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title: "L’Accélérateur"
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category: "Accelérateur"
date: "2013-01-10T08:44:19+01:00"
modified: "2024-10-22T19:16:08+02:00"
author: "J'aime les startups"
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# L’Accélérateur

Alors que la fin de la saison 2 approche, l’Accélérateur nous a ouvre ses portes pour le DemoDay.  
 Guillaume Truttmann, un des quatre fondateurs, joue le jeu de l’interview fleuve et nous présente son nouveau métier : coach d’entreprise. Il partage avec nous sa vision de la création et de l’écosystème des [startups](https://www.jaimelesstartups.fr/startups/) françaises.  
 Et dès demain, vous découvrez les projets déjà accélérés ou en cours d’accélération.

 

## Pour commencer, peux-tu nous définir ce qu’est l’Accélérateur ?

 

**Guillaume Truttmann :** L’Accélérateur, c’est **programme de coaching** à destination des startups (à priori plutôt jeunes) pour les **mettre « on track »**. C’est-à-dire une startup qui a déjà un produit existant, une vision, une idée de [business model](https://www.jaimelesstartups.fr/dictionnaire-des-startups/definition-business-model/). On travaille de manière extrêmement intensive pendant 4 mois, pour qu’à l’issue de cette période, la startup soit sur les rails.

 

## En créant l’Accélérateur, quel est votre objectif ?

 

Avant tout, **construire une armée de bons entrepreneurs**.  
 Ce que nous, nous appelons un bon entrepreneur, c’est quelqu’un d’humble, qui va être capable de se remettre en cause, d’écouter son marché, de prendre du recul sur ce qu’il est en train de faire. C’est aussi quelqu’un qui ne va pas chercher pas à faire un coup en deux ans mais qui veut construire quelque chose de crédible sur le long terme.  
 On cherche donc à construire **de bons entrepreneurs et qui dirigent de belles boites pérennes sur le long terme**. On ne cherche pas des boîtes qui vont pouvoir être racheté par Facebook dans 2 ans.  
 L’idée est de construire des sociétés qui, dans 5 ans, vont faire quelques millions d’euros de CA. et qui 15 ou 20 ans peut être, en feront quelques dizaine ou des centaines de millions. Nous avons une approche humble, mais terre à terre, très pragmatique.

 

## Quelles différences vois-tu entre ce que vous pouvez faire avec l’Accélérateur et ce que les startups peuvent trouver dans des pépinières ou dans d’autres programmes d’accélération ?

 

Il y a 2 éléments indispensables pour accompagner des startups : **les compétences** et **l’implication**.  
 A l’Accélérateur, on est 4 coachs, et **on a monté 40 boites à nous 4**. De fait, on a déjà fait beaucoup de bêtises… Des trucs qui ont marché, d’autres pas du tout. Nous avons donc une forme de recul et d’expérience qui nous permet, selon nous, d’être assez compétents pour accompagner ces startups. Mais cette expérience, d’autres incubateurs peuvent l’avoir aussi.  
 Ce que les autres n’ont pas, c’est **l’implication** : on est **4 à temps plein** sur l’Accélérateur. On travaille en permanence avec les 12 sociétés coachées. Pendant ces 4 mois, ces 12 startups sont la seule chose qui existe pour nous au monde.  
 Selon nous, c’est cette implication-là qui permet d’être sur les rails en 4 mois avec un travail intensif.

 

## Tu as évoqué deux choses qui nous interpellent : startup et jeunes.

 

## Quel type d’entreprise cherchez-vous à l’Accélérateur ?

 

Nous cherchons des sociétés qui répondent à **4 critères principaux**:  
 – La **taille** important du marché ;  
 – Les **opportunités** offertes par ce marché. Il faut qu’il y ait vraiment quelque chose à faire sur ce marché ;  
 – La pertinence et le caractère **disruptif** de la réponse apportée par l’entrepreneur. Elle doit permettre de déscléroser le marché ;  
 – La capacité de la ou les personnes qui portent le projet à **appliquer la vision** sur le long terme.  
 Voilà ce que l’on entend par une « bonne startup ».

 

## Et pourquoi jeune ?

 

Parce que sur les deux premières promos, la plupart des startups sont assez récentes qui ont un ou deux ans. Elles ont déjà donc eu **un peu de temps pour se confronter au marché,** d’avoir un produit, d’avoir des premiers retours, des premières données. C’est est indispensable pour nous. Si on n’a pas ces retours, on ne peut pas travailler. Si on ne peut pas travailler, on ne peut pas leur apporter de valeur ajoutée, et on préfère ne pas les prendre.  
 Par contre, ce ne sont pas des sociétés qui ont 10 ans. Sauf deux exceptions, que nous avons sur les promotions précédentes, qui sont des cas assez intéressants.Ce sont des sociétés qui viennent nous voir en nous disant : « notre business tourne, je fais plusieurs centaines de milliers d’euros de CA, ça tourne, c’est rentable mais je sens que je n’arrive pas à passer l’étape suivante. Et dans ces cas-là, **l’Accélérateur peut aider en reprenant un peu tout à plat**, en reposant le business model, en repensant la « value proposition » pour bien repartir de zéro et revoir ce que l’entrepreneur peut avoir perdu de vue à un moment. Effectivement, quand on crée une boîte, d’abord on part sur une idée assez ciblée, on développe d’abord une première branche, puis une autre, et à un moment on ne sait plus exactement ce qu’on fait. Donc **on peut être aussi****utile pour recentrer.**

 

## Vous acceptez des entreprises de tous secteurs d’activités ?

 

On prend des sociétés **où nous nous pouvons apporter quelque chose**. Sinon ça n’aurait aucun intérêt ni pour elles ni pour nous. Et les domaines sur lesquels nous sommes à l’aise tournent**autour d’internet, le retail et une partie du monde B2B**.  
 Mais on ne veut surtout pas se censurer sur les choix des projets. Qu’il soit porté par un seul fondateur ou par toute une équipe, qu’il s’attaque à un marché qui sorts des domaines cités plus tôt, on se concentre avant tout sur la qualité et sur ce que nous, à l’Accélérateur, pouvons y apporter comme valeur ajoutée.

 

[La sélection et l’entrée]

 

## Comment se déroule le processus de sélection ?

 

Pendant les deux mois de phase de sélection, on répond dans les 10 jours après avoir reçu le dossier. On rencontre les entrepreneurs 2 ou 3 fois dans la foulée et on donne notre réponse dans la semaine. C’est très important que ce process soit fluide. Nous sommes déjà passés par là et on sait à quel point c’est insupportable pour un entrepreneur d’attendre.

 

## Quel est le montant de votre participation ?

 

On prend entre 6 et 10% en fonction de la maturité. Notre investissement se fait en 2 parties : **du cash** d’un côté, 10-15000 €, et **un investissement en nature**, pour le temps passé que nous évaluons à 60-70 000€. On valorise les sociétés autour de 800 000€. Mais chaque cas est spécifique.  
 Nous avons aussi un **système de « relution » gagnant-gagnant** qui, si l’entreprise atteint un certain niveau de performance, on rétrocède à l’entrepreneur un certain nombre d’actions. Nous avons pensé le système de façon assez « fair » entre la rétribution du travail de l’Accélérateur et la rémunération du capital de l’entrepreneur.

 

## [L’accélération]

 

## Pourquoi 4 mois d’accélération ?

 

Comme le programme est très intensif, il ne peut pas durer pendant 2 ans. Et il y a aussi une durée minimale. Sur les 4 mois, on va passer une première partie à **retravailler le business model**, à bien comprendre les enjeux du marché, à faire comprendre à l’entrepreneur ce que ses clients attendent, etc. Après, on passe à une **phase opérationnelle** : par exemple, repenser complètement le site internet pour refléter la nouvelle offre que l’on aura testée et validée. Ensuite, on a une **dernière phase financière où l’on construit le business plan**, évaluer les besoins de financements et préparer une éventuelle [levée de fonds](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-levee-de-fonds-startup-france/).  
 Pour faire tout ça, il nous a semblait que 4 mois était le bon choix entre le temps nécessaire pour bien travailler en profondeur tout en maintenant une vraie intensité de travail.

 

## Et après les 4 mois du programme, que se passe-t’il ?

 

A l’issue du programme, nous restons actionnaires mais le suivi est moins intensif. On continue de les voir 2 fois par mois pour suivre et continuer à les aider. L’expérience nous a montré que la réussite des entreprises est moins dû à une bonne décision qu’à une série de bonnes décisions et éviter les mauvaises. C’est pour cela que l’on les suit. Et si nécessaire, on reprend un travail intensif pour remettre l’entreprise sur de bons rails en cas de besoin. **Nous continuons donc d’accompagner nos startups**. C’est un point très important pour nous.

 

## Et trouver des investisseurs fait partie de votre travail ?

 

Pour toutes les sociétés qui ont besoin de financements,**c’est vital**. Et en tant qu’actionnaires, c’est donc très important pour nous aussi. Sur les 4 premières entreprises qui cherchaient des fonds, toutes ont reçues un term sheet : une n’en a pas eu finalement besoin parce qu’elle s’autofinance, et les autres ont pu lever des fonds.  
 Ce résultat démontre que notre implication, nos compétences et le réseau que l’on peut mobiliser sont une véritable valeur ajoutée. Il y a peu de gens qui peuvent dire, comme nous, qu’en entrant dans le programme, tu pourras lever des fonds à coups sur.

 

## Vous êtes 4 fondateurs. Comment vous répartissez-vous le travail ?

 

On a un fonctionnement assez simple. Un « lead coach » va prendre en charge 3 startups et les suivre de façon plus poussée. Mais les autres coachs peuvent aussi intervenir. On a chacun notre domaine d’expertise. On va pouvoir accompagner les startups de façon transversale par métier.  
 **Juan Hernandez** a plutôt l’expérience de très gros projets à croissance extrêmement rapide, et à forte composante techno.  
 **Jonathan Lascar** a fait une partie de sa carrière dans la levée de fonds, spécialisé en amorçage. Il a donc une bonne vision de ce que les investisseurs attendent.  
 **Michel de Guilhermier** est un expert du parcours-client, du sens client et a une très grande expertise en e-commerce BtoC.  
 Pour ma part [**Guillaume Truttmann**], je suis centré sur le marketing opérationnel, notamment l’acquisition-client.

 

## [Une mission : accélérer !]

 

## Pour vous 4, l’Accélérateur est donc votre nouveau métier à temps plein ?

 

Oui, cela nous permet une véritable implication et montre que l’on croit pleinement à notre modèle. Notre volonté est vraiment d’aider les jeunes entreprises, à partir de nos expériences, à réussir comme on a pu le faire et éviter les erreurs qu’on a pu commettre.  
 Nous sommes actionnaires des sociétés que l’on accompagne. On investit dans les sociétés et elles ne payent rien. Et on récupère notre investissement à notre sortie.

 

## Comment vous êtes venus à vous associer ?

 

C’est essentiellement une rencontre entre Michel et moi. **Inspiré par le Y-Combinator**, je sentais le besoin de renouveler la façon dont on [finance](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/fintech-legaltech/) les startups à deux niveaux.  
 Tout d’abord, **on investit et on accompagne**, on ne fait pas que donner du cash. La partie financière n’est finalement plus la partie principale. Et, deuxième nouveauté, surtout en France où les investisseurs sont très frileux et très long à répondre**, on choisit nos projets rapidement**, sans faire traîner. Notre process est **très sélectif** – 5% des dossiers sont validés – mais**notre réponse est très rapide**: en 3 semaines !  
 Michel était à un moment où il accompagnait déjà des gens sans trop forcément trouver le BM. Il avait déjà investi dans pas mal de sociétés en tant que business angel. Je travaillais déjà avec Jonathan, Michel avec Juan. A quatre, on a monté une belle équipe.

 

## [Et la suite…]

 

## C’est la deuxième saison, vous recevez déjà plus de 200 dossiers, et le buzz commence à monter.

 

## Potentiellement, les candidats pourraient être encore bien plus nombreux ?

 

Oui, tout à fait. Et la sélection sera d’autant plus forte. Mais souvent les dossiers que l’on reçoit sont encore trop jeunes pour rentrer. Et on ne pourra pas encore leur apporter de valeur ajoutée. Pour ces dossiers trop jeunes, l’espoir n’est pas perdu, au contraire. Je continue à prendre des nouvelles et on refait un essai à la session suivante. Il y a de la place pour tout le monde. Mais on ne sélectionnera **pas plus de 12 candidats par saison** pour garder notre capacité d’implication et notre disponibilité.

 

## Quelles tendances vois-tu pour l’avenir de l’écosystème ?

 

On voit passer**400-500 dossiers par an** et on a une vision assez privilégiée du marché. Je vois ainsi **3 tendances fortes** qui se sont dessinées dans les derniers mois.  
 Le premier marché où apparaissent beaucoup de challengers, c’est le **business model des « box »** : tout le monde se lance dessus ! Il y aura de la perte mais il y a beaucoup d’innovations faites et à faire sur ce marché.  
 Deux autres marchés, plutôt anciens sur le web, sont en train de se renouveler complètement : **l’[emploi](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/emploi-entreprise/) et le [voyage](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/tourisme-voyage/)**. Des acteurs y sont présent depuis 10 ans et où pendant longtemps ils dominaient avec un modèle ancien, où l’on pensait ne rien pouvoir faire. En ce moment, beaucoup de projets se lancent et viennent bousculer ces univers.

 

## Merci à Guillaume Truttmann et à Thibault Péan pour leur accueil, leurs réponses et leur patience.

 

J’aime les startups vous a déjà présenté des startups accélérées :  
 – **BeepJob**[http://www.jaimelesstartups.fr/beepjob/](http://www.jaimelesstartups.fr/beepjob/)  
 – **Mes bonnes copines** [http://www.jaimelesstartups.fr/mes-bonnes-copines/](http://www.jaimelesstartups.fr/mes-bonnes-copines/)  
 – **Cup of Teach** [http://www.jaimelesstartups.fr/cup-of-teach/](http://www.jaimelesstartups.fr/cup-of-teach/)  
 – **Digikaa** [http://www.jaimelesstartups.fr/digikaa/](http://www.jaimelesstartups.fr/digikaa/)  
 – **Woufbox** [http://www.jaimelesstartups.fr/woufbox/](http://www.jaimelesstartups.fr/woufbox/)