S’installer en exercice libéral demeure, aujourd’hui encore, un parcours semé d’embûches pour beaucoup de professionnels de santé : dénicher un cabinet adapté, discuter un bail, absorber les tâches administratives, financer le matériel… Autant de contraintes qui captent l’attention des praticiens avant même leur première consultation.
Avec plus de 70 centres en France et plus de 500 000 consultations déjà effectuées, la startup Via Sana entend apporter une solution à ces difficultés et franchit pour la première fois les frontières françaises. Le groupe annonce l’ouverture, en octobre 2026, d’un espace de 13 cabinets à Bruxelles. Déjà, plus de trente praticiens figurent sur liste d’attente.
Un défi de fond, une réponse concrète
Lancée en 2020, Via Sana est née d’un postulat simple : les soignants doivent pouvoir se consacrer pleinement à leurs patients. Or, les médecins et autres praticiens en libéral passent encore aujourd’hui un temps considérable sur des missions qui ne relèvent pas du soin : recherche d’un local, discussions autour du bail, entretien des lieux, gestion administrative… L’entreprise propose une autre voie : des cabinets prêts à l’emploi, équipés, gérés et disponibles immédiatement, pour commencer à exercer dès le premier jour.
En cinq ans, cette approche a séduit les grandes agglomérations françaises et Via Sana s’est imposée comme un acteur de référence sur ce marché : 700 professionnels de santé, répartis dans plus de 70 centres, ont déjà réalisé plus de 500 000 consultations. La dynamique s’est encore accélérée en 2025 avec l’entrée au capital du Fonds Stratégique des Transitions, piloté par ISALT et détenu en partie par la Caisse des Dépôts. Depuis, Via Sana a doublé ses effectifs et renforcé ses compétences opérationnelles et technologiques.
“Nos espaces pluridisciplinaires rompent l’isolement lié au libéral, qui ne correspond ni aux attentes des professionnels d’aujourd’hui ni aux exigences d’une santé moderne.
L’objectif assumé : ne plus déjeuner seuls, créer des synergies et transformer chaque pause-café en une opportunité d’échanges, de rencontres et de collaborations entre praticiens.” Ulysse Vallier, cofondateur de Via Sana
La Belgique : un marché porteur, sans acteur comparable
Depuis plusieurs mois, Via Sana analyse les marchés européens sur lesquels son modèle pourrait répondre au mieux aux besoins des professionnels de santé. Bruxelles s’est vite imposée comme la première étape logique : capitale européenne dense et cosmopolite, proche de la France sur les plans géographique et linguistique, elle fait face à des problématiques d’accès aux soins et d’installation des praticiens proches de celles du marché français.
La Belgique compte près de 142 000 professionnels de santé en activité, dont 56 000 médecins et 46 000 kinésithérapeutes (source : INAMI, 2024). Pourtant, aucun opérateur n’y propose aujourd’hui une offre intégrée comparable à celle de Via Sana, mêlant espaces physiques, outils numériques et accompagnement à l’installation.
Une première ouverture à Ixelles en octobre 2026 : une traction déjà visible
Les travaux ont commencé dans le premier centre bruxellois, situé au 412 F Chaussée de Waterloo, dans le quartier d’Ixelles. Sur 270 m², le site comprendra 13 cabinets et pourra accueillir médecins généralistes, spécialistes, psychologues, kinésithérapeutes ou encore ostéopathes.
L’intérêt du marché belge se confirme déjà : alors que la commercialisation débute à peine, une trentaine de praticiens ont déjà exprimé leur souhait d’y exercer. Un démarrage qui rappelle les premiers temps de Via Sana en France, où la demande des professionnels avait précédé toute campagne marketing.
Le début d’une expansion européenne
Avec son implantation à Bruxelles, Via Sana franchit une première marche dans sa stratégie internationale. La startup s’appuie sur cinq ans d’expérience opérationnelle en France, sur un modèle économique validé, sur des investisseurs institutionnels et sur une demande déjà avérée en Belgique.
Le problème traité par Via Sana dépasse en réalité les seules frontières françaises : simplifier l’exercice libéral des professionnels de santé constitue un enjeu à l’échelle européenne. Cette présence bruxelloise doit donc servir de tremplin à une expansion plus large, avec l’ambition d’ouvrir de nouveaux centres hors de France dès 2027.
« En Europe occidentale, les systèmes de santé ont beau être différents, le constat est frappant : la figure du praticien indépendant se retrouve partout, avec le même besoin fondamental de se libérer des contraintes du quotidien pour retrouver du temps médical. »
Louis Fosse, cofondateur de Via Sana
