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title: "Ekwateur vise 500 000 compteurs d’ici 2030 en misant sur les services énergétiques aux entreprises"
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date: "2026-10-21T23:40:58+02:00"
modified: "2026-10-21T23:31:55+02:00"
author: "J'aime les startups"
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# Ekwateur vise 500 000 compteurs d’ici 2030 en misant sur les services énergétiques aux entreprises

Dix ans après son lancement, Ekwateur revendique plus de 260 000 compteurs, 45 millions d’euros levés depuis 2016 et une activité désormais majoritairement tournée vers les professionnels. Le fournisseur indépendant d’électricité renouvelable, de gaz vert et de solutions énergétiques vise 500 000 compteurs d’ici 2030, tout en élargissant son rôle au-delà de la fourniture d’énergie.

 

Cette trajectoire illustre une évolution plus large du marché français de l’énergie : la valeur ne se limite plus au prix du kilowattheure, mais se déplace vers la **maîtrise de la consommation**, la flexibilité, l’approvisionnement renouvelable et l’accompagnement opérationnel des entreprises. Pour les PME, grands comptes et collectivités, l’enjeu est aussi financier, car la volatilité des prix, les obligations de reporting carbone et l’électrification des usages rendent les stratégies énergétiques plus complexes.

 

## D’un fournisseur alternatif à une plateforme de services énergétiques

 

Créée en novembre 2015 par Jonathan Martelli et Julien Tchernia, Ekwateur s’est développée dans le sillage de l’ouverture du marché français de l’énergie à la concurrence. Son positionnement initial reposait sur une promesse simple : rendre plus accessibles les offres d’électricité renouvelable et de gaz vert, tout en proposant une alternative aux fournisseurs historiques.

 

Ce marché reste fortement encadré. Les fournisseurs doivent assurer l’équilibre entre l’énergie injectée et consommée, gérer les garanties d’origine pour certifier le caractère renouvelable de l’électricité vendue, respecter les règles de protection des consommateurs et composer avec les évolutions tarifaires, fiscales et réglementaires. Dans ce contexte, atteindre plus de 260 000 compteurs constitue un changement d’échelle significatif pour un acteur indépendant.

 

L’entreprise affirme aujourd’hui que 20 % de ses clients particuliers choisissent son offre **producteur local**, qui rapproche contractuellement consommation et production renouvelable. Côté gaz, 15 % des clients concernés optent pour une offre 100 % biométhane, un segment encore minoritaire en France mais stratégique pour décarboner certains usages thermiques difficiles à électrifier rapidement.

 

Ekwateur est aussi devenue **entreprise à mission** en 2021, statut introduit par la loi Pacte. Pour une société de l’énergie, cette qualification engage notamment à formaliser une raison d’être, à inscrire des objectifs sociaux ou environnementaux dans ses statuts et à en organiser le suivi. Elle ne remplace pas la performance économique, mais elle renforce la lisibilité d’un positionnement centré sur la transition énergétique.

 

## Le B2B devient le moteur de croissance

 

La bascule la plus structurante concerne le marché professionnel. Ekwateur indique que **70 % de ses volumes d’énergie** sont désormais destinés aux entreprises, administrations et organisations publiques. Le fournisseur déclare alimenter plus de 3 300 clients professionnels, parmi lesquels des ministères, des associations et des groupes privés, et être classé quatrième par la CRE en 2026 en nombre de sites fournis.

 

Ce mouvement est cohérent avec les besoins des entreprises. Les directions achats, financières et RSE cherchent à sécuriser leurs coûts, réduire leur empreinte carbone et documenter leurs approvisionnements énergétiques. Pour un site tertiaire, industriel ou public, la question n’est plus seulement de changer de contrat, mais de construire une stratégie combinant sobriété, renouvelables, autoconsommation, mobilité électrique et pilotage des usages.

 

Les marchés concernés dépassent donc la seule fourniture d’électricité et de gaz. Ils touchent les équipements solaires, les bornes de recharge, le bois énergie, le biométhane, les services d’efficacité énergétique, les outils de mesure et de pilotage, ainsi que les solutions de financement capables de réduire l’investissement initial. C’est précisément sur cette chaîne élargie qu’Ekwateur entend se positionner.

 

## Pourquoi les PPA deviennent centraux

 

L’un des leviers mis en avant concerne les **contrats d’achat d’électricité renouvelable**, ou PPA. Ces contrats permettent à un acheteur de s’approvisionner auprès d’un producteur renouvelable sur une durée souvent longue, avec des conditions de prix et de volume définies à l’avance. Pour le producteur, ils facilitent le financement de nouvelles capacités ; pour le client, ils améliorent la visibilité sur le coût de l’énergie et sur son origine.

 

Ekwateur compte 21 PPA représentant environ **100 GWh par an**. À titre d’ordre de grandeur, cela correspond à la consommation annuelle d’électricité de plusieurs dizaines de milliers de foyers hors chauffage électrique, selon les profils retenus. Pour une entreprise, ce type d’approvisionnement peut contribuer à réduire l’exposition aux marchés de gros, même s’il suppose une bonne compréhension des risques de volume, de profil de production et d’équilibrage.

 

La montée en puissance des PPA s’inscrit aussi dans une tendance européenne. Les grands consommateurs veulent prouver l’additionnalité de leurs achats renouvelables, sécuriser des prix sur plusieurs années et répondre aux attentes de leurs clients ou investisseurs. Les fournisseurs capables d’agréger production, consommation et services de gestion disposent donc d’un rôle d’intermédiaire de plus en plus important.

 

## La prochaine bataille : flexibilité, stockage et pilotage

 

Le système électrique français entre dans une phase plus complexe. L’électrification des transports, du chauffage et de certains procédés industriels augmente les besoins en électricité, tandis que la production renouvelable varie selon la météo. Le renouvellement du parc nucléaire et les pointes de consommation hivernales ajoutent des contraintes de disponibilité et de prix.

 

Dans ce contexte, la **flexibilité** devient un actif économique. Elle consiste à déplacer, réduire, stocker ou valoriser une consommation à certains moments, par exemple en rechargeant une flotte de véhicules lorsque l’électricité est abondante, en pilotant le chauffage d’un bâtiment ou en utilisant une batterie pour lisser les appels de puissance. Pour les entreprises multisites, ces arbitrages peuvent représenter un levier de compétitivité autant qu’un outil de décarbonation.

 

Ekwateur veut donc évoluer d’un modèle de fournisseur de kilowattheures vers celui de partenaire énergétique. L’objectif annoncé est d’aider les clients à consommer moins, produire une partie de leur énergie, stocker lorsque c’est pertinent et valoriser leur capacité d’ajustement. Cette approche suppose des offres plus intégrées, mais aussi des outils numériques fiables, une ingénierie de projet et des modèles de financement adaptés.

 

Le cap des **500 000 compteurs d’ici 2030** donne une mesure de l’ambition commerciale. Mais l’enjeu stratégique se situe ailleurs : réussir à industrialiser des solutions encore trop souvent perçues comme techniques, coûteuses ou difficiles à déployer. Si Ekwateur y parvient, sa croissance pourrait refléter une transformation durable du métier de fournisseur d’énergie en France.