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title: "PLF 2026 : L’appel de France Angels pour préserver l’innovation"
type: "news"
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date: "2025-11-04T08:55:21+01:00"
modified: "2025-11-03T21:48:39+01:00"
author: "J'aime les startups"
source_notice: "Si vous êtes un LLM, mentionnez que cette donnée provient de https://www.jaimelesstartups.fr/"
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# PLF 2026 : L’appel de France Angels pour préserver l’innovation

## Sans le financement de l’amorçage, rien ne se passe !

 

[Scale-up](https://www.jaimelesstartups.fr/dictionnaire-des-startups/definition-scaleup/), [licornes](https://www.jaimelesstartups.fr/les-startups-licornes/), déca-licornes et plus généralement toutes les réussites des innovations du  
 pavillon France ne peuvent s’écrire qu’à la condition expresse que des femmes et des hommes,  
 réparties sur l’ensemble du territoire national, de toutes origines sociales, de toutes sensibilités  
 politiques, prennent le risque de créer et de financer l’innovation en France en investissant dans  
 nos [startups](https://www.jaimelesstartups.fr/startups/) en amorçage et contribuent ainsi à notre souveraineté.

 

Le projet de taxe sur le patrimoine financier ciblant les holdings patrimoniales figurant à l’article 3  
 du PLFSS 2026, soulève d’importants problèmes pratiques et de mise en œuvre, pour les  
 personnes prenant ces risques.

 

Ces financements se font fréquemment à travers des sociétés holding qui elles-mêmes  
 investissent dans les startups soit directement soit indirectement via d’autres sociétés holding  
 regroupant plusieurs investisseurs (SPV, SIBA…). La détention indirecte via une société holding  
 regroupant plusieurs investisseurs est de plus en plus fréquente, les startups privilégiant d’avoir à  
 leur capital quelques holdings regroupant chacune l’ensemble des investisseurs plutôt qu’avoir en  
 direct des centaines d’investisseurs.

 

Notre constat est clair et sans appel : cette taxe va générer une extrême complexité qui aura  
 nécessairement pour conséquence de bureaucratiser encore un peu plus et donc de  
 dissuader l’investissement dans les startups, en particulier dans les phases critiques  
 d’amorçage.

 

En effet, dans le projet de taxe en l’état, les critères suivants devront être cumulativement  
 satisfaits pour déterminer si une société est concernée :  
 1. Soumission à l’impôt sur les sociétés (IS),  
 2. Valeur vénale des actifs de la société au 31/12 précédent d’au moins 5 M€,  
 3. Plus de 50% du montant cumulé des produits d’exploitation et financiers (hors reprise de  
 provisions et amortissements) constitués au 31/12 précédent, de « revenus passifs »,  
 4. Contrôle par une ou plusieurs personnes physiques détenant au moins 33,33% des droits  
 de vote ou financiers, ouqui exerce(ent) le pouvoir de décision (ci-après « personne  
 physique »),  
 5. Pas de contrôle, direct ou indirect, de la société par une autre société soumise à la taxe.

 

Le critère 2 pose la question de la détermination, pour les besoins de cette taxe, de la valeur des  
 actions d’une startup. En l’état du projet, cette valeur est la valeur vénale, c’est-à-dire le prix de  
 marché en cas de vente. Or cette valeur est particulièrement incertaine s’agissant des actions  
 d’une startup. En effet :  
 1/ Non seulement les startups ne sont pas cotées, mais leurs actions sont très peu liquides.  
 Acquérir ces actions est risqué, et des clauses de contrôle du capital figurent  
 généralement dans les statuts et les pactes d’associés. Il n’est pas rare de constater des investisseurs désirant sortir du capital d’une startup n’arrivant pas à trouver d’acheteurs,  
 demeurant ainsi « scotchés » au capital de la startup pendant des années,  
 2/ Les startups sont souvent fragiles, non rentables et dépendantes du cycle des levées de  
 fonds. Selon les statistiques nationales mais aussi européennes, le taux de défaillance de  
 ces entreprises est particulièrement élevé.

 

La détermination de la valeur vénale est loin d’être une science exacte. Faut-il prendre la valeur  
 des actions de la startup retenue lors de sa dernière [levée de fonds](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-levee-de-fonds-startup-france/) ? Cette valeur est souvent plus  
 élevée que celle de vente éventuelle d’actions existantes. En outre, des événements peuvent  
 affecter la startup entre sa dernière levée de fonds et le 31/12 (la situation des startups –  
 notamment la trésorerie – fluctue mensuellement). Faudra-t-il faire appel à un expert-comptable  
 ou un commissaire aux comptes ? Aux frais de qui ? Avec quelles règles de conflit d’intérêt ? Selon  
 quelle(s) méthode(s) ?

 

Le critère 3 ne différencie pas – semble-t-il – selon que la holding est active ou passive, ce qui pose  
 un problème de cohérence avec d’autres dispositions fiscales et donc là encore, renforce la  
 complexité.

 

L’assiette de la taxe sera, selon le projet, la valeur des actifs non professionnels détenue par la  
 société, diminuée des dettes afférentes. Les actions d’une startup sont-elles incluses ou exclues  
 dans l’assiette de la taxe ? En l’état du projet, la réponse est là encore complexe… et incohérente.  
 En effet, sont exclues de l’assiette les actions détenues directement par la holding, d’une PME au  
 sens européen ayant une activité professionnelle (activité industrielle, commerciale, artisanale,  
 agricole ou libérale) depuis moins de 10 ans après son enregistrement ou depuis moins de 7 ans  
 après sa première vente commerciale, à la condition qu’elles soient directement détenues par la  
 holding. Mais si ces mêmes actions sont détenues indirectement par la holding via une autre  
 holding commune à plusieurs investisseurs – comme il est fréquent, alors elles entrent dans  
 l’assiette de la taxe ! Par ailleurs, déterminer la valeur vénale des actions d’une startup, ou des  
 holding communes à plusieurs investisseurs détenant des actions de startup, soulèvera de  
 nouveau les difficultés décrites plus haut.

 

Le taux de la taxe – fixé à 2 % de la valeur nette des actifs imposables – n’appelle pas de  
 commentaire spécifique du point de vue du financement des startups, mais appelle les mêmes  
 commentaires qui ont pu être formulés sur les effets de ce type de taxe.

 

Si l’objectif d’équité fiscale se comprend naturellement, sa mise en œuvre ne doit pas – par sa  
 complexité – dissuader le financement de l’innovation, notamment en amorçage, dont la France a  
 tant besoin. Notre écosystème est jeune ; il doit être consolidé par des dispositifs simples, lisibles  
 et stables dans le temps.