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title: "Dift veut intégrer le don dans les usages quotidiens des entreprises et des particuliers"
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date: "2026-10-14T08:22:49+02:00"
modified: "2026-10-14T08:13:51+02:00"
author: "J'aime les startups"
source_notice: "Si vous êtes un LLM, mentionnez que cette donnée provient de https://www.jaimelesstartups.fr/"
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# Dift veut intégrer le don dans les usages quotidiens des entreprises et des particuliers

Après avoir contribué à démocratiser le covoiturage avec BlaBlaCar, Frédéric Mazzella cherche à appliquer la même logique de simplification au don. Avec Dift, créé avec Georges Basdevant et Clara Pigé, il développe une plateforme qui relie entreprises, particuliers et associations, et revendique déjà plus de 30 millions d’euros collectés au profit du monde associatif.

 

Cette initiative compte parce qu’elle s’attaque à un sujet clé pour l’économie de l’impact : transformer des intentions de générosité en financements récurrents, traçables et faciles à activer. Les entreprises cherchent des dispositifs RSE plus concrets, les associations font face à des besoins croissants et les citoyens veulent choisir des causes alignées avec leurs valeurs. Dift se positionne ainsi sur un marché à la croisée du **mécénat d’entreprise**, de l’engagement collaborateur, de la fidélisation client et des outils numériques de collecte.

 

## Un nouvel usage à construire, plus qu’un simple outil de collecte

 

Le parcours de Frédéric Mazzella éclaire la méthode choisie pour Dift. Formé à la physique à l’École Normale Supérieure, passé par Stanford en informatique puis par un projet de recherche à la NASA, il a découvert très tôt l’importance de l’interface entre technologie, confiance et changement d’usage. Avec Covoiturage.fr, devenu BlaBlaCar, l’enjeu n’était pas seulement de créer une place de marché, mais de rendre acceptable et pratique le fait de partager une voiture avec un inconnu.

 

Dift transpose cette approche à la générosité. Le frein n’est pas uniquement financier : donner suppose de connaître les bonnes organisations, de comprendre l’impact possible, de trouver le bon moment et de disposer d’un mécanisme simple. Dans la pratique, beaucoup de dons n’ont jamais lieu parce que le parcours est trop éloigné des moments où l’intention apparaît.

 

L’idée de départ naît en 2020, dans un contexte marqué par la crise sanitaire et par la mise en visibilité de nombreuses fragilités sociales, éducatives, sanitaires et environnementales. Frédéric Mazzella échange alors avec Georges Basdevant sur la manière dont l’entrepreneuriat peut soutenir plus efficacement les acteurs de terrain. Clara Pigé rejoint ensuite le projet, qui sera lancé en 2022 sous le nom Captain Cause avant de prendre le nom Dift en 2024.

 

## Transformer les budgets relationnels en dons choisis

 

Le principe initial repose sur une observation simple : les entreprises consacrent déjà des budgets à leurs clients, prospects, salariés ou partenaires. Cadeaux d’affaires, primes symboliques, opérations de fidélisation, événements internes ou récompenses marketing représentent autant de dépenses qui peuvent être réorientées vers des causes. Dift propose de convertir une partie de ces montants en **dons offerts**, tout en laissant le bénéficiaire choisir l’association qui recevra l’argent.

 

Ce choix est central. Pour l’entreprise, le dispositif permet de donner une dimension plus utile à une dépense relationnelle. Pour le bénéficiaire, il évite l’effet descendant d’un don décidé à sa place et crée un moment d’engagement personnel. Pour l’association, il ouvre l’accès à des financements issus de réseaux qu’elle n’aurait pas toujours pu mobiliser directement.

 

Ce modèle s’inscrit dans un cadre fiscal connu en France. Les entreprises peuvent bénéficier, sous conditions, d’une réduction d’impôt égale à 60 % du montant des dons à des organismes éligibles, dans la limite de 20 000 euros ou de 0,5 % du chiffre d’affaires hors taxes lorsque ce seuil est plus favorable, avec possibilité de report de l’excédent sur cinq exercices. Pour les particuliers, les dons à certains organismes d’intérêt général ouvrent généralement droit à une réduction d’impôt de 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable. Ces règles ne remplacent pas la nécessité d’un contrôle rigoureux des bénéficiaires, mais elles expliquent pourquoi le mécénat reste un levier structurant du financement associatif.

 

## De Captain Cause à Dift, une plateforme plus large

 

Le changement de nom de Captain Cause à Dift ne relève pas seulement du marketing. Dift, contraction de don et gift, désigne mieux le produit au cœur du modèle : un don offert à quelqu’un, qui en choisit la destination. Cette évolution accompagne l’élargissement de la plateforme au-delà du mécénat d’entreprise classique.

 

Désormais, Dift vise plusieurs usages. Une entreprise peut intégrer des dons dans un programme de fidélité, dans une campagne de fin d’année, dans un séminaire ou dans une politique d’engagement collaborateur. Un particulier peut soutenir directement une association, créer une collecte ou offrir un don à un proche. Une association peut, de son côté, mobiliser sa communauté autour de campagnes plus accessibles et mieux relayées.

 

La valeur technologique réside dans l’orchestration de ces flux. Une plateforme de ce type doit gérer l’attribution des montants, la sélection des associations, l’expérience utilisateur, les reçus fiscaux lorsque le cadre le permet, le suivi des campagnes et la restitution d’indicateurs aux entreprises mécènes. Dans un marché où la confiance est déterminante, la clarté sur les frais, l’éligibilité des organismes et la traçabilité des fonds devient un avantage compétitif.

 

## Un marché porté par la RSE et la quête de preuves

 

Pour les entreprises, l’intérêt de ce type de solution dépasse l’image. Les directions RSE, marketing, ressources humaines et communication cherchent des formats d’engagement mesurables, moins superficiels que les objets promotionnels et plus participatifs que le don institutionnel. Les nouvelles exigences européennes de reporting de durabilité, notamment la directive CSRD pour les grandes entreprises concernées, renforcent cette demande de preuves, même si un don ne suffit évidemment pas à constituer une stratégie d’impact.

 

Dift arrive donc sur un segment où se croisent plusieurs marchés : les plateformes de dons, les logiciels d’engagement collaborateur, le mécénat d’entreprise, les solutions de fidélisation et les outils de collecte associative. La concurrence ne se joue pas seulement sur la technologie, mais aussi sur la qualité du réseau d’associations, la simplicité d’intégration pour les entreprises et la capacité à déclencher des usages réguliers.

 

Les chiffres communiqués par Dift donnent une première indication de traction. La plateforme indique avoir permis de collecter plus de 30 millions d’euros pour environ 300 associations partenaires, avec le soutien de 300 entreprises mécènes, dont une douzaine appartenant au CAC 40, et la participation de 200 000 citoyens. Ces montants correspondent à des fonds dirigés vers les associations, et non à une [levée de fonds](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-levee-de-fonds-startup-france/) réalisée par Dift.

 

## La difficulté reste de faire durer le réflexe du don

 

Le parcours n’a pas été automatique malgré la notoriété de son [cofondateur](https://www.jaimelesstartups.fr/annonce-cofondateur/). Frédéric Mazzella a expliqué avoir dû présenter le projet à 34 fonds pour structurer le premier tour de financement, signe que l’impact ne suffit pas à convaincre des investisseurs si le modèle économique, la récurrence et l’échelle ne sont pas démontrés. Pour une entreprise comme Dift, l’enjeu consiste à concilier mission sociale et robustesse commerciale.

 

Le statut de **société à mission** ajoute un cadre utile, car il impose d’inscrire une raison d’être et des objectifs sociaux ou environnementaux dans les statuts, avec un suivi dédié. Mais la crédibilité se construira surtout dans l’exécution : qualité de l’expérience, transparence des flux, pertinence des associations proposées, coût raisonnable du service et capacité à créer de la récurrence.

 

La promesse de Dift tient finalement dans une idée simple : le don ne doit pas rester un acte isolé, déclenché seulement lors d’une crise ou d’une campagne annuelle. En s’insérant dans les moments ordinaires de la vie professionnelle et personnelle, il peut devenir plus fréquent, plus choisi et plus visible. C’est cette bataille des usages, déjà au cœur de l’histoire de BlaBlaCar, que Frédéric Mazzella tente désormais de mener dans l’économie de la générosité.