positionnés sur des solutions hybrides combinant automatisation et intervention humaine. On peut citer des entreprises spécialisées dans la modération de contenus, la trust & safety, l’analyse de risques ou la conformité des plateformes.
Mais le véritable concurrent, aujourd’hui, reste souvent l’inaction ou la modération réactive : des dispositifs qui interviennent trop tard, après signalement, lorsque le contenu a déjà circulé et que le dommage est déjà produit. Moderering veut déplacer le curseur vers une modération plus préventive, plus rapide et plus conforme au cadre européen.
En quoi vous démarquez-vous de vos concurrents ?
Moderering se distingue par une approche 100 % automatisée, API-first, pensée dès le départ pour le cadre réglementaire européen. Notre solution ne vise pas seulement à retirer des contenus : elle cherche à identifier, qualifier et prioriser les risques avant qu’ils ne deviennent viraux ou ne causent un préjudice durable.
Notre différenciation repose aussi sur la spécialisation de nos agents IA, notre capacité multimodale, notre logique de traçabilité et notre positionnement souverain. Là où beaucoup d’outils sont conçus selon des standards anglo-saxons, Moderering veut proposer une réponse alignée avec les exigences européennes : protection des droits fondamentaux, conformité DSA, auditabilité et réduction de l’exposition humaine aux contenus traumatisants.
Quels sont vos avantages par rapport à vos concurrents ?
Notre premier avantage est la vitesse : détecter et prioriser des risques en temps réel, à l’échelle de volumes impossibles à traiter manuellement. Le deuxième est la spécialisation : chaque agent IA est pensé pour une typologie de risque précise, ce qui permet une analyse plus fine qu’un simple filtre générique.
Le troisième avantage est notre approche européenne. Nous ne considérons pas la modération comme un sujet uniquement technique, mais comme un enjeu de protection, de conformité et de souveraineté. Enfin, notre modèle réduit l’exposition des modérateurs humains aux contenus les plus traumatisants, tout en leur permettant de se concentrer sur les décisions les plus complexes lorsque l’intervention humaine reste nécessaire.
Où voyez-vous votre startup dans un an ?
Dans un an, nous voulons avoir validé plusieurs cas d’usage avec des plateformes et des acteurs publics, consolidé notre levée de fonds et renforcé notre équipe produit, IA et business.
Notre ambition est claire : faire de Moderering une solution européenne de référence en matière de modération IA, au service de la protection des utilisateurs, de la conformité et de la souveraineté numérique. À terme, nous voulons contribuer à faire évoluer la manière dont les plateformes pensent la sécurité : non plus comme une réaction après dommage, mais comme une protection intégrée dès la conception des environnements numériques.
