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title: "Vertessima : Goodvest et Generali lancent un fonds en euros excluant les énergies fossiles"
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date: "2026-07-16T18:35:41+02:00"
modified: "2026-07-16T18:33:38+02:00"
author: "J'aime les startups"
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# Vertessima : Goodvest et Generali lancent un fonds en euros excluant les énergies fossiles

Peut-on sécuriser une partie de son épargne sans financer les entreprises développant de nouveaux projets pétroliers, gaziers ou charbonniers ? Goodvest et Generali Vie tentent de répondre à cette attente avec **Vertessima**, un nouveau fonds en euros intégré au contrat d’assurance-vie Goodvie.

 

Le support associe une garantie du capital, hors frais de gestion, à une politique d’exclusion renforcée des énergies fossiles. Pour accompagner son lancement, Generali garantit également un taux de participation aux bénéfices d’au moins **3 % net de frais de gestion pour 2026 et 2027**, sous plusieurs conditions.

 

Une proposition qui peut séduire les épargnants à la recherche de sécurité et de cohérence environnementale. Encore faut-il comprendre ce que recouvrent exactement les expressions « fonds en euros durable », « sans énergies fossiles » et « rendement garanti ».

 

## Un fonds en euros consacré à la finance durable

 

Vertessima est géré par Generali Vie et distribué dans un premier temps par Goodvest, au sein de son assurance-vie Goodvie, ainsi que par Green-Got. Generali prévoit ensuite de proposer ce fonds par l’intermédiaire d’autres partenaires en ligne et fintechs.

 

Comme les autres fonds en euros, Vertessima est directement géré par l’assureur. L’épargnant ne possède pas individuellement les actions ou les obligations détenues dans le portefeuille : il dispose d’une créance sur Generali Vie, qui garantit le capital selon les conditions du contrat.

 

Les actifs pourront être répartis entre plusieurs catégories :

 

– obligations d’entreprises  
 – obligations émises par des États  
 – actions  
 – actifs réels  
 – obligations vertes, climatiques ou sociales  
 – fonds de diversification classés Article 8 ou Article 9 du règlement SFDR.

 

Cette diversification doit permettre à l’assureur de rechercher du rendement sans dépendre d’une seule classe d’actifs. Elle signifie aussi que Vertessima n’est pas un fonds exclusivement investi dans les énergies renouvelables ou les entreprises « vertes ». Il s’agit plutôt d’un portefeuille diversifié auquel sont appliqués des filtres environnementaux et sociaux.

 

## Que signifie réellement « sans énergies fossiles » ?

 

La principale particularité de Vertessima réside dans sa politique d’exclusion.

 

Goodvest et Generali annoncent écarter les entreprises impliquées dans le développement des énergies fossiles, notamment dans le pétrole, le gaz et le charbon thermique ou métallurgique. Le dispositif s’appuie sur trois listes établies par l’ONG allemande Urgewald :

 

### Liste : Activités surveillées

 

GOGEL : Pétrole et gaz  
 GCEL : Charbon thermique  
 MCEL : Charbon métallurgique

 

Ces référentiels sont utilisés pour identifier les entreprises développant de nouveaux projets, augmentant leurs capacités de production ou dépassant certains niveaux d’exposition aux activités fossiles. La politique annoncée exclut notamment l’amont pétrolier et gazier ainsi que les principales activités liées au charbon.

 

D’autres exclusions concernent les armes controversées, le tabac et les émetteurs ne respectant pas certaines normes internationales relatives aux droits humains ou à la gouvernance.

 

L’expression « sans énergies fossiles » doit néanmoins être interprétée à partir de la méthodologie détaillée du fonds. Elle ne signifie pas nécessairement que chaque actif détenu possède une empreinte carbone nulle ou que chaque euro est directement affecté à un projet écologique.

 

Vertessima pourra, par exemple, détenir des obligations souveraines ou des titres émis par des entreprises diversifiées dont certaines activités ont encore une empreinte carbone. Le critère déterminant sera le respect des règles d’exclusion, des seuils retenus et des engagements publiés par le fonds.

 

## Goodvest prévoit une analyse supplémentaire du portefeuille

 

Goodvest ne souhaite pas se limiter à la politique de sélection mise en œuvre par Generali.

 

La plateforme doit recevoir la composition détaillée du portefeuille tous les six mois afin de pouvoir analyser les actifs ligne par ligne. Sa méthodologie prend notamment en compte :

 

– les émissions de gaz à effet de serre des scopes 1, 2 et 3  
 – la trajectoire climatique estimée des entreprises  
 – l’exposition aux secteurs considérés comme néfastes  
 – l’impact des activités sur la biodiversité

 

Les données climatiques et environnementales utilisées proviennent notamment de Carbon4 [Finance](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/fintech-legaltech/) et de CDC Biodiversité. Goodvest indique rechercher une trajectoire compatible avec un réchauffement maximal de 2 °C à l’horizon 2100.

 

Les épargnants doivent également recevoir chaque année un rapport présentant la répartition du portefeuille par secteur, zone géographique et classe d’actifs, ainsi que des exemples d’entreprises ou d’activités financées.

