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title: "Future of Tourism : un programme d’accélération innovant à Station F"
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date: "2026-09-17T11:52:25+02:00"
modified: "2026-09-17T12:20:12+02:00"
author: "J'aime les startups"
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# Future of Tourism : un programme d’accélération innovant à Station F

L’Agence française pour le développement d’AlUla, la Commission royale pour AlUla, STATION F et les Galeries Lafayette lancent **Future of Tourism**, un programme d’accélération destiné à faire émerger des solutions concrètes pour le [tourisme](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/tourisme-voyage/) culturel, durable et expérientiel. Onze [startups](https://www.jaimelesstartups.fr/startups/) venues de France, d’Inde, d’Arabie saoudite, du Royaume-Uni et de Corée du Sud ont été retenues pour travailler sur deux grands axes : la gestion des ressources dans un environnement aride et l’amélioration de l’expérience visiteur.

 

Cette initiative compte parce qu’elle transforme AlUla en **terrain d’expérimentation grandeur nature** pour des technologies qui intéressent déjà les destinations touristiques, les acteurs du patrimoine, l’hôtellerie, le retail expérientiel et l’agritech. Le tourisme mondial a retrouvé un niveau proche de celui d’avant-crise, avec environ 1,4 milliard d’arrivées internationales en 2024 selon les estimations sectorielles, mais il fait face à une pression croissante sur l’eau, les sites patrimoniaux, la sécurité et la personnalisation des parcours. Pour les entrepreneurs, le programme offre un accès rare à une destination en construction, à des partenaires internationaux et à des cas d’usage immédiatement testables. Pour l’Arabie saoudite, il s’inscrit dans la stratégie Vision 2030, qui vise à faire du tourisme un pilier de diversification économique.

 

## Future of Tourism : un accélérateur conçu pour passer du prototype au terrain

 

Le programme **Future of Tourism** réunit quatre partenaires aux rôles complémentaires. La Commission royale pour AlUla porte le développement de la destination, l’Agence française pour le développement d’AlUla apporte son expertise de coopération culturelle, urbaine et économique, STATION F fournit l’environnement startup et le réseau d’innovation, tandis que les Galeries Lafayette contribuent par leur connaissance du commerce expérientiel, des flux internationaux et de la relation client haut de gamme.

 

L’objectif n’est pas seulement d’accompagner des jeunes entreprises dans leur croissance. Il s’agit de sélectionner des technologies capables de répondre à des contraintes réelles : rareté de l’eau, agriculture en zone désertique, préservation d’écosystèmes fragiles, gestion d’un patrimoine archéologique exceptionnel, accessibilité, sécurité, personnalisation et médiation culturelle. Deux startups pourront recevoir un financement et un accompagnement pouvant atteindre **80 000 euros** afin de développer une preuve de concept à AlUla. Ce passage au PoC est décisif, car il permet de vérifier si une solution fonctionne hors démonstration commerciale, avec des utilisateurs, des données locales, des contraintes opérationnelles et des indicateurs mesurables.

 

Le calendrier suit une logique courte, typique des programmes d’accélération orientés marché. Les startups ont été sélectionnées début septembre par un jury international, avant un lancement à STATION F mi-septembre. L’accompagnement se déroule sur trois mois, jusqu’au **Demo Day du 9 décembre 2026**, où les projets seront présentés à des décideurs du tourisme, de l’investissement et de l’innovation. À partir de décembre, deux pilotes doivent être déployés à AlUla.

 

## Une sélection internationale révélatrice des priorités du tourisme de demain

 

L’appel à candidatures, ouvert du 10 juillet au 21 août 2026, a généré un fort volume d’intérêt : **801 startups se sont manifestées** et 144 dossiers ont été déposés. La dimension internationale est notable, avec 30 pays représentés, 49 % de candidatures venant de l’extérieur de la France et 18 % issues de la région MENA. Autre signal important pour les investisseurs et les corporate partners : 72 % des candidats opéraient déjà à l’international et 44 % disposaient d’une expérience ou d’une présence au Moyen-Orient.

 

Ces chiffres montrent que le tourisme d’innovation n’est plus un marché de niche. Il croise plusieurs secteurs à forte croissance : **travel [tech](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/tech/)**, intelligence artificielle, IoT, gestion de l’eau, agriculture régénérative, réalité immersive, accessibilité, sécurité des voyageurs et analyse de données. Pour les destinations, l’enjeu consiste à passer d’un modèle centré sur l’attractivité à un modèle plus complet, capable de mesurer l’impact environnemental, d’améliorer la qualité de visite et de distribuer les bénéfices économiques localement.

 

## AlUla, laboratoire touristique dans un territoire patrimonial et contraint

 

Située au nord-ouest de l’Arabie saoudite, à environ 1 100 kilomètres de Riyad, AlUla couvre un territoire de **22 561 km²**. La région associe oasis, formations de grès, vallées cultivées et sites archéologiques majeurs. Son développement touristique s’inscrit dans une ambition nationale plus large : l’Arabie saoudite veut renforcer le poids du tourisme dans son économie, attirer davantage de visiteurs internationaux et créer de nouvelles chaînes de valeur hors hydrocarbures.

 

Le site le plus emblématique est **Hegra**, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ancienne cité nabatéenne, il compte plus de 140 tombes monumentales taillées dans la roche. AlUla comprend aussi Dadan, ancienne capitale des royaumes de Dadan et de Lihyan, Jabal Ikmah, connu pour ses inscriptions anciennes et inscrit au registre Mémoire du monde de l’UNESCO, ainsi que le vieux village d’AlUla, labyrinthe de maisons en briques crues reconnu parmi les meilleurs villages touristiques par l’Organisation mondiale du tourisme.

 

Cette richesse patrimoniale impose une équation complexe. Une destination culturelle doit attirer des visiteurs sans banaliser les lieux, augmenter les revenus sans dégrader les sites, et proposer une expérience fluide tout en protégeant les ressources. Dans une zone aride, la question de l’eau devient centrale. C’est pourquoi une partie importante de la sélection concerne l’agriculture intelligente, les sols, l’irrigation et la production d’eau.

 

## Des solutions pour l’eau, les sols et l’agriculture en milieu aride

 

Cinq startups de la promotion ciblent directement les enjeux de ressources naturelles. **EF Polymer**, fondée en Inde en 2018, développe un conditionneur de sol biodégradable conçu à partir de déchets de fruits. Ce type de polymère naturel peut améliorer la rétention d’eau et réduire les besoins d’irrigation, avec un potentiel annoncé allant jusqu’à 40 % d’économie d’eau selon les cas d’usage. Dans une destination comme AlUla, l’intérêt dépasse l’agriculture : la végétalisation, l’entretien paysager et la résilience des oasis dépendent aussi de la capacité des sols à conserver l’humidité.

 

**Seabex**, startup française, propose une approche d’intelligence de l’eau appliquée à l’agriculture. Sa particularité tient à l’absence de capteurs installés sur site : la solution s’appuie sur l’intelligence artificielle, les données satellites et les modèles agronomiques pour recommander les bons apports d’eau. Ce modèle peut réduire les coûts de déploiement, un point essentiel lorsque les exploitations sont dispersées ou lorsque l’installation de capteurs est complexe.

 

**Terraxy**, créée en Arabie saoudite et soutenue par des acteurs scientifiques et industriels locaux, travaille sur la fertilité durable des sols grâce à CarboSoil. Dans les zones désertiques, restaurer la structure du sol, augmenter la matière organique et limiter l’évaporation sont des conditions clés pour améliorer les rendements. La startup avance des gains de productivité pouvant aller de 20 à 70 %, qui devront être validés selon les cultures, les sols et les protocoles de test.

 

**Spotta**, basée au Royaume-Uni, répond à un problème très concret : la détection du charançon rouge du palmier, ravageur majeur dans de nombreux pays producteurs de dattes. Ses dispositifs IoT embarquent des capteurs capables d’identifier les signaux d’infestation en continu. Pour AlUla, où le palmier fait partie du paysage agricole et culturel, une détection précoce peut éviter des pertes coûteuses et réduire le recours aux traitements tardifs.

 

**Kumulus Water**, fondée en France, développe des générateurs d’eau atmosphérique capables de produire de l’eau potable à partir de l’humidité de l’air. La technologie intéresse particulièrement les sites isolés, les événements temporaires, les zones d’accueil visiteurs ou les installations sans accès simple au réseau. Le suivi IoT de la production et de la qualité de l’eau permet d’en faire une solution exploitable par des opérateurs touristiques, à condition d’évaluer précisément la consommation énergétique et le rendement selon le climat local.

 

## Réinventer l’expérience visiteur grâce à l’IA et à l’immersion

 

L’autre moitié de la promotion se concentre sur la relation entre le visiteur, le lieu et les services touristiques. **BackLight**, entreprise française fondée en 2014, conçoit des expériences immersives en réalité virtuelle, réalité augmentée et vidéo mapping. Dans un site patrimonial, ces technologies peuvent reconstituer des scènes historiques, rendre visibles des éléments disparus ou enrichir une visite sans toucher physiquement aux monuments.

 

**Cryptor Studio** transforme les lieux culturels en parcours narratifs interactifs. En combinant gamification, personnages historiques et intelligence artificielle, la startup répond à une tendance forte : les visiteurs veulent apprendre, mais aussi participer. Pour les destinations, ce type d’outil peut augmenter le temps passé sur site, diversifier les publics et créer des parcours adaptés aux familles, aux scolaires ou aux voyageurs internationaux.

 

**NomadHer**, fondée en Corée du Sud, cible un segment en forte progression : les femmes voyageant seules. Son application mise sur la vérification d’identité, la communauté et des recommandations orientées sécurité. Pour une destination émergente, intégrer ces usages peut contribuer à renforcer la confiance, améliorer la préparation du voyage et créer des expériences locales mieux encadrées.

 

**Oorion** développe une IA visuelle destinée aux personnes malvoyantes. Grâce à la caméra d’un smartphone ou de lunettes connectées, la solution aide à comprendre l’environnement, repérer des objets ou faciliter les déplacements. L’accessibilité devient un facteur stratégique pour les destinations : elle améliore l’inclusion, mais aussi la qualité de service pour les seniors, les familles et tous les visiteurs confrontés à des environnements complexes.

 

**Virage AI** propose une interface conversationnelle pour les destinations touristiques. L’enjeu n’est pas seulement de créer un chatbot, mais de fournir des réponses fiables à partir de données validées, actualisées et contextualisées. Horaires, météo, affluence, consignes patrimoniales, [transport](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/transport/), restauration ou recommandations culturelles peuvent être centralisés dans une expérience multilingue.

 

**Mishipay** fondée, au Royaume-Uni, par Mustafa Khanwala et Tanvi Bhardwaj, Mishipay transforme l’expérience d’achat dans le commerce de détail grâce à une gamme de solutions de paiement innovantes. Ces solutions permettent aux clients de faire leurs achats en magasin avec davantage de rapidité et de commodité, en supprimant les contraintes liées aux processus traditionnels de passage en caisse.

 

Enfin, **Flaunt** analyse les vidéos courtes grâce à des agents d’IA multimodaux. Les contenus publiés sur les réseaux sociaux contiennent des signaux précieux : émotions, lieux filmés, attentes, irritants, tendances esthétiques ou comportements de visite. Structurer ces données peut aider une destination à ajuster son marketing, ses parcours et ses services, tout en respectant les exigences de protection des données personnelles.

 

## Ce que les entrepreneurs peuvent retenir

 

Future of Tourism illustre une évolution majeure des programmes d’innovation : les meilleurs accélérateurs ne se limitent plus au mentorat, ils donnent accès à des **environnements d’expérimentation stratégiques**. Pour une startup, tester une solution à AlUla peut permettre de gagner en crédibilité, d’obtenir des références internationales et de confronter sa technologie à des contraintes exigeantes.

 

La réussite dépendra toutefois de plusieurs facteurs : qualité des indicateurs de performance, capacité d’intégration avec les opérateurs locaux, conformité réglementaire, sobriété énergétique, cybersécurité, protection des données et acceptabilité par les visiteurs. Dans le tourisme, l’innovation ne vaut que si elle améliore réellement l’expérience, préserve les ressources et crée de la valeur pour le territoire. C’est précisément sur ce terrain que ce programme sera attendu.