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title: "PHOCEA DC lève des fonds et engage plus de 120 millions d’euros pour déployer des datacenters de proximité à Marseille"
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author: "J'aime les startups"
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# PHOCEA DC lève des fonds et engage plus de 120 millions d’euros pour déployer des datacenters de proximité à Marseille

PHOCEA DC sécurise un financement majeur, porté par l’entrée au capital du fonds paneuropéen Marguerite et complété par de la dette bancaire, afin de lancer un plan d’investissement de plus de **120 millions d’euros**. L’entreprise marseillaise veut déployer un réseau de **datacenters Edge** urbains, sobres en ressources, souverains et mieux intégrés aux besoins énergétiques de la ville.

 

Cette annonce est importante parce qu’elle intervient au moment où la demande en capacité numérique explose sous l’effet du cloud, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la numérisation des services publics. Elle propose une alternative aux grands campus hyperscale, souvent contestés pour leur consommation électrique, leur emprise foncière et leur acceptabilité locale. Pour les entrepreneurs, opérateurs télécoms, établissements de santé, collectivités et prestataires IT, le sujet touche directement à la **souveraineté des données**, à la latence, à la continuité d’activité et à la conformité réglementaire. Marseille, déjà stratégique grâce à ses câbles sous-marins, pourrait devenir un laboratoire européen du datacenter urbain responsable.

 

## PHOCEA DC change d’échelle avec un plan d’investissement de 120 millions d’euros

 

PHOCEA DC franchit une étape structurante dans son développement. L’opérateur marseillais de datacenters souverains annonce une [levée de fonds](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-levee-de-fonds-startup-france/) majeure menée par **Marguerite**, fonds d’infrastructure paneuropéen positionné sur les actifs essentiels de long terme. L’opération bénéficie également de financements bancaires et doit permettre de mobiliser plus de **120 millions d’euros** pour créer un maillage de centres de données de proximité dans Marseille.

 

Ce changement de dimension intervient rapidement. Fondée en 2023 par Damien Desanti, l’entreprise avait déjà levé 5 millions d’euros auprès de Reflexion Capital pour financer son premier site. Celui-ci, inauguré en janvier 2025 dans le 3e arrondissement de Marseille, représente environ **1 700 m²** pour **1,2 MW** de capacité IT. Il vise un **PUE de 1,2**, un niveau d’efficacité énergétique élevé pour un datacenter urbain, et répond aux standards attendus par les clients professionnels avec des certifications telles que **ISO 27001**, **HDS**, **PCI-DSS** et **ISO 22301**.

 

Le nouvel investissement ne vise pas à construire un campus géant en périphérie, mais à multiplier des sites de taille maîtrisée, répartis dans la ville. Un deuxième datacenter est déjà en développement. Cette stratégie répond à une contrainte de plus en plus forte dans le secteur : les besoins numériques augmentent vite, mais les collectivités demandent des infrastructures moins consommatrices de foncier, d’eau et d’électricité, ainsi qu’un meilleur retour local.

 

## Pourquoi le modèle Edge répond à une demande que les hyperscalers ne couvrent pas toujours

 

Le marché mondial des datacenters connaît une accélération sans précédent. Les usages d’intelligence artificielle, le streaming, les objets connectés, les services cloud et la dématérialisation des entreprises tirent la demande en puissance de calcul. Les grands acteurs du cloud construisent des campus de plusieurs dizaines, voire centaines de mégawatts, capables d’absorber d’immenses volumes de données. Ces infrastructures sont indispensables pour l’entraînement de modèles d’IA, le stockage massif ou les plateformes numériques mondiales.

 

Mais elles ne répondent pas à tous les besoins. Les entreprises locales, les collectivités, les hôpitaux, les opérateurs télécoms ou les fournisseurs d’infogérance ont souvent besoin de capacités proches des utilisateurs, avec une latence réduite, une maîtrise juridique claire et une relation de service de proximité. C’est précisément le rôle du **Edge computing** : rapprocher le traitement et l’hébergement des données de leur lieu de production ou d’utilisation.

 

Dans une ville comme Marseille, cet enjeu est particulièrement sensible. La métropole est l’un des principaux hubs Internet mondiaux grâce à l’atterrissage de **seize câbles sous-marins**, qui la relient à l’Afrique, au Moyen-Orient, à l’Asie et au reste de l’Europe. Cette position attire des opérateurs, des fournisseurs cloud, des acteurs télécoms et des entreprises internationales. Pour autant, la valeur créée par cette connectivité ne bénéficie pleinement au territoire que si une partie de l’infrastructure reste ancrée localement, accessible aux acteurs économiques régionaux et exploitée dans un cadre juridique français et européen.

 

## Un datacenter urbain doit prouver son utilité pour la ville

 

La principale difficulté des datacenters n’est plus seulement technique. Elle est aussi territoriale. Partout en Europe, les projets sont désormais évalués selon leur consommation électrique, leur usage de l’eau, leur impact sur le réseau, leur contribution à l’artificialisation des sols et leur compatibilité avec les politiques climatiques locales. Marseille et la métropole Aix-Marseille-Provence ont d’ailleurs renforcé leur vigilance sur ces sujets, avec des orientations récentes visant à mieux encadrer l’accueil de nouvelles infrastructures numériques.

 

PHOCEA DC défend un modèle différent de celui des grands parcs informatiques isolés. L’entreprise prévoit de s’installer sur du foncier déjà urbanisé, notamment des bâtiments industriels sous-utilisés ou délaissés. Cette approche réduit la pression sur les terrains vierges et peut contribuer à la requalification de zones urbaines existantes. Pour une collectivité, l’intérêt est double : accueillir une infrastructure numérique stratégique tout en limitant l’étalement urbain.

 

L’autre enjeu central concerne l’énergie. Un datacenter transforme l’essentiel de l’électricité consommée par ses serveurs en chaleur. Dans un site éloigné de tout consommateur thermique, cette chaleur fatale est souvent difficile à valoriser. En ville, elle peut devenir une ressource. Les prochains sites de PHOCEA DC doivent être conçus pour alimenter des **réseaux de chaleur urbains** ou des consommateurs proches, comme des logements, des équipements publics, des activités industrielles ou tertiaires. Ce principe est déjà expérimenté dans plusieurs pays européens, notamment dans les pays nordiques, où la récupération de chaleur des datacenters contribue au chauffage de quartiers entiers.

 

## Sobriété technique : PUE, refroidissement et consommation d’eau

 

La performance environnementale d’un datacenter se mesure en grande partie à son efficacité énergétique. Le **PUE**, ou Power Usage Effectiveness, compare l’énergie totale consommée par le site à l’énergie réellement utilisée par les équipements informatiques. Un PUE de 1,2 signifie que pour 1 kWh consommé par les serveurs, 0,2 kWh supplémentaire est nécessaire pour le refroidissement, l’alimentation électrique, la sécurité et les équipements auxiliaires. À titre de comparaison, les datacenters anciens ou mal optimisés peuvent dépasser 1,6 ou 1,8.

 

PHOCEA DC met également en avant l’absence de consommation d’eau pour le refroidissement. Ce point devient critique dans un contexte de stress hydrique croissant, notamment dans le sud de la France. Certains systèmes de refroidissement évaporatif permettent d’améliorer l’efficacité énergétique, mais au prix d’une consommation d’eau significative. Le choix de solutions sans eau peut donc renforcer l’acceptabilité locale, surtout lorsque les datacenters s’implantent dans des zones urbaines exposées aux tensions climatiques.

 

L’alimentation énergétique constitue un autre axe de différenciation. Le premier site utilise déjà de l’énergie renouvelable, et les futurs sites doivent s’appuyer sur des contrats d’énergie au minimum décarbonée, avec une priorité donnée aux sources renouvelables lorsque cela est possible. Pour les clients, ce point compte de plus en plus dans les bilans carbone, les politiques RSE et les obligations de reporting extra-financier, notamment pour les grandes entreprises soumises à la directive européenne **CSRD**.

 

## Souveraineté, conformité et marchés adressés

 

Le positionnement souverain de PHOCEA DC répond à une inquiétude croissante des organisations européennes : savoir où sont hébergées leurs données, sous quel droit elles sont exploitées et par qui les infrastructures sont contrôlées. Pour les acteurs publics, les hôpitaux, les entreprises critiques ou les prestataires numériques, ces questions ne sont plus secondaires. Le **RGPD**, la directive **NIS2**, les exigences liées aux données de santé et les politiques de cybersécurité imposent des garanties renforcées sur l’hébergement, la résilience et la traçabilité.

 

Les certifications obtenues par PHOCEA DC couvrent plusieurs besoins. ISO 27001 atteste d’un système de management de la sécurité de l’information. HDS concerne l’hébergement de données de santé, un marché particulièrement exigeant. PCI-DSS s’applique aux environnements manipulant des données de paiement. ISO 22301 porte sur la continuité d’activité, essentielle pour les organisations qui ne peuvent pas se permettre une interruption de service.

 

Les marchés visés sont nombreux : collectivités locales, établissements de santé, PME et ETI régionales, opérateurs télécoms, fournisseurs de services managés, éditeurs SaaS, acteurs de la cybersécurité, industriels connectés et entreprises ayant besoin de plans de reprise d’activité. À moyen terme, l’essor de l’IA d’inférence, plus proche des usages quotidiens que l’entraînement massif de modèles, pourrait renforcer l’intérêt de datacenters Edge capables de traiter certaines charges localement avec une faible latence.

 

## Marseille comme modèle exportable pour les datacenters responsables

 

Avec l’appui de Marguerite, PHOCEA DC cherche à démontrer qu’un datacenter peut devenir une infrastructure urbaine utile, et non un simple consommateur d’énergie installé aux portes de la ville. L’expertise du fonds dans les infrastructures numériques, les réseaux de fibre optique, les câbles sous-marins et les centres de données apporte à l’entreprise un partenaire financier habitué aux actifs de long terme et aux critères ESG.

 

L’enjeu dépasse Marseille. Si le modèle fonctionne, il pourrait être répliqué dans d’autres métropoles françaises et européennes confrontées au même dilemme : soutenir la croissance numérique sans sacrifier les objectifs climatiques, le foncier disponible ni l’acceptabilité sociale. Pour les professionnels de l’innovation, cette annonce signale une évolution du marché. La prochaine génération de datacenters ne se jouera pas uniquement sur la puissance installée, mais sur la capacité à combiner **proximité**, **sobriété**, **résilience**, **souveraineté** et contribution concrète au territoire.