 

Cette transparence sera essentielle pour vérifier si les engagements initiaux sont respectés à mesure que le fonds collecte et investit de nouveaux capitaux.

 

## Article 8 SFDR : une obligation de transparence, pas un label vert

 

Vertessima est classé **Article 8** selon le règlement européen SFDR.

 

Cette classification signifie que le produit promeut des caractéristiques environnementales ou sociales et doit expliquer comment celles-ci sont intégrées dans sa stratégie. Elle ne signifie pas que tous les investissements du fonds sont durables ni qu’une autorité indépendante lui a accordé un label écologique.

 

Les produits Article 9 poursuivent, de leur côté, un objectif explicite d’investissement durable. Les produits Article 8 peuvent appliquer des exclusions, sélectionner les entreprises les mieux notées ou intégrer des critères ESG sans consacrer la totalité de leur portefeuille à des activités durables.

 

L’Autorité des marchés financiers a d’ailleurs souligné que les catégories SFDR ne comportaient pas initialement de critères environnementaux minimaux suffisamment précis. Le classement Article 8 constitue donc un élément d’information, mais il ne permet pas à lui seul d’évaluer l’ambition écologique d’un placement.

 

Dans le cas de Vertessima, ce sont surtout les listes d’exclusion, la composition réelle du portefeuille et les futurs rapports qui permettront de mesurer la portée de la stratégie.

 

## Un rendement minimal de 3 %, mais sous conditions

 

Generali garantit un taux de participation aux bénéfices minimal de **3 % net de frais de gestion** pour les années 2026 et 2027.

 

Cette offre concerne les nouvelles souscriptions ainsi que les versements libres ou programmés dont le dossier complet est reçu par Generali Vie entre le 15 juillet et le 31 décembre 2026. Le taux est calculé au prorata du temps pendant lequel les sommes restent investies sur Vertessima au cours de chaque année civile. L’offre pourra être modifiée ou interrompue avant la date annoncée.

 

Les 3 % sont :

 

– nets des frais de gestion du fonds en euros  
 – calculés avant les prélèvements sociaux  
 – calculés avant l’éventuelle fiscalité applicable lors d’un retrait

 

Les frais de gestion propres à Vertessima s’élèvent à **0,75 % par an**. Il convient néanmoins de consulter l’ensemble des conditions tarifaires du contrat Goodvie afin d’identifier d’éventuels autres frais liés au contrat, aux arbitrages ou aux unités de compte.

 

Le taux de 3 % ne doit pas non plus être interprété comme une performance garantie au-delà de 2027. Le rendement versé les années suivantes dépendra des résultats du fonds et de la participation aux bénéfices décidée par l’assureur.

 

## Vertessima est-il plus intéressant que le Livret A ?

 

La comparaison mise en avant avec le Livret A mérite quelques précisions.

 

À compter du 1er août 2026, le Livret A rapportera **1,7 % net d’impôt et de prélèvements sociaux**. Son argent reste disponible rapidement et son fonctionnement est particulièrement adapté à l’épargne de précaution.

 

Vertessima affiche un taux minimal supérieur, mais sa rémunération supporte les prélèvements sociaux et, selon la situation de l’épargnant, une imposition au moment d’un rachat. Il s’inscrit par ailleurs dans une assurance-vie, davantage conçue pour des projets à moyen ou long terme.

 

**Vertessima** VS **Livret A**  
 3 % minimum en 2026 et 2027 sous conditions – 1,7 % à partir d’août 2026  
 Taux avant prélèvements sociaux et fiscaux – Intérêts totalement exonérés  
 Garantie du capital hors frais de gestion – Capital garanti  
 Pas de plafond réglementaire comparable – Versements plafonnés à 22 950 €  
 Fiscalité avantageuse de l’assurance-vie à long terme – Épargne de précaution immédiatement accessible  
 Exclusions renforcées des énergies fossiles – Financement partiel du logement social et des politiques publiques

 

Les deux produits ne répondent donc pas exactement au même besoin. Le Livret A reste généralement plus adapté aux dépenses imprévues. Un fonds en euros peut compléter cette épargne pour sécuriser une partie d’un patrimoine à plus long terme.

 

## Un lancement prometteur qui devra faire ses preuves

 

Vertessima apporte une réponse à une faiblesse persistante de l’assurance-vie responsable : les unités de compte durables sont relativement nombreuses, mais les fonds en euros appliquant des exclusions fossiles strictes restent rares.

 

Le nouveau support associe trois arguments solides : la garantie du capital hors frais, un taux minimal de 3 % pendant deux ans et une méthode d’exclusion reposant sur des bases reconnues.

 

Sa crédibilité se mesurera toutefois dans le temps. Les épargnants devront notamment examiner la composition effective du portefeuille, la part d’investissements réellement durables, les éventuelles expositions indirectes et la qualité des rapports publiés.

 

Un fonds responsable ne se juge pas seulement à son nom ou à son classement SFDR. Il se juge surtout aux actifs qu’il détient réellement … parce que même en finance verte, le diable se cache souvent dans les petites lignes.