Les ventes au détail des alternatives végétales ont augmenté de 21 % en France en deux ans
L’organisation à but non lucratif Good Food Institute Europe, un think tank dédié aux protéines alternatives, dévoile aujourd’hui une nouvelle étude sur les ventes en magasin de cinq familles d’alternatives végétales en France entre 2023 et 2025, à partir des données Circana¹. Cette analyse souligne la poursuite de la montée du secteur, portée par la hausse des volumes écoulés et par un intérêt toujours plus marqué des consommateurs.
Un marché qui poursuit son expansion
En 2025, le chiffre d’affaires réalisé dans cinq segments d’alternatives végétales – viande, lait et boissons, fromage, yaourt et crème – a atteint 572 millions d’euros au total, en hausse de 11 % sur un an et de 21 % par rapport à 2023.
Sur ces cinq segments, les acheteurs français ont, en 2025, acquis :
250 millions d’unités d’alternatives végétales, soit 14 % de plus qu’en 2024 ;
163 millions de kilogrammes, soit une progression de 13 % sur un an.
De la viande au fromage, une progression sur tous les segments
Entre 2024 et 2025, les cinq catégories d’aliments d’ alternatives végétales ont enregistré une hausse en valeur, en unités et en volume, confirmant la trajectoire favorable du marché français du végétal.
Le segment le plus dynamique reste celui de la viande végétale , avec une augmentation de 16,8 % en volume et de 13,5 % en valeur entre 2024 et 2025.
Les laits et boissons végétales affichent eux aussi une solide croissance, avec +14,8 % en volume et +13,4 % en valeur , soutenus en particulier par l’essor du lait d’avoine, dont les volumes bondissent de 36 %.
Les yaourts végétaux continuent d’avancer, avec une progression de 6,6 % en valeur, tandis que les fromages végétaux gagnent 5,4 % en valeur . Les crèmes végétales, pour leur part, connaissent une hausse plus limitée, à +1,9 % en valeur.
Malgré cette dynamique, les alternatives végétales n’ont pas encore trouvé une place majoritaire dans les habitudes d’achat du grand public en France. En 2025, les produits végétaux représentaient 5,5 % de l’ensemble des laits et boissons lactées vendus par les distributeurs français, tandis que la viande végétale ne pesait que 2,1 % des ventes de viande réfrigérée préemballée.
Marques de distributeurs : une progression tirée par l’évolution des attentes
Les références sous marque de distributeur occupent une place importante sur le marché des alternatives végétales, notamment parce qu’elles améliorent l’accessibilité prix dans plusieurs catégories.
Dans la viande végétale, les marques de distributeurs avancent nettement : elles comptaient pour 22 % des ventes en volume en 2025, contre 18 % en 2024. En moyenne, leur prix était inférieur de 31 % à celui des produits de marques nationales en 2025.
Cette attractivité repose sur des tarifs en général plus bas, même si les évolutions diffèrent selon les segments. À l’inverse, la montée de catégories plus premium, comme le lait d’avoine, montre que le prix n’est pas le seul élément déterminant. Ces évolutions laissent penser que les consommateurs prennent aussi en compte d’autres critères, comme le goût, la qualité, la praticité ou l’adéquation des produits à leurs usages culinaires du quotidien.
Cette tendance ressort également d’une étude paneuropéenne menée en 2023, qui plaçait le prix ( 40 % ) et le goût ( 33 % ) parmi les principaux freins à l’achat d’alternatives végétales pour les consommateurs français.
Une opportunité stratégique pour la France
Le renforcement d’une filière végétale française robuste pourrait apporter des retombées importantes pour la France. Au-delà de son intérêt pour un système alimentaire plus durable et plus résistant aux chocs, il ouvrirait de nouveaux débouchés pour les agriculteurs français , notamment avec une demande renforcée pour des cultures comme les pois et les céréales, utilisées comme ingrédients dans les alternatives végétales.
Développer la production sur le territoire contribuerait aussi à limiter la dépendance aux protéines importées et à consolider la souveraineté alimentaire de la France , tout en favorisant l’innovation, la transformation industrielle et la création de valeur sur l’ensemble de la chaîne agroalimentaire. À terme, cela soutiendrait l’innovation industrielle et renforcerait la résilience économique.
” Le marché français des aliments d’origine végétale continue de croître, signe que les consommateurs cherchent à diversifier leurs sources de protéines, en phase avec leurs attentes en matière de santé, de durabilité et d’évolution des habitudes alimentaires. Dans un pays reconnu pour son patrimoine culinaire et l’excellence de son modèle agricole, cette tendance ouvre de nouvelles perspectives en matière d’innovation, de sécurité alimentaire et de résilience de la production alimentaire française.
Pour maintenir cette dynamique, il sera toutefois essentiel de continuer à investir dans la qualité des produits, leur accessibilité et l’innovation, tout en renforçant la collaboration entre fabricants, investisseurs et décideurs publics afin de soutenir le développement d’une filière nationale compétitive. “
