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title: "Vates lève 30 millions d’euros pour accélérer dans la virtualisation open source"
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date: "2026-10-06T15:17:27+02:00"
modified: "2026-10-06T15:14:54+02:00"
author: "J'aime les startups"
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# Vates lève 30 millions d’euros pour accélérer dans la virtualisation open source

Vates annonce une [levée de fonds](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-levee-de-fonds-startup-france/) de **30 millions d’euros** auprès d’IRIS et de Bpifrance afin d’accélérer son développement dans la virtualisation open source. Rentable depuis 2016, l’entreprise grenobloise revendique plus de 1 000 clients dans une centaine de pays, une forte exposition internationale et une croissance supérieure à 65 % en 2025.

 

Cette opération intervient à un moment où de nombreuses organisations réévaluent leurs choix d’infrastructure après la consolidation du marché autour de VMware et Broadcom. Pour les directions informatiques, la virtualisation reste un socle critique, car elle conditionne les coûts, la sécurité, la continuité d’activité et la capacité à migrer vers des architectures hybrides. Pour l’écosystème européen, Vates incarne aussi une voie possible entre dépendance aux grands fournisseurs américains et solutions internes difficiles à maintenir. La levée renforce enfin l’idée que l’**open source professionnel** peut soutenir des modèles économiques rentables sur des marchés d’infrastructure exigeants.

 

## Une levée de fonds pour changer d’échelle sans changer de modèle

 

Fondée en 2012 à Grenoble, Vates s’est construite sur un positionnement relativement rare dans l’infrastructure numérique : proposer une plateforme de virtualisation ouverte, commercialisée avec du support, des services professionnels et des outils d’administration adaptés aux environnements de production. L’entreprise développe notamment **XCP-ng**, un hyperviseur open source issu de l’écosystème Xen, et **Xen Orchestra**, une console de gestion destinée à administrer, sauvegarder, superviser et automatiser des environnements virtualisés.

 

La levée de 30 millions d’euros constitue une étape importante, car Vates n’était pas une société dépendante de financements successifs pour financer sa croissance. L’entreprise indique être rentable et autofinancée depuis 2016, ce qui change la nature de l’opération. Il ne s’agit pas d’un financement de survie ni d’un pivot stratégique, mais d’un apport de capital pour accélérer un modèle déjà validé commercialement.

 

IRIS intervient via son fonds Growth, tandis que Bpifrance participe à travers Large Venture, son véhicule dédié aux entreprises technologiques à fort potentiel. Le fait que les cofondateurs restent majoritaires au capital est un élément central du message envoyé au marché. Vates veut croître plus vite, mais sans abandonner son indépendance, son ancrage européen ni les principes d’interopérabilité et de réversibilité associés à l’open source.

 

## Pourquoi le marché de la virtualisation se recompose

 

La virtualisation consiste à faire fonctionner plusieurs machines virtuelles sur un même serveur physique grâce à un hyperviseur. Cette couche logicielle est devenue indispensable dans les datacenters, les clouds privés, les environnements de test, les infrastructures de secours, les plateformes de services managés et une partie des architectures hybrides. Elle permet d’améliorer l’utilisation du matériel, de déplacer des charges de travail, de standardiser les déploiements et de renforcer la résilience opérationnelle.

 

Ce marché semblait mature, mais il connaît une nouvelle phase de tension. Le rachat de VMware par Broadcom a modifié les équilibres commerciaux et contractuels pour de nombreux clients, en particulier lorsque les modèles de licences, les bundles et les conditions de support évoluent rapidement. Sans nécessairement abandonner leurs plateformes existantes du jour au lendemain, beaucoup d’entreprises cherchent désormais des alternatives crédibles pour éviter un verrouillage trop fort.

 

Ce mouvement ne concerne pas seulement les grands groupes. Les fournisseurs de services cloud, les hébergeurs, les collectivités, les établissements de santé, les industriels et les entreprises de taille intermédiaire ont tous des besoins similaires : maintenir des environnements fiables, contenir les dépenses, documenter les risques de dépendance et conserver une capacité de migration. Dans certains secteurs, la réglementation renforce aussi cette exigence, notamment lorsque les systèmes hébergent des données sensibles ou soutiennent des activités critiques.

 

Dans ce contexte, la promesse de Vates porte sur un triptyque clair : **maîtrise des coûts**, **contrôle technologique** et **liberté d’architecture**. L’open source n’élimine pas les coûts, car les entreprises doivent financer l’exploitation, la sécurité, les compétences et le support. En revanche, il peut réduire l’opacité contractuelle, faciliter les audits, améliorer la portabilité et limiter le risque qu’un fournisseur impose seul la trajectoire technique ou tarifaire.

 

## Des indicateurs commerciaux déjà internationaux

 

Vates revendique plus de 1 000 clients dans environ 100 pays et réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’export. L’Amérique du Nord représenterait près de la moitié de son activité, ce qui donne à l’entreprise un profil atypique pour un éditeur d’infrastructure français. Son marché n’est pas d’abord local ou européen : il est déjà mondial, avec une demande portée par les équipes IT qui cherchent des alternatives pragmatiques aux plateformes dominantes.

 

La croissance annoncée de plus de 65 % en 2025 suggère que la fenêtre de marché s’est élargie avant même l’apport de capitaux. L’entreprise compte aussi 150 collaborateurs et revendique plus de 2 millions de téléchargements, un indicateur utile pour mesurer l’adoption communautaire même s’il ne se confond pas avec le nombre de clients payants. Pour un éditeur open source, la conversion entre utilisateurs, contributeurs, prospects et clients sous support est précisément l’un des leviers économiques clés.

 

L’apparition annoncée de Vates dans le Magic Quadrant de Gartner consacré à la virtualisation en 2026 renforce sa visibilité auprès des grandes organisations. Ce type de reconnaissance n’est pas une garantie de succès, mais il joue un rôle réel dans les cycles d’achat des entreprises, notamment lorsque les directions achats et les comités de risques doivent comparer des fournisseurs. Pour une société française, être identifiée aux côtés d’acteurs mondiaux peut accélérer les discussions avec des comptes internationaux.

 

## Trois axes d’investissement pour soutenir la montée en puissance

 

La première priorité porte sur la technologie. Vates prévoit de renforcer la nouvelle génération de sa plateforme, avec des efforts sur la performance, le stockage, la sécurité, l’automatisation et la gestion d’environnements à grande échelle. Ces sujets sont décisifs, car la virtualisation moderne ne se limite plus à lancer des machines virtuelles : elle doit intégrer sauvegarde, réplication, orchestration, supervision, mises à jour, haute disponibilité et gouvernance des accès.

 

Le stockage est particulièrement stratégique. Dans les infrastructures virtualisées, la performance applicative dépend souvent autant de la couche disque et réseau que de l’hyperviseur lui-même. Les entreprises attendent des mécanismes robustes pour gérer les snapshots, les restaurations, la réplication intersites et la continuité d’activité. À mesure que les charges liées à l’IA, à l’analytique ou aux applications métiers deviennent plus consommatrices de ressources, la plateforme doit également mieux gérer l’allocation du calcul, de la mémoire et des entrées-sorties.

 

La sécurité constitue un autre chantier majeur. Les hyperviseurs et consoles d’administration disposent de privilèges élevés sur l’ensemble du système d’information, ce qui en fait des cibles sensibles. Les bonnes pratiques incluent le durcissement des accès, l’authentification forte, la segmentation réseau, la journalisation, les mises à jour régulières, les sauvegardes isolées et des tests de restauration. Pour convaincre les grands comptes, Vates devra continuer à démontrer que l’ouverture du code peut s’accompagner de processus industriels de sécurité et de support.

 

Le deuxième axe concerne l’internationalisation. Déjà très exportatrice, l’entreprise veut renforcer ses capacités commerciales et marketing, en particulier en Amérique du Nord et sur ses principaux marchés européens. Sur ce type de produit, la vente ne repose pas uniquement sur la notoriété : elle nécessite des preuves de migration, des références sectorielles, des partenaires capables d’intégrer la solution et des équipes de support disponibles pour des infrastructures qui fonctionnent en continu.

 

Le troisième axe vise l’écosystème. Distributeurs, intégrateurs, fournisseurs de services managés, hébergeurs et partenaires technologiques peuvent devenir des multiplicateurs d’adoption. Pour les clients, cet écosystème est souvent aussi important que le logiciel lui-même, car il conditionne la disponibilité des compétences, la qualité des migrations et la capacité à exploiter la plateforme dans la durée.

 

## Un enjeu de souveraineté, mais aussi de compétitivité

 

Le positionnement souverain de Vates ne doit pas être compris uniquement comme un argument politique. Pour les entreprises, la souveraineté numérique se traduit par des questions concrètes : où se trouvent les compétences, qui contrôle la feuille de route, quelles sont les dépendances contractuelles, comment migrer en cas de désaccord et quelles garanties existent pour les environnements critiques. Une solution européenne open source peut répondre à une partie de ces attentes, à condition d’offrir un niveau de fiabilité comparable aux standards du marché.

 

La levée de fonds donne à Vates les moyens de soutenir cette ambition, mais elle augmente aussi ses obligations d’exécution. L’entreprise devra recruter, structurer ses canaux, maintenir la qualité du support et prouver sa capacité à accompagner des migrations complexes. Le potentiel est réel : dans un marché où les clients veulent davantage de choix, la combinaison entre rentabilité, adoption internationale, technologie ouverte et capital de croissance peut faire de Vates l’un des acteurs à suivre dans l’infrastructure cloud hybride.