Logo de la startup Création d’une SAS : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Création d’une SAS : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Vous envisagez de monter une société et hésitez encore sur la forme juridique ? La création d’une SAS (Société par Actions Simplifiée) séduit de nombreux entrepreneurs pour la liberté qu’elle offre et sa capacité à évoluer avec votre projet. Avant de vous lancer, voici ce que créer une SAS implique concrètement, de la rédaction des statuts jusqu’à l’obtention du Kbis.

Responsabilité limitée et flexibilité : les deux atouts majeurs de la SAS

Premier avantage fondamental de la SAS : la responsabilité des associés est limitée à leurs apports. En principe, leur patrimoine personnel n’est pas engagé pour les dettes sociales : la société les assume seule, dans la limite du capital constitué. Cette protection connaît toutefois des exceptions : faute de gestion, caution personnelle accordée à un créancier, ou encore fraude.

Deuxième atout : une grande liberté statutaire. Vous fixez vous-mêmes, dans vos statuts, les règles de gouvernance : qui prend les décisions, avec quels droits de vote, selon quelles modalités. Cette souplesse en fait une structure particulièrement adaptée aux projets en croissance, aux associations d’entrepreneurs et aux opérations de levée de fonds. Attention toutefois : les statuts doivent être rédigés avec soin. Une clause ambiguë peut générer des blocages entre associés ou compliquer une future cession d’actions.

Capital, associés, président : les fondamentaux

La SAS peut être constituée avec un seul associé (on parle alors de SASU, Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) ou plusieurs. Il n’existe pas de capital social minimum légal : 1 € suffit légalement. En pratique, un capital cohérent avec votre activité renforce votre crédibilité auprès des banques et partenaires. Les apports peuvent être en numéraire (argent) ou en nature (matériel, brevet, fonds de commerce). Dans ce cas, un commissaire aux apports est obligatoire si un apport en nature dépasse 30 000 € ou si l’ensemble des apports en nature excède la moitié du capital social. À la création, au moins 50 % du capital en numéraire doit être versé sur un compte bloqué ; le reste peut être libéré dans les cinq ans.

La SAS doit obligatoirement avoir un président. Sur le plan social, le président est assimilé-salarié : il cotise au régime général de la Sécurité sociale (maladie, retraite, prévoyance), au même titre qu’un cadre. Il ne cotise pas à l’assurance chômage et ne peut donc pas prétendre aux allocations en cas de perte de mandat. Précision importante : si vous bénéficiez déjà de l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) au moment de la création, vous pouvez continuer à la percevoir. Si vous ne vous versez aucune rémunération, le maintien est intégral. Si vous vous rémunérez, le cumul est possible mais plafonné : depuis le 1er avril 2025, il est limité à 60 % des droits restants, et la somme ARE + rémunération ne peut pas dépasser votre ancien salaire brut (source : entreprendre.service-public.fr).

Fiscalité : IS par défaut, option IR possible

La SAS est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS). La société paie l’impôt sur ses bénéfices, et les associés sont imposés personnellement uniquement sur les dividendes ou salaires perçus. Il est possible d’opter pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant les cinq premiers exercices. Cette option peut être révoquée à tout moment pendant cette période (dans les 3 premiers mois de chaque exercice concerné) ; passé le 5e exercice sans renonciation, elle devient définitive et ne peut plus être renouvellée (article 239 bis AB du CGI). Ce choix mérite d’être anticipé avec un expert-comptable dès la création.

Les étapes de la création d’une SAS

Pour immatriculer votre société, quatre étapes sont à suivre dans l’ordre :

  1. Rédiger les statuts : ils définissent l’objet social, le montant du capital, les règles de gouvernance et les conditions de cession d’actions.
  2. Déposer le capital social : sur un compte bloqué ouvert auprès d’une banque ou d’un notaire, contre remise d’une attestation de dépôt.
  3. Publier une annonce légale : dans un support habilité (JAL, Journal d’Annonces Légales, ou SPEL, Service de Presse En Ligne). Le tarif est forfaitaire : 199 € HT pour une SAS en métropole en 2026 (arrêté du 19 novembre 2025, JO du 28 décembre 2025).
  4. Déposer le dossier d’immatriculation : sur le Guichet unique de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), avec statuts signés, attestation de dépôt de capital, justificatif de domiciliation et pièce d’identité du président.

Une fois le dossier validé, vous recevez votre extrait Kbis : votre société est officiellement immatriculée.

Combien coûte la création d’une SAS ?

Les frais obligatoires à prévoir comprennent plusieurs postes :

Des plateformes comme Legalstart permettent de centraliser l’ensemble des démarches liées à la création d’une SAS en ligne, de la rédaction des statuts jusqu’à l’obtention du Kbis.

Les aides à la création : ce qui change avec l’ACRE 2026

Si vous créez votre SAS en tant que demandeur d’emploi ou dans certaines situations éligibles, vous pouvez solliciter l’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise), qui permet de réduire les cotisations sociales pendant les premiers mois d’activité. Attention : depuis le 1er janvier 2026, ce dispositif a été profondément réformé. L’ACRE n’est plus automatique : vous devez désormais en faire la demande auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité, sous peine de perdre le bénéfice de l’aide. Le dispositif est également réservé à des profils ciblés (demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA, jeunes…), et l’exonération est plafonnée à 25 % des cotisations concernées pour les revenus inférieurs à 75 % du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale). Vérifiez votre éligibilité avant de lancer votre dossier.

SAS ou SARL : comment choisir ?

La création d’une SAS est souvent privilégiée lorsque vous envisagez d’ouvrir le capital à des investisseurs, d’accueillir de nouveaux associés ou de mettre en place des BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise) pour intéresser vos collaborateurs. En SAS, les actions sont en principe librement cessibles, mais les statuts peuvent prévoir des mécanismes d’encadrement comme l’agrément ou la préemption. La SARL (Société à Responsabilité Limitée) reste adaptée aux structures où les associés souhaitent conserver un contrôle plus strict sur l’entrée de nouveaux associés au capital. Sur le plan social, les deux formes se distinguent également : le président de SAS relève du régime des assimilés-salariés, tandis que le gérant majoritaire de SARL relève du régime des TNS (Travailleurs Non Salariés), avec des cotisations généralement moins élevées mais une protection sociale différente. Si vous êtes seul et souhaitez garder la porte ouverte à une future entrée d’investisseurs, créer une SAS sous forme de SASU est souvent la configuration la plus adaptée pour démarrer.

Crédit photo : Dennis Skley

Exit mobile version