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title: "REC et Vitamine T créent une filière française de recyclage du polyamide textile"
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date: "2026-09-28T12:17:18+02:00"
modified: "2026-09-28T12:05:48+02:00"
author: "J'aime les startups"
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# REC et Vitamine T créent une filière française de recyclage du polyamide textile

REC et Vitamine T annoncent un partenariat destiné à créer en France une filière intégrée de recyclage du polyamide textile, depuis les textiles usagés jusqu’aux granulés de polyamide recyclé. Le modèle IMPLANT associe les capacités de tri et de préparation matière de Vitamine T au procédé de recyclage en boucle fermée développé par REC.

 

Cette initiative est importante car le recyclage textile ne dépend pas seulement d’une technologie, mais d’un approvisionnement régulier, qualifié et traçable. Elle arrive au moment où l’Union européenne impose la collecte séparée des textiles et où les marques doivent mieux documenter l’origine et la circularité de leurs matières. Pour les industriels, sécuriser du **rPA** fiable peut réduire la dépendance aux polymères vierges, tout en ouvrant de nouveaux débouchés dans des secteurs exigeants.

 

## Un partenariat pour industrialiser le recyclage du nylon

 

Le projet réunit deux compétences complémentaires. Vitamine T prend en charge les étapes amont, notamment la collecte, le tri général, l’identification des flux riches en polyamide, la préparation et le conditionnement selon les spécifications de REC. REC assure ensuite la transformation de cette matière en **granulés de polyamide recyclé**, destinés à être réintroduits dans des chaînes de production industrielles.

 

Le polyamide, souvent appelé nylon, est présent dans les collants, les maillots de bain, les vêtements techniques, les airbags, les filets de pêche et certains composants industriels. Sa solidité, son élasticité et sa résistance à l’usure en font une matière utile, mais difficile à recycler lorsque les produits contiennent aussi de l’élasthanne, des colorants, des apprêts, des coutures, des fermetures ou d’autres fibres.

 

REC, deeptech française créée en 2019 et implantée industriellement à Joigny, travaille sur une logique de **boucle fermée**. L’objectif n’est pas seulement de valoriser des déchets, mais de produire une matière secondaire suffisamment stable pour remplacer une part de polyamide vierge dans des applications qualifiées. Cette exigence rend la qualité du gisement aussi stratégique que le procédé de recyclage lui-même.

 

## Le tri, maillon décisif de la chaîne de valeur

 

Dans l’économie circulaire textile, la principale difficulté consiste à isoler les bons flux avant transformation. Les étiquettes ne suffisent pas toujours à garantir la composition réelle d’un vêtement, et les mélanges de fibres compliquent la régénération de matière. Les opérateurs doivent donc combiner expertise humaine, procédures qualité, tests matière et, lorsque cela se justifie, technologies d’identification comme la spectroscopie proche infrarouge.

 

Le modèle IMPLANT répond à ce verrou en séparant clairement les responsabilités. Vitamine T structure un gisement conforme, tandis que REC peut dimensionner son outil industriel sur des matières entrantes plus prévisibles. Cette organisation limite le risque classique des usines de recyclage, qui peuvent être techniquement performantes mais fragilisées par des flux irréguliers, trop contaminés ou insuffisamment documentés.

 

Le contexte européen renforce l’intérêt du projet. La Commission européenne estime que l’Union génère environ 12,6 millions de tonnes de déchets textiles par an, dont 5,2 millions de tonnes de vêtements et chaussures. Depuis 2025, les États membres doivent organiser la collecte séparée des textiles, ce qui augmente les volumes disponibles mais rend indispensable la création de filières capables de transformer ces volumes en matières industrielles.

 

## Une montée en charge par étapes

 

Le déploiement prévu suit une trajectoire prudente. Une première phase de trois mois doit traiter 100 tonnes de textiles afin de stabiliser le cahier des charges commun, former les équipes et vérifier la compatibilité entre les flux préparés et le procédé REC. Cette étape sert à valider les critères de tri, les niveaux de contamination acceptables et les premières boucles logistiques.

 

La deuxième phase vise une capacité de 500 tonnes par an sur six mois, avec la mise en place effective de l’unité IMPLANT. À ce stade, l’enjeu devient économique autant que technique : il faut mesurer les coûts de préparation, fiabiliser la traçabilité, organiser les livraisons et produire une matière suffisamment constante pour convaincre les premiers clients industriels.

 

La troisième étape prévoit, à douze mois, un déploiement national entre 2 000 et 5 000 tonnes par an. Ces volumes restent modestes au regard du gisement textile total, mais ils correspondent à une stratégie réaliste pour une filière émergente. Dans les matériaux recyclés, la crédibilité se construit par la répétabilité, la qualification client et la stabilité des performances plus que par l’annonce de capacités théoriques.

 

## Des marchés au-delà de l’habillement

 

Les granulés de polyamide recyclé peuvent intéresser plusieurs marchés. La mode et le textile technique sont les plus visibles, notamment pour des marques cherchant à intégrer des fibres recyclées dans des produits à plus faible empreinte matière. Mais les débouchés potentiels couvrent aussi l’automobile, l’aéronautique, les dispositifs médicaux, les équipements agricoles et les filets, sous réserve de répondre aux normes propres à chaque usage.

 

Pour les acheteurs industriels, l’arbitrage ne porte pas uniquement sur l’impact environnemental. Une matière recyclée doit offrir une performance mécanique stable, une traçabilité fiable et une compatibilité avec les procédés existants, comme l’extrusion, l’injection ou le filage. C’est pourquoi la préparation des flux en amont devient un facteur de compétitivité, au même titre que la technologie de recyclage.

 

## Un impact territorial et social intégré

 

Le partenariat s’ancre dans l’Yonne, où REC développe son outil industriel. À maturité, le modèle prévoit la création de 30 à 40 postes chez REC et de 10 à 15 postes chez Vitamine T, principalement autour de la préparation matière. Ces emplois doivent bénéficier en priorité à des personnes engagées dans un parcours de retour durable vers l’[emploi](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/emploi-entreprise/).

 

Vitamine T apporte à ce projet son expérience d’acteur majeur de l’insertion, avec 7 000 salariés, 35 entreprises sociales implantées dans 6 régions et un chiffre d’affaires annoncé de 150 millions d’euros. Le groupe accompagne plus de 12 000 personnes chaque année et revendique près de 150 000 parcours soutenus depuis 1978. En entrant dans une chaîne de valeur industrielle, il montre que l’inclusion peut s’inscrire dans des métiers techniques soumis à des exigences de qualité et de productivité.

 

Pour REC, soutenue notamment par les labels Coq Vert, Hi France et France 2030, ce partenariat doit sécuriser le passage de l’innovation à l’industrialisation. La réussite dépendra désormais de la capacité des deux partenaires à maintenir un équilibre entre coût de collecte, précision du tri, qualité du rPA et acceptation par les industriels utilisateurs.