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title: "There Will Be Blood"
type: "film-startup"
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date: "2022-05-25T16:21:08+02:00"
modified: "2025-10-08T13:28:10+02:00"
author: "J'aime les startups"
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# There Will Be Blood

Vous aimez les histoires de réussite ? Les self-made men qui partent de rien et finissent par tout dominer ? Alors There Will Be Blood va vous plaire… ou vous glacer le sang. (Probablement les deux.)

 

### 1. Le pitch : quand le pétrole coule, les scrupules s’évaporent

 

Direction le début du XXe siècle, au fin fond du désert californien. Daniel Plainview, un prospecteur obstiné, cherche de l’argent là où il se cache : sous terre. L’homme commence en solitaire, avec une pioche, une lampe et une détermination à toute épreuve. Très vite, il trouve du pétrole — ce liquide noir qui sent la fortune et la damnation.

 

Plainview monte son entreprise, séduit des familles pauvres pour acheter leurs terres (à prix cassé, évidemment), et transforme chaque goutte d’huile en dollars. Son flair est infaillible, son instinct de négociateur redoutable, et son ambition sans limite. Bref, un vrai entrepreneur avant l’heure… sauf que lui, son « [business model](https://www.jaimelesstartups.fr/dictionnaire-des-startups/definition-business-model/) » repose sur la manipulation, la domination et, soyons honnêtes, un poil de folie.

 

Le film, réalisé par Paul Thomas Anderson et sorti en 2007, repose sur une performance monumentale de Daniel Day-Lewis (Oscar mérité). Son Daniel Plainview n’est pas juste un homme d’affaires : c’est une tempête humaine, un mélange de génie et de monstre. Chaque scène suinte la tension, la sueur et la solitude. On le voit creuser, convaincre, trahir, triompher, sombrer — tout ça dans un crescendo d’avidité et de paranoïa.

 

En parallèle, un autre personnage brille : Eli Sunday, jeune prêcheur ambitieux lui aussi, persuadé de détenir la lumière divine. Entre les deux hommes, c’est la guerre froide : pétrole contre foi, business contre morale, ambition contre idéalisme. Et vous le sentez venir : le pétrole finit toujours par éclabousser tout le monde.

 

Pas de romance, pas de héros — juste un homme et son obsession. Une fresque à la fois épique et intime, qui montre comment le rêve américain peut virer au cauchemar dès qu’il n’a plus de limites. There Will Be Blood n’est pas un film d’action. C’est un film de tension, de regard, de silence lourd. Le genre qui vous laisse avec un nœud à l’estomac… et l’envie de vérifier vos propres motivations.

 

### 2. Pourquoi c’est (aussi) un film pour les entrepreneurs

 

Alors oui, on pourrait dire : “C’est juste l’histoire d’un type qui devient riche et fou.” Mais There Will Be Blood, c’est surtout une masterclass sur l’ambition, la solitude du créateur, et les dérives du pouvoir. Et à ce titre, chaque entrepreneur devrait le voir au moins une fois.

 

Parce que Daniel Plainview, c’est un peu l’entrepreneur ultime : visionnaire, persévérant, charismatique… et prêt à tout pour réussir. On le voit lever des fonds avant l’heure (avec un argumentaire bien huilé : “Je vous apporte routes, écoles, prospérité !”), bâtir son équipe (et parfois la broyer), développer une marque (le pétrole, symbole de modernité), et conquérir un marché vierge.

 

Mais le film montre aussi le revers du succès : l’isolement, la perte de sens, le risque de se déshumaniser au nom du profit. Plainview construit un empire, mais détruit tout autour de lui — ses partenaires, sa [famille](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-des-startups-par-secteur-activite/famille-societe/), ses valeurs. C’est le burnout version 1900, sans LinkedIn pour en parler.

 

En creux, le film pose une question cruciale pour tout entrepreneur :  
 **jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour faire croître votre boîte ?**

 

Il y a dans There Will Be Blood une réflexion sur le “[why](https://www.youtube.com/watch?v=u4ZoJKF_VuA)”, ce fameux moteur intérieur dont parlent tous les coachs en startup. Daniel, lui, n’a qu’un how : comment creuser, comment vendre, comment gagner. Mais son why s’efface peu à peu. Et quand on ne sait plus pourquoi on fait ce qu’on fait, le succès devient un gouffre.

 

Le parallèle avec le monde des [startups](https://www.jaimelesstartups.fr/startups/) est frappant :

 

– La vision sans éthique, ça dérape vite.  
 – Le leadership sans écoute, ça isole.  
 – La croissance sans limites, ça détruit.

 

Alors oui, There Will Be Blood n’a pas de [pitch deck](https://www.jaimelesstartups.fr/nos-services/deck/) ni de [levée de fonds](https://www.jaimelesstartups.fr/liste-levee-de-fonds-startup-france/) sur Crunchbase, mais il parle d’un truc que tout entrepreneur ressent un jour : la faim. Celle de prouver, d’avancer, de dominer, de laisser une trace. Et c’est justement cette faim qu’il faut apprendre à canaliser avant qu’elle ne vous dévore.

 

Regardez ce film comme un miroir un peu sale : vous y verrez peut-être une part de vous-même, celle qui rêve de succès total… et celle qui en a peur.

 

Alors, si vous lancez votre projet, prenez deux heures et laissez-vous happer par ce western industriel. C’est brut, c’est intense, c’est un rappel salutaire : sans équilibre, même le meilleur business plan finit dans le chaos.