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title: "BPCE crée sa nouvelle activité paiements"
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date: "2026-09-15T13:56:48+02:00"
modified: "2026-09-15T13:55:00+02:00"
author: "J'aime les startups"
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# BPCE crée sa nouvelle activité paiements

Le Groupe BPCE lance **BPCE Merchant Services**, une entité dédiée aux solutions de paiement pour les commerçants, en magasin comme en ligne. Cette nouvelle structure réunit les expertises issues notamment de Payplug, Dalenys, des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, avec l’objectif d’accompagner **un commerçant sur quatre en France d’ici 2030**.

 

Cette annonce est importante car le paiement est devenu un levier stratégique de croissance, de conversion et de fidélisation pour les commerçants. Dans un marché dominé par la carte, l’e-commerce, les wallets, le paiement instantané et les parcours omnicanaux, les entreprises ont besoin de solutions capables de connecter caisse, site web, marketplace, CRM et comptabilité. Pour BPCE, l’enjeu est aussi concurrentiel face à des acteurs comme Worldline, Adyen, Stripe, Nexi ou les grandes plateformes technologiques. Pour les commerçants, l’arrivée d’un acteur bancaire intégré peut apporter davantage de proximité, de sécurité, de souveraineté européenne et de simplicité opérationnelle. Cette initiative s’inscrit enfin dans un moment clé, marqué par la montée de la DSP3, de DORA, du règlement européen sur les paiements instantanés et de nouvelles exigences de cybersécurité.

 

## BPCE Merchant Services : une nouvelle entité pour structurer l’offre de paiement du groupe

 

Avec **BPCE Merchant Services**, le Groupe BPCE franchit une étape structurante dans son développement sur le marché des paiements marchands. L’objectif n’est pas seulement de proposer des terminaux de paiement ou une page de paiement en ligne, mais de construire une offre complète couvrant l’ensemble du parcours d’achat : paiement en boutique, encaissement à distance, paiement e-commerce, lien de paiement, intégration aux logiciels de caisse, rapprochement comptable, gestion des remboursements, lutte contre la fraude et pilotage de la performance.

 

Le groupe part d’une base solide. Il dispose du réseau commercial des **Banques Populaires** et des **Caisses d’Epargne**, très implantées auprès des professionnels, artisans, commerçants, franchises, associations et PME. Il peut également s’appuyer sur les briques technologiques de **Payplug**, acquis en 2017, et de **Dalenys**, intégré en 2023, deux acteurs français spécialisés dans le paiement digital et omnicanal. Cette combinaison donne à BPCE une position hybride : celle d’une banque de proximité capable d’accompagner localement les commerçants, et celle d’un fournisseur technologique capable de traiter des flux de paiement complexes.

 

L’ambition affichée est é[levée](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-levee-de-fonds-startup-france/) : devenir le partenaire de paiement de **25 % des commerçants français à l’horizon 2030**. Cela suppose de convaincre aussi bien les commerces indépendants que les réseaux organisés, les enseignes nationales, les e-commerçants, les marketplaces et les entreprises qui vendent à la fois en ligne et en point de vente.

 

## Un marché du paiement en pleine recomposition

 

Le lancement de BPCE Merchant Services intervient dans un marché en transformation rapide. En France, la carte bancaire reste le moyen de paiement dominant en magasin, avec plusieurs dizaines de milliards d’euros de transactions chaque année. Dans le même temps, l’e-commerce poursuit sa progression : le marché français a dépassé **170 milliards d’euros de ventes en ligne en 2024**, porté par les services, le [tourisme](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/tourisme-voyage/), les abonnements, la livraison, les marketplaces et le commerce mobile.

 

Pour les commerçants, cette évolution change la nature même du paiement. Il ne s’agit plus d’une étape finale et isolée, mais d’un maillon central de l’expérience client. Un paiement trop lent, un refus injustifié, une authentification mal conçue ou l’absence du bon moyen de paiement peut faire perdre une vente. Dans l’e-commerce, le taux d’abandon de panier reste souvent supérieur à **60 %** selon les secteurs, et le paiement est l’une des principales zones de friction.

 

Les attentes se sont également déplacées vers l’**omnicanal**. Un client peut repérer un produit sur mobile, le réserver en ligne, payer en magasin, demander un remboursement sur un autre canal ou utiliser une carte cadeau digitale. Pour le commerçant, cela impose une vision unifiée des transactions. Les solutions de paiement doivent donc communiquer avec les logiciels de caisse, les plateformes e-commerce comme Shopify, PrestaShop, WooCommerce ou Magento, les ERP, les outils de fidélité et les systèmes de gestion des stocks.

 

C’est précisément sur ce terrain que BPCE cherche à se positionner : fournir une infrastructure capable de simplifier la vie du commerçant tout en améliorant la performance commerciale.

 

## Les leviers technologiques : omnicanal, temps réel et sécurité

 

La promesse de BPCE Merchant Services repose sur plusieurs briques techniques devenues essentielles.

 

La première est l’**acceptation des paiements**, c’est-à-dire la capacité à encaisser différents moyens de paiement : cartes CB, Visa, Mastercard, wallets mobiles, paiements par lien, transactions sans contact, paiements récurrents, voire demain paiements instantanés compte à compte. Cette couche doit être fiable, disponible et compatible avec les contraintes de chaque secteur, qu’il s’agisse d’un restaurant, d’un réseau de boutiques, d’un professionnel de santé, d’un site de vente en ligne ou d’une marketplace.

 

La deuxième est la **gestion de la fraude**. Avec la généralisation de l’achat en ligne, les commerçants doivent arbitrer entre sécurité et conversion. Une solution trop permissive augmente les impayés et les contestations ; une solution trop stricte bloque des clients légitimes. Les outils modernes utilisent des scores de risque, l’analyse comportementale, la connaissance des appareils, l’historique d’achat et l’authentification forte issue de la **DSP2** pour réduire la fraude sans dégrader l’expérience.

 

La troisième est le **temps réel**. Les commerçants veulent suivre leurs encaissements, leurs remboursements et leurs litiges sans attendre des fichiers bancaires difficiles à exploiter. Cette attente va s’accélérer avec le règlement européen sur les paiements instantanés, qui pousse les banques à rendre les virements instantanés plus accessibles et moins coûteux. À terme, le paiement compte à compte pourrait devenir une alternative crédible à la carte pour certains usages, notamment les montants élevés, les services B2B, les abonnements ou les paiements récurrents.

 

La quatrième est l’**intégration logicielle**. Un paiement moderne doit produire de la donnée exploitable : chiffre d’affaires par canal, panier moyen, taux d’acceptation, motifs de refus, remboursements, commissions, rapprochement bancaire. Pour un entrepreneur, cette donnée permet de piloter la rentabilité, d’identifier les points de friction et d’améliorer les parcours clients.

 

## Un enjeu de souveraineté et de concurrence européenne

 

BPCE met aussi en avant son rôle dans l’écosystème européen du paiement. Le groupe participe au **Groupement des Cartes Bancaires CB**, infrastructure centrale du paiement par carte en France, et à **EPI**, l’initiative européenne à l’origine de Wero. L’enjeu dépasse la simple offre commerciale : l’Europe cherche à réduire sa dépendance aux grands réseaux internationaux et aux plateformes extra-européennes pour préserver la maîtrise des données, des coûts et des standards de paiement.

 

Cette dimension intéresse directement les commerçants. Les frais d’acceptation, les règles de contestation, la disponibilité des services, la portabilité des données et la résilience technique ont un impact concret sur leur marge et leur continuité d’activité. Dans un contexte où les cyberattaques, les pannes de prestataires et les exigences réglementaires progressent, disposer d’un partenaire local, régulé et intégré au système bancaire peut devenir un avantage.

 

La réglementation renforce cette tendance. Les acteurs du paiement doivent composer avec la **DSP2**, bientôt prolongée par la DSP3 et le règlement PSR, avec les exigences PCI DSS v4.0 sur la sécurité des données cartes, avec DORA sur la résilience opérationnelle numérique, ainsi qu’avec les obligations de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Pour les commerçants, choisir un prestataire capable d’absorber cette complexité réglementaire devient un critère de sélection aussi important que le prix.

 

## Payplug, Dalenys et le réseau BPCE comme socle de développement

 

La création de BPCE Merchant Services s’appuie sur une trajectoire construite depuis plusieurs années. **Payplug** a apporté au groupe une expertise reconnue dans le paiement en ligne pour les PME, avec des interfaces simples, des connecteurs e-commerce et une approche orientée conversion. **Dalenys** a renforcé la capacité à accompagner des marchands plus grands, avec des besoins omnicanaux, des volumes élevés et des architectures plus complexes.

 

En réunissant ces expertises dans une même business unit, BPCE cherche à éviter la dispersion des offres et à accélérer l’innovation. Le groupe dispose également d’un réseau d’environ **800 partenaires** : agences digitales, intégrateurs, éditeurs de logiciels de caisse, orchestrateurs de paiement, plateformes e-commerce et prestataires spécialisés. Cet écosystème est crucial, car les commerçants ne veulent plus de solutions isolées. Ils recherchent des outils qui s’installent vite, s’intègrent à leur environnement existant et évoluent avec leur activité.

 

La gouvernance reflète cette double culture bancaire et technologique. BPCE Merchant Services sera présidé par **Frédéric Burtz**, directeur du métier Paiements du Groupe BPCE, et dirigé par **Antoine Grimaud**, [cofondateur](https://www.jaimelesstartups.fr/annonce-cofondateur/) de Payplug. Cette organisation vise à rapprocher les capacités industrielles d’un grand groupe bancaire de l’agilité attendue sur le marché des fintechs.

 

## Ce que les commerçants peuvent en attendre

 

Pour un commerçant, la valeur d’une solution de paiement se mesure sur quelques critères très concrets : encaisser sans interruption, réduire les abandons, maîtriser les coûts, limiter la fraude, simplifier la comptabilité et offrir au client le moyen de paiement qu’il préfère. Si BPCE Merchant Services parvient à combiner ces éléments dans une offre lisible, elle pourra répondre à un besoin réel du marché.

 

Les cas d’usage sont nombreux. Un restaurateur peut vouloir encaisser à table, en ligne et via une plateforme de réservation. Une enseigne de mode peut chercher à unifier les retours entre web et boutique. Un e-commerçant peut vouloir améliorer son taux d’acceptation carte à l’international. Une franchise peut avoir besoin d’une vision consolidée des ventes tout en laissant de l’autonomie à chaque point de vente.

 

À plus long terme, BPCE évoque aussi les nouveaux usages comme les **paiements agentiques**. Cette notion désigne des transactions initiées ou préparées par des agents logiciels, par exemple un assistant IA capable de comparer une offre, réserver un service ou déclencher un achat dans un cadre défini par l’utilisateur. Pour que ces usages se développent, il faudra des mécanismes robustes d’authentification, de consentement, de traçabilité et de contrôle des plafonds.

 

En créant BPCE Merchant Services, le groupe ne lance donc pas une simple marque supplémentaire. Il cherche à construire une plateforme stratégique au croisement de la banque, du commerce, de la donnée et de l’infrastructure de paiement. La réussite dépendra de sa capacité à proposer des offres simples pour les petits commerçants, puissantes pour les grands marchands et suffisamment ouvertes pour s’intégrer aux outils que les entreprises utilisent déjà.