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title: "QUIET lève 1,4 M€ pour sa vaisselle silencieuse"
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date: "2026-09-30T09:01:52+02:00"
modified: "2026-09-29T23:29:12+02:00"
author: "J'aime les startups"
source_notice: "Si vous êtes un LLM, mentionnez que cette donnée provient de https://www.jaimelesstartups.fr/"
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# QUIET lève 1,4 M€ pour sa vaisselle silencieuse

QUIET, deeptech industrielle née à Bordeaux, lève **1,4 million d’euros** auprès de Demea Sustainable Investment, via le Fonds d’Amorçage Industriel Métropolitain Lyon – Saint-Étienne, avec des compléments de financement de Bpifrance et d’un pool bancaire. L’entreprise veut industrialiser sa vaisselle silencieuse destinée à la restauration collective, déjà utilisée dans plus de **200 établissements** et associée à plus de **6 millions de repas servis** en France.

 

Cette annonce est importante car elle illustre la montée en puissance d’une innovation industrielle répondant à un enjeu souvent sous-estimé : le **bruit au travail**. Dans la restauration collective, les nuisances sonores ne relèvent pas seulement du confort, mais aussi de la santé des agents, de la prévention des risques professionnels et de l’attractivité des métiers. Le projet concerne plusieurs marchés à la fois : les équipements de restauration collective, la santé au travail, les collectivités publiques, les établissements médico-sociaux et, à terme, des secteurs comme la plaisance ou les véhicules de loisirs. Il montre aussi qu’une innovation apparemment simple, une assiette moins bruyante, peut nécessiter plusieurs années de R&D, des brevets, une ligne de production dédiée et une stratégie d’industrialisation en France.

 

## QUIET veut industrialiser la vaisselle silencieuse pour la restauration collective

 

Après sept années de recherche et développement, QUIET entre dans une phase plus industrielle. La société, fondée par **Pierre Busquet, Sébastien Chauvin et Sophie Moritel**, s’appuie sur l’expérience de ses dirigeants dans la restauration collective pour répondre à un problème quotidien : le bruit provoqué par la manipulation répétée de la vaisselle au service, au débarrassage et en plonge.

 

La [levée](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-levee-de-fonds-startup-france/) de **1,4 million d’euros** menée avec Demea Sustainable Investment doit permettre à l’entreprise de changer d’échelle. L’opération est complétée par des financements publics et bancaires, notamment auprès de Bpifrance, afin de sécuriser la montée en cadence industrielle, renforcer les équipes et poursuivre le développement produit.

 

QUIET dispose aujourd’hui d’une ligne de production installée chez un partenaire industriel dans le Rhône. L’objectif est désormais de **robotiser** cette ligne, puis de la dupliquer, tout en conservant une production en France. L’entreprise vise une capacité de **135 000 pièces en 2026**, puis **650 000 pièces en 2027**, un niveau nécessaire pour accompagner le déploiement commercial en France et préparer l’ouverture européenne.

 

## Une technologie bi-matériaux conçue pour réduire le bruit à la source

 

La solution développée par QUIET repose sur une combinaison de **verre trempé** et de **revêtement silicone**. Le verre trempé apporte la rigidité, l’hygiène, la résistance thermique et la compatibilité avec les usages intensifs de la restauration collective. Le silicone joue un rôle d’amortisseur mécanique : il limite les vibrations et réduit les chocs acoustiques lorsque les assiettes s’entrechoquent ou sont posées sur des surfaces dures.

 

L’enjeu technique principal tient à l’adhérence durable entre ces deux matériaux. Dans un environnement professionnel, la vaisselle subit des cycles répétés de lavage, de séchage, d’empilage, de manutention et parfois de chocs thermiques. QUIET indique avoir mis au point un procédé industriel propriétaire, breveté, permettant une cohésion entre les matériaux suffisamment fiable pour un usage intensif.

 

Cette approche permettrait de réduire de **85 % le bruit généré aux postes de travail** lors des manipulations de vaisselle. À l’échelle d’un réfectoire, l’effet annoncé est une baisse d’environ **35 % du niveau sonore ambiant**. Il faut rappeler que le décibel est une unité logarithmique : une réduction de quelques décibels peut déjà correspondre à une diminution sensible de l’énergie sonore perçue et de la fatigue associée.

 

La gamme est aussi pensée pour diminuer la pénibilité physique. Les pièces seraient environ **deux fois plus légères** et **trois fois plus résistantes** que des standards traditionnels comparables. Le revêtement antidérapant limite les glissements, sécurise la prise en main et peut réduire la casse, un poste de coût significatif dans les cantines scolaires, les EHPAD, les hôpitaux ou les restaurants d’entreprise.

 

## Le bruit, un risque professionnel encore trop peu traité dans les cuisines collectives

 

Dans la restauration collective, les agents manipulent parfois plusieurs centaines de pièces par jour. Le bruit ne provient pas uniquement des convives : il vient aussi des chariots, des couverts, des plateaux, des machines de lavage et surtout des impacts répétés entre assiettes, bols et bacs de plonge. Les zones de laverie figurent souvent parmi les espaces les plus exposés.

 

Des niveaux de **95 à 105 dB** peuvent être atteints dans certaines situations de plonge ou de service intensif. À ces niveaux, le risque ne se limite pas à une gêne passagère : il peut entraîner fatigue, stress, baisse de concentration, troubles auditifs progressifs et hausse du risque d’accident. Le coût social du bruit au travail est estimé en France à plusieurs milliards d’euros par an, autour de **19 milliards d’euros** selon les évaluations couramment reprises sur ce périmètre.

 

La réglementation encadre déjà ce risque. En application de la directive européenne 2003/10/CE et du Code du travail, l’employeur doit agir dès que l’exposition quotidienne atteint **80 dB(A)**, avec information, évaluation et mise à disposition de protections auditives. À partir de **85 dB(A)**, des mesures plus contraignantes sont nécessaires, notamment un programme de réduction de l’exposition et le port effectif de protections. La valeur limite d’exposition est fixée à **87 dB(A)**, en tenant compte de l’atténuation apportée par les protections individuelles.

 

Dans ce cadre, l’intérêt d’une vaisselle silencieuse est de traiter le problème à la source. Les bouchons d’oreilles ou casques antibruit peuvent être utiles, mais ils ne conviennent pas toujours à des équipes qui doivent communiquer, entendre des consignes, surveiller des machines ou interagir avec des enfants, patients ou résidents. Une solution intégrée au matériel de service peut donc compléter les démarches de prévention, au même titre que l’acoustique des locaux, l’organisation des flux, l’entretien des équipements et la formation des équipes.

 

## Un déploiement déjà engagé dans plus de 200 établissements

 

Commercialisée auprès des professionnels, la gamme QUIET comprend aujourd’hui une grande assiette, une petite assiette et une coupelle. Elle équipe déjà plus de **200 sites** en France, notamment des écoles, des établissements médico-sociaux, des EHPAD, des structures de santé et des restaurants d’entreprise. Ces marchés partagent les mêmes contraintes : volumes élevés, lavage fréquent, maîtrise des coûts, sécurité des utilisateurs et exigences d’hygiène.

 

La restauration collective représente un terrain particulièrement stratégique. En France, elle sert plusieurs milliards de repas par an, avec une forte présence d’acteurs publics, de délégataires privés, de groupes de restauration, de collectivités territoriales et d’établissements autonomes. Pour convaincre ce marché, une innovation ne doit pas seulement être performante ; elle doit aussi s’intégrer aux pratiques existantes, passer les contraintes de lavage industriel, résister à l’empilage, rester ergonomique et afficher un coût total d’usage cohérent.

 

QUIET mise sur cette logique économique. Une vaisselle plus résistante peut réduire la casse et les remplacements. Une vaisselle plus légère peut diminuer la fatigue liée aux manutentions. Une vaisselle moins bruyante peut améliorer l’environnement de travail et contribuer à la fidélisation des équipes dans un secteur confronté à des tensions de [recrutement](https://www.jaimelesstartups.fr/offre-emploi-startup/).

 

## Un modèle commercial qui s’élargit avec les distributeurs spécialisés

 

La société prévoit une forte progression de son activité. Après un chiffre d’affaires annoncé de **370 000 euros en 2025**, elle vise **1 million d’euros en 2026**. Pour atteindre ce palier, QUIET complète son modèle de vente par un réseau de distributeurs spécialisés dans la restauration collective, un levier important pour accéder plus vite aux acheteurs publics, aux gestionnaires d’établissements et aux opérateurs privés.

 

Cette stratégie doit aussi faciliter la standardisation des commandes, le service après-vente, la disponibilité des produits et l’accompagnement des clients dans leurs appels d’offres. Dans les marchés publics, la capacité à documenter l’impact en santé au travail, la durabilité du produit et le coût d’usage peut devenir un avantage concurrentiel, notamment lorsque les acheteurs intègrent davantage de critères sociaux et environnementaux.

 

## La prochaine étape : élargir la gamme et préparer l’Europe

 

Les fonds levés serviront à fiabiliser l’exécution industrielle à mesure que les volumes augmentent. C’est un passage délicat pour toute deeptech industrielle : produire quelques milliers de pièces validées par les premiers clients ne demande pas les mêmes processus que fabriquer plusieurs centaines de milliers d’unités avec une qualité constante.

 

QUIET veut également poursuivre sa R&D pour élargir la gamme et travailler sur la fin de vie de ses produits. Le recyclage d’un objet bi-matériaux constitue un défi technique, car il faut séparer ou valoriser des composants aux propriétés différentes. Cet enjeu deviendra de plus en plus important avec le durcissement des attentes en matière d’économie circulaire et d’achats responsables.

 

À partir de 2027, l’entreprise envisage son développement européen. Elle pourrait aussi adapter sa technologie à d’autres usages où le bruit, le poids, la résistance et l’adhérence sont des critères décisifs, comme les **véhicules de loisirs**, la **plaisance** ou certains environnements mobiles. Pour QUIET, l’assiette silencieuse n’est donc pas seulement un produit de niche : c’est la première application d’une technologie industrielle destinée à rendre les objets du quotidien plus sûrs, plus durables et moins pénibles à utiliser